LIVRE XVIII
commencé aussi à se mettre en marche. Le général Klenau vint devant Penig, où était une division du huitième corps, et Wittgenstein devant Altenbourg, où était l'autre partie de ce corps d'armée, et Poniatowski en personne. La route de Freyburg à Chemnitz fut rouverte en chassant la division Murrai de la position qu'elle occupait près de Flohe, et le troisième corps d'armée, aux ordres du roi de Naples, opéra avec la cavalerie par sa droite pour se rapprocher de Leipzig et couvrir cette ville contre les troupes qui débouchaient de la Bohême. Enfin les deuxarmées étaient, le 15, en présence près de Leipzig. Les Français occupaient Wachauet Liebertwolkwitz, ayant une avant-garde vers Grœbern et Goffa.
Le 14, le prince de Schwarzenberg fit faire une reconnaissance générale par les corps de Wittgenstein et de Klenau. Un combat de cavalerie fut à notre avantage, et chacun rentra le soir dans ses positions.
Le corps commandé par le maréchal duc de Castiglione, appelé de Wùrzbourg, où il était trop faible pour résister aux attaques de l'armée bavaroise, qui d'alliée allait devenir ennemie et quitter l'Inn pour marcher sur nos communications, était arrivé, le 9 octobre, à Naumbourg. Le prince Maurice de Liechtenstein, envoyé à sa rencontre, voulut lui barrer le chemin entre Naumbourg et Weissenfels; mais le maréchal le chassa devant lui. Il arriva le
TiZ MEMOIRES DU DUC DE P.AGUSE.
18 à Leipzig, tandis que le corps de Giulay, aussi dirigé de ce côté dans le même but, entrait à Weissenfelds, qui venait d'être évacué.
Le lc2, je reçus l'ordre d'aller prendre position à Delitzsch, et j'en chassai l'ennemi; mais, ayant été mis à la disposition du roi de Naples, je fus appelé par lui de la manière la plus pressante, et je partis immédiatement. Je me rendis, à marches forcées, de l'autre côté de Leipzig, et j'allai prendre position à Stœtteritz le 15 au soir.
Dans la nuit, je reçus Tordre de l'Empereur de rétrograder, et de chercher une position au nord de Leipzig, qui couvrît cette ville du côté de Halle et de Landsberg. J'avais déjà assez parcouru le pays pour connaître cette position existante à une lieue et demie de Leipzig, à Liebenthal et Brettenfeld. sur le terrain même où Gustave-Adolphe combattit, il y avait alors cent quarante-deux ans, et avait remporté une victoire signalée. J'allai l'occuper: après avoir reconnu avec soin et détail le champ de bataille, je m'assurai qu'il était trop vaste pour mon corps d'armée; mais qu'avec des travaux d'une exécution facile, et trente mille hommes, je pouvais tenir en échec, pendant vingt-quatre heures, les armées du Nord et de Silésie. J'en rendis compte à Napoléon, qui me prescrivit d'exécuter sans retard les travaux, et m'annonça que, le moment venu,