LIVRE XVIII. — 18TÔ. r
j'aurais le troisième corps à ma disposition, ce qui porterait ma force au nombre d'hommes que j'avais déterminé. Je me mis à la besogne, et ne négligeai rien pour remplir la tâche imposée. Je fis faire de nombreux abatis dans le bois, en avant de Liebenthal et en arrière de Radfeld. Puis je l'occupai fortement. Ce bois devint comme une forteresse. Radfeld fut aussi occupé par mon avant-garde, qui en chassa un corps de cavalerie considérable, soutenu par une artillerie assez nombreuse.
Pendant la journée du 15, les troisième, quatrième, septième et onzième corps, et la garde, firent leur mouvement sur Leipzig, qu'ils traversèrent. Les troisième et quatrième restèrent à Eustritz, en arrière de moi. Le onzième et la garde allèrent se mettre en ligne contre la grande armée,, et le septième se porta sur Taucha.
Le 15, dans la journée, des sapeurs, pris deux jours auparavant près de Delitzsch, conduits au quartier général à Halle, et qui s'étaient échappés, m'informèrent de la marche des armées combinées du Nord et de Silésie. D'après ces rapports, elles devaient être en présence, selon toutes les apparences, le lendemain, 10, au matin.
J'en prévins Napoléon, dont le quartier général était à Reudnitz, près de Leipzig. Le 15, au soir. la cavalerie et l'artillerie, que j'avais devant moi,
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furent soutenues par de i infanterie. Je Ils replier mes postes éloignés, jetés sur les bords de l'Elster. J'en donnai avis à l'Empereur. Vers dix heures du soir, je montai sur le clocher de Liehenthal, et je pus voir de mes yeux tous les feux de l'armée ennemie. L'horizon en était embrase. Je nie hâtai d'en rendre compte à 1 Empereur et de lui rappeler que ma position exigeait trente mille hommes. Je lui demandais de ne pas perdre uu moment pour mettre à ma disposition le troisième corps qu'il m'avait promis.
J'attendais avec impatience le résultat de mes rapports et les effets qui en seraient la suite, quand, le \Q7 à huit heures du matin, je reçus une lettre de Napoléon, apportée par un de ses officiers d'ordonnance, appelé Lavesaut. Dans cette lettre, il critiquait tous mes rapports et leur conclusion. Il prétendait que j'étais dans une erreur complète. Je n'avais, disait-il, personne devant moi. Il me donnait en conséquence Tordre de me retirer immédiatement sur Leipzig, de traverser cette ville, et de venir former la réserve de l'armée l.
1 Dans une lettre datée «lu 15 octobre, au soir, 1.' major gêné: al m'écrit : « Dans le cas où l'ennemi déboucherait devant vous en grande force, votre corps, celui du général Bertrand et celui du prince de la Moskowa sont destinés à lui être opposés. »
Ces dispositions étaient parfaitement sages et raisonnables.
Or la marche de l'ennemi était prouvée par l*1 rapport des sapeurs faits