LIVRE XV1I1. — CORRESPONDANCE. 5IT
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT
« Dresde, le 14 septembre 1815.
a Monsieur le maréchal duc de Haguse, je mande au roi que, si le but de son expédition est rempli, c'est-à-dire si le convoi parti de Torgau le 15 a passé les points dangereux, le roi partirait demain au jour avec sa cavalerie pour se rendre à Dresde : il paraît que l'ennemi veut déboucher par Peterswald. Dans ce cas. l'intention de Sa Majesté serait que vous fissiez partir demain, deux heures avant le jour, la division de votre corps la plus rapprochée de Dresde, et que vous arrivassiez de votre personne avec cette division : le reste de votre corps d'armée suivrait. Il serait alors important, monsieur le duc, que vous arrivassiez le plus tôt possible avec votre division, afin d'avoir l'œil sur tout. L'Empereur sera ce soir à Pirna. Le général Lhéritier s'échelonnerait de Grossenhayn sur Dresde pour protéger le passage du convoi de farine : l'arrivée de ce convoi est de la plus haute importance et la première considération. L'Empereur veut à son tour attaquer l'ennemi et vigoureusement. Je vous écrirai dans la nuit : envovez-moi un officier.
« Le prince vice-connétable, major général,
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT
« Dresde, le 15 septembre 1813, deux heures du matin.
« Mon cousin, quinze à vingt mille hommes ont débouché hier par Peterswald, ce qui a obligé le comte de Lobau à prendre la position de Gieshùbel : mais, comme l'ennemi n'a point attaqué en même temps Borna, cela ne s'annonce point comme un mouvement d'armée. Il me tarde d'apprendre que le convoi de vivres est passé. Vous devez faire, ainsi que le roi de Naples, tout pour faire arriver ce convoi. Cela fait, il faudra vous tenir prêt à agir d'après les circonstances, et à revenir à Dresde si cela est nécessaire. Vous aurez, dans la journée, des nouvelles positives de ce qui se sera passé. Je compte me rendre près de Pirna, pour être plus rapproché de ce qui aura lieu de ce côté. J'espère que, si hier 14 vous n'avez pas eu de nouvelles du convoi, vous en aurez aujourd'hui 15. Si vous avez la nouvelle qu'il a passé, préparezvous à faire un mouvement ; mais ne vous pressez pas de le faire jusqu'à ce que vous ayez les nouvelles de la journée.
« Napoléon. »