‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteur (volume 4)Chapitre 182 sur 198 · LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. - CORRESPONDANCE

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT

« Reudnitz, le 16 oclolire 1815, huit licures du matin.

(( L Empereur vient d'ordonner au prince de la Moskowa de se tenir dans la journée près de Leipzig, ayant sous ses ordres le sixième corps, le quatrième, le troisième, les divisions Lorge, Defrance et Fournier. Prenez en conséquence les ordres de ce prince. Si ce matin on n'avait point aperçu d'armée débouchant par Halle, comme tout porte à penser qu'on n'a rien vu, vous repasserez le pont de Leipzig et viendrez vous mettre en bataille entre Leipzig et Liebertwolkwitz, vos trois divisions en échelons, et vous, vous resterez à une demi-lieue sur la grande route de Leipzig à Liebertwolkwitz, dans une maison où vous établirez votre quartier général. Vous enverrez un aide de camp auprès de l'Empereur, afin qu'on puisse vous retrouver et vous mettre rapidement en marche si cela paraît nécessaire à Sa Majesté pour prendre part à la bataille, ou pour vous porter dans la ville ou pourvoir à tout événement imprévu.

« Vous attendrez, pour l'exécution de ces dispositions, les ordres du prince de la Moskowa.

« Le prince vice-connétable, major général,

« Alexandre. »

NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT

« 1G octobre 1813, trois heures du matin.

« Mon cousin, je reçois votre lettre du 15 octobre à neuf heures du soir. Je ne tiens pas pour certain que le bataillon qui était à Ha nicher se soit replié devant de l'infanterie. Il paraît, au contraire, qu'il n'avait devant lui que de la cavalerie. !1 eût été convenable que vous fissiez soutenir ce bataillon sur Hanicher, pour avoir des prisonniers. 11 n'est pas dans les règles qu'une reconnaissance de l'ennemi qui n'est pas soutenue par un camp puisse s'approcher et reconnaître notre camp. L'instruction que vous aviez donnée pour que ce bataillon se repliât s'il trouvait l'ennemi en corps d'armée a reçu une mauvaise application, puisque votre troupe s'est retirée sans que l'ennemi se soit présenté en corps de bataille. Avec cette manière de faire la guerre, il est impossible de rien apprendre. Vous auriez dû. depuis deux jours, envoyer des espions à Halle et à Mersebourg, et faire ce qui est d'usage à la guerre, en ordonnant au bourgmestre de vous donner un paysan, dont on retient la femme en otage, et en envoyant avec ce paysan un soldat déguisé comme domestique qui le suive dans sa mission l. Cela

' Les sapeurs français échappés et arrivés le 15 donnaient de meilleurs renseignements que ceux des paysans.

[Note du duc de Hagtise.)

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