LIVRE XIX. - COKHKSI'ONDANCE
fnirc parlir tout de suite quatre pièces de H) et <leux obusiers, approvisionnés à cent coups seulement (parce qu'il manque de poudre à Landau) pour armer la redoute sur la rive gauche, en face de l'embouchure du Necker. Je crois vous avoir dit qu'ayant trouvé le général Curto à Worms je l'ai chargé du commandement supérieur de la cavalerie entre Worms, Spire et Neustadt.
« On dit que le corps de de Wrede que nous avons battu à Hanau, renforcé des Wurtembergeois et des Badois, se dirige sur Kehl; on fait des réquisitions; ces bruits pourraient bien avoir pour but de faire une diversion de ce côté. On dit également que l'armée du prince de Schwarzenberg se divise en deux corps, l'un sur Mayence, l'autre sur Wezel; mais tous ces bruits se répandent vaguement.
« A Landau, j'ai trouvé sept cents hommes appartenant aux corps d'armée, et ici huit cents que je fais diriger sur leurs corps d'armée. Je pense qu'on en trouvera beaucoup d'autres. Demain, je continue ma route pour Paris où je rendrai compte à l'Empereur de ma tournée sur le haut Rhin. Si ma santé continue à être bonne, j'espère vous voir bientôt, mon cher duc : vous connaissez mon attachement.
« Le prince vice-connétable, major général,
« AlEXAxNDRE. »
72 MKMOIRKS DU PIC DK IIACUSK
NAPOLÉON AU HLVHÉCHAL MARMONT
« Siiii.l-Cloiid, le iG novembre 1813.
« Mon cousin, envoyez-moi, le plus tôt possible et direclement, l'état de situation des cinquième, sixième et deuxième corps, tels qu'ils se trouvaient au 15 de ce mois, bataillon par bataillon, afin que je connaisse bien l'état des choses.
« Napoléon. »
napoléon au maréchal marmont.
« Saint-Cloud, le 46 novembre 1813.
« Mon cousin, je reçois votre lettre du 12 qui m'est apportée par mon officier d'ordonnance Laplace. — Vous aurez reçu l'ordre que j'ai donné pour faire filer toute ma garde sur Kayserslautern et sur la Sarre. Vous aurez reçu également l'ordre que j"ai donné pour réunir tout le cinquième corps à Coblentz. Il vous reste donc le deuxième corps, le sixième et le quatrième, — Je ne pense pas que le deuxième soit nécessaire à Strasbourg où les gardes nationales qu'on a levées seront suffisantes. — II parait que notre mouvement doit avoir lieu du côté de la Hollande, et que c'est de ce côté que l'ennemi a des intentions. — Le ministre de la guerre a
IJVIir, \l\. - COIUll'SI'OM) \NC[^. 7,-
doiiiK'! (les onires pour Atcr Ions les dépôts de Mayence. Un a ordonné que tous les dépots des équipages militaires fussent envoyés à Sampignv. — On a ordonné que les dépôts de la garde fussent réunis à Metz. On a ordonné que toute l'artillerie qui ne serait pas attelée et en état se rendît sur Metz. — Quant aux gardes d'honneur, vous êtes le maître de les faire descendre un peu plus bas, si vous le jugez convenable. — Faites-moi connaître si le second pontest établi à Mayence; j'y attachede l'importance, afin de pouvoir déboucher rapidement'. — Soignez les gardes nationales qui sont sous vos ordres. Passez-les en revue, et organisez-les le mieux possible. — Je pense qu'il sera nécessaire que vous passiez la revue de tous les corps, afin de pouvoir me préscLiter des nominations aux emplois vacants, et de faire distribuer des armes et des habits à ceux qui en manqueraient. — J'espère que tous les bataillons ne tarderont pas à être portés à huit cents hommes. Je vous ai mandé que vous aviez beaucoup de cadres de bataillons qui avaient reçu des Hollandais et des hommes isolés. Les uns et les autres ayant été depuis incorporés dans les cadres de l'armée, je désire que vous me fassiez connaître ce que sont devenus ces premiers cadres, afin que je
' Quelle singulière prévision, fondée sur la plus étrange illusion 1
{Note du duc de Haguse.)
71 MÉiMOIRKS DU DUC DE RAOUSK.
leiu' donne une destination. — Il esl eonvenable (|ue vous visitiez la position de Kayserslautern et la liaison avecSarrelouis et Landau, puisque, si jamais l'ennemi voulait bloquer Mayence, le quatrième i'orps formerait la garnison de la place, et votre position d'observation paraîtrait devoir être naturellement Kayserslautern. — On me rend compte qu'on a établi la redoute que j'ai ordonnée à l'embouchure (lu Necker. Faites-en établir une à l'embouchure de la Lahn. — Faites occuper, du côté de Coblentz, l'île du Rhin où il y a un couvent de religieuses. Nous l'occupions dans les autres guerres, et l'on m'assure que ce point peut nous être utile. — Si la compagnie du train du génie ne vous sert à rien, vous pouvez la diriger sur Metz où elle se complétera plus facilement. — Le ministre de l'administration de la guerre aura fait connaître à l'intendant Marchand les dispositions que j'ai faites pour les six compagnies du train qui me restaient dans l'intérieur. Comme les ministres sont toujours lents à expédier, vous trouverez ci-joint : 1° copie de mes ordres pour ces compagnies; 2° des ordres que j'ai donnés pour les diflerents dépôts d'infanterie. — J'ai placé le quartier général de la garde à Kayserslautern; je le ferai aller plus loin. Quant au grand quartier général impérial, je ne verrais pas de difficultés à l'éloigner. J'attends l'arrivée du