LIVRE XXVII. — i8ii
la conservation des lagunes était de premier intérêt et de première nécessité. En conséquence, la direction donnée aux fleuves au voisinage de leurs embouchures les en avait constamment écarté, aiin d'empêcher les atterrissementsqui auraient fini par les combler. D'abord se trouvait la Brenta, dont la direction naturelle tombait sur le milieu des lagunes. Elle fut déviée dans son cours et dirigée de manière à arriver directement à la mer. Mais il en résulta que la pente, répartie sur un développement beaucoup trop grand, rendit son cours trop lent, et que les eaux s'épanchèrent en fréquentes inondations, qui mettaient à l'état de marécages un pays riche et fertile. Ce mal était augmenté par la réunion de deux petites rivières, le Bacchiglione et le Gorzone, qui affluaient dans le lit de la Brenta et se rendaient également à la mer par l'embouchure de Brondolo, tandis qu'un canal navigable établissait la communication entre les lagunes de Chioggia etl'Adige. Le pays compris entre le Bacchiglione et le Gorzone étant en grande partie inondé, un canal de dessèchement, dit le canal des Cuori, fut creusé pour porter les eaux dans le lit des fleuves réunis. Le baron Testus a entrepris ensuite le dessèchement de ce ten itoire, composé de soixantecinq mille campi ou vingt-quatre mille hectares, dont une partie est inondée acci(lenlellement,rautic