‹ Mémoires du Maréchal Marmont, duc de Raguse de 1792 à 1841, imprimés sur le manuscrit original de l'auteurChapitre 31 sur 156 · LIVP.E XXV. - IS5.-IS · texte numérisé non relu

LIVP.E XXV. - IS5.-IS

d un {'aune dans l'attitude de verser à boire; de beaux bas-reliefs en bronze, des statues trouvées à Herculanum, les premières, dit-on, qui furent déterrées, ou pour mieux dire enlevées du bloc de lave qui couvre cette ville, complètent cette collection que, malgré son peu de réputation, j'ai eu un grand plaisir à visiter.

Je descendis pour voir les porcelaines placées dans la partie inférieure des bâtiments. On connaît la richesse, la variété et le nombre extraordinaire des pièces qui la composent. On trouve d'abord des porcelaines de la Chine et du Japon. Leur célébrité est résultée de ce quelles étaient anciennement les seules au monde. Elle est devenue ensuite un effet de caprice; car, comme objet d'industrie et avec les conditions mises à la bonne porcelaine, elles sont inférieures à tout ce qui se fabrique en Europe; maisles formes et la peinture sont remarquablement belles. Les plus admirables au monde sont celles de Saxe, dont la pâte est la plus fine et la plus douce. Viennent ensuite celles de Vienne et de Sèvres, qui sont aussi très-bonnes, et enfin arrivent celles d'Angleterre, qui ne sont guère que du verre et ne peuvent être comparées à aucune des autres.

La fabrique de Saxe est la plus ancienne de l'Europe. Elle fut établie à Dresde, en 1704, par Frédéric Becker, né en 1652, et peu après, en 1710,

fransportée à Meissen, où elle est restée depuis. D'abord on fit de la porcelnine rouge mat, et non vernie: ensuite de la porcelaine polie et vernie. En 1726, elle avait acquis sa perfection. En 1765, on inventa le biscuit, où le quartz est en plus grande <iuantité. Depuis cotte époque, ce travail est resté constamment le même. On m'a montré la collection des roses bleues, achetées au roi de Prusse par Auguste, pour une compagnie de grenadiers. J'ai vu aussi de la porcelaine de la Chine du dixième siècle, semblable à celle d'aujourd'hui. Elle est d'un vert •(dair et faite au moule; les fleurs peintes ont un léger relief. J'ai appris en celte circonstance que jamais les Japonais n'emploient plus de deux couleurs pour peindre leur porcelaine : le rouge et le bleu, sans compter le blanc, qui est la couleur naturelle de la pâte. Ainèi, quand le vert, le jaune, le violet, se trouvent sur un vase venu de ce pays lointain, on peut être sur qu'il est de fabrique chinoise.

Je ne voulais pas quitter Dresde sans parcourir les environs, et il me restait à visiter la Suisse saxonne elles établissements de Freyberg, si célèbre par son école et par les mines de cuivre et d'argent qui s'exploitent dans ces contrées par les meilleurs procédés connus.

On appelle Suisse saxonne le pays situé sur la rive droite de l'Elbe et s'étendant jusqu'à la fron-

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