LIVRE XXVI. — CORRESPOXDAXCE. -2i\i
celles que lui suggère sa position, s'est plu à rendre hommage à l'attachement que vous lui témoignez en disant : « M. le maréchal a fait abstraction de ce « qui l'entoure pour se placer un instant dans ma « position ; je lui en sais bon gré, car cela prouve c( qu'il pense réellement à moi, qui suis sincère- « ment son ami. »
« Rien ne gêne le gouvernement égyptien dans son intérieur ; ses troupes et ses employés sont presque soldés ; les agents du gouvernement payés; aucune dette arriérée à l'extérieur ou à 1 intérieur, les recettes de l'année passée faisant face à l'exercice courant, et au delà; les recettes de cette année, plus abondantes que jamais pour l'année prochaine. Aussi Son Altesse a-t-elle refusé les propositions d'emprunt qui lui étaient adressées de la part des capitalistes français et de celles de plusieurs banquiers puissants de Francfort-sur-Mein, pour ne pas charger d'une dette son pays sans nécessité. La récolte des céréales, déjà favorable l'année dernière, et dont les exportations continuent, sera extrêmement plus abondante cette année-ci, et le pays sera à soû aise, quoi qu'il en soit du dehors.
« Son Altesse le vice-roi s'étonne à bon droit qu'on veuille lui supposer une ambition sans bornes et des vues sur Coristantinople, tandis qu'il a prouvé, après les affaires de Nézib et par son sys-
tème de défense, qu'il était loin d'avoir de pareilles intentions; car, s'il les avait eues, il n'aurait pas manqué de profiter des circonstances. Cependant on devrait facilement comprendre que celui qui a tant fait doit aspirer, dans son âge avancé, à conserver seulement, à transmettre à ses héritiers.
« A part les conquêtes que Son Altesse a faites de ■ce pays insoumis à la Porte, les services qu'il a rendus à Candie, en Morée, et ceux bien autrement •chers en Arabie pour reprendre et conserver à l'islamisme les lieux saints, auraient mérité un témoignage éclatant du souverain envers sa famille. En se défendant contre d'injustes attaques, ouvertes et cachées, il s'est trouvé possesseur d'autres pays qui lui ont été garantis sa vie durant. On le força de se défendre encore. 11 pouvait conquérir, bouleverser l'empire, et il s'en est bien gardé, parce que, animé d'un esprit national, il a voulu épargner l'effusion du sang précieux qu'il était intéressé à conserver pour rendre l'empire ottoman fort et indépendant, quoiqu'il en eût menacé feu le sultan Mahmoud, parce que, le premier de tous, il avait reconnu que l'intégrité de l'empire était nécessaire à sa conservation.
« Les déclarations des cabinets ne sont venues qu'après coup, comme leurs forces ne se réunirent que trop tard pour s'opposer d'une manière se-