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ptuscâèbre. Ilsfurentdësagreabletnent Retrempes. L'abbë Rayjisl ^ après des lieux commims sur les fravaax briilans de rAssemUëe, sur le eûtirage qu'elle avait montre dans la réforme des abiis> #(-• frit tout à coup la peinture effrayante des tnaui qui affligeaient le royaume ; et affectant de paraître craindre que ses écrits n'eussent contribué à amener cette d^streuse réTolution :
(I Serait-il doncTrai que jedusse me rappelerav«c A effroi que je suis un de ceux qui , en éprom^ant wic » indignation généreuse contre le pouvoir arbitrais » re , ont peut^tre fourni des armes k la licence L«« n La religion , les lois^ l'autorité royale , l'ordre ptt» » bliCy redemandent-4ls donc k la pkiloaopbie et à la » raison les liens qui les unissaient à cette grande M société de la nation française? comme si en pour^- » suivant les abus, en rappelant lesdroitsdes peu jdes » et les devoirs des princes , nos efforts criminels » avaient rompu ces liens! Mais non; jamais leacon- » ceptions hardiesdela philosophie n'ont été prësen- » tées par nous comme les mesures rigonreosea delà aiégislation.... Que vois-je autour de moi ^ Ifes- » sieurs ? des troubles religieux , des dissensimia civi- 1) les; la consternation des uns, la tyrannie et Tas- » dace des autres ; un gouvernement esclave delà t^n rannie populaire ; le sanctuaire des lois envirOMié » d'hommes effrénés qui veulent alternativement ou » les dicter ou les braver ; des soldats sans discipline^ H deschefs sans autorité , desministres sans moyens ; ») un roi ami de son peuple , plongé dans l'aftiertu-
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» me 9 outragé^ mieneicé^ dépouillé de toute autorité^ 5) et la puUaance publique n'existant plus que dans . » des clubs , éh des hommes ignorans et grossiers n osent prononcer sur toutes les questions politiqnes4 * j» Hélas! j'étais plein d'espéranceet de joie lorsque o je TOUS ai TUS poser les fondemens de la félicité j» publique^ poursuivre les abus ^ proclamer tons leê D droits, soumettre aux mêmes lois et à un régime u universel lesdi verses parties del'empire. Mes yeux I» se sont remplis de larmes quand j'ai vu les plus « méchans des hommes employer les plus viles in*^ 4^ trigues pour souiller la révolution , quand j'ai tu le )» saint nom du patriotisme prostitué à la scéléra-« i» tease, et la licence marcher en triomphe sous l'en*** ' Diseigne de la liberté • L'effroi $^«st mêlé à une justfc » douleur quand j ai v|| briser tons les ressorts du ii-gouvernement , et substituer d'impuissantes bar^^ «rières à la nécessité d'une force active et répri- I) mante. J'ai cherché les principes conservateurs de i> la pqropHété; je les ai vus attaqua : j'ai cherché sous ji quel abri se repose la liberté individuelle , et j'ai » vu l'audace toujours crdissante inyoqnant le signal i> de la destruction que sont prêts à donner les fac-^ M tiettXy et les noyateurs aussi dangereux que les fac-** i> tieux. J'ai frémi surtout, lors^u'en observant dans n sa nouvelle vie 0e peuple qui veut être Hbre^ je l'ai j»vu méconnaître , non-seulement les vertus so- M ciales'^, l'humanité , là justice, seules bases d'une n liberté véritable, mais encore recevoir ayec avidité » de nouveaux germes de corruption , et se laisser
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i> par-là entourer d'une nouvelle chai ne d'esclavage. » Ah ! combien je souffre, lorsqu'au milieu delà ca- » pitale et dans le sein des lumières, je vois ce même » peuple séduit , accueillir avec une joie féroce les » propositions les plus coupables , sourire au récit M des assassinats , chanter ses crimes comme des M conquêtes !... La France est une monarchie ; son M étendue, ses besoins, ses mœurs, l'esprit national, » s'opposent à ce que jamais des formes répiiliii- D caines puissent y être admises sans opérer la dis- » solution totale de l'empire. 11 fallait donc épurer » les principes de lai monarchie en asseyant le trône » siur sa véritable base , la souveraineté de la nation, » en organisant les deux pouvoirs. La force et le » succès de la constitution dépendent de leur ëqui- » libre. Vous devez voir qu^ dans l'opinion le pou- » voir des rois décline , et que les droits des peu- » pies s'accroissent : ainsi en affaissant sans mesure » ce qui tend naturellement à s'effacer, en forti- }) fiant , dans sa sofirce, ce qui tend naturellement à M s'accroître , vous arrivez forcément à ce triste ré- » sultat ; un roi sans autorité, un peuple sans frein. » N'auriez-vous pas encore oublié que les élec- »tions, sans cesse renouvelées, et le peu de durée » des pouvoirs, sont une source de relâchement dans n les ressorts politiques? Vous avez consei^yé le nom » de roi ; mais dans votre constitution il n*est plus » utile et il est encore dangereux : vous avec réduit n son influence à celle que la corruption peut usur- M per : vous l'avez invité à combattre une constitu-
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> tio;i qui lui montre sans cesse ce qu'il n'est pas et » ce qu'il pourrait être. . . Comment , après avoir so- » lennellement déclaré le dogme de la liberté des n opinions religieuses^ souifrez-vous que des prêtres H soient accables de persécutions etd'oulragesTCom- >) ment^ après avoir consacré les principes de la li- ^ bertéindividuelley souffrez-vous qu'il existe dans ^ Totrre sein une institution qui serve de modèle et Ji dé prétexte à toutes les inquisitions subalternes D qu'une inquiétude factieuse a semées dans toutes M les parties de rempii*e?ConuDent n'êtes-vou& pas jù épouvantés de l'audace et du succès des écrivains u,qui profanent le nom de patriote? Vous avez un ^) gouvernement monarchique^ et ils le font détes- » ter ; vous voulez la liberté du peuple ^ et ils font du » peuple le tyran le plus féroce ; v^us voulez régé-r .M nérer les mœurs, et ils comniandent le triomphe » du vice et l'impunité du crime. Quel^ sorte de gou-? » yernement pourrait résistera la domination de vos • JD clubs? Vous avez détruit les corporations, et la plus m colossale de toutes les agrégations s'élève sur vos M têtes et mçnace de dissoudre tous les pouvoirs. La >2 France entière présente deux tribus bien prbnonn cées : celle des gens de bien , des esprits modérés ^ » classe d'hommes muets et consternés maintenant ; . n tandis q^iie des hommes violens s'électrisent , se >) resserrent et forment un volcan redoutable qui » vomit des torrens de laves capables de tout enûgloutir. Ouvrez les annales du monde; appelez à » votre aide la sagesse des siècles; voyez combien
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I» d'empires ontpëri par Tanarchie... J'ai recueiiK » mes forces pour tous parler le langage âustèpe àt » la Terité : pardonnesK à mon &èle et à mon amoar M pour ma patrie ce que mes remontrances peuTent » avoir de trop librp/ et croyez à des vœux ardens » pour votre gloire ainsi qn^k mon profond respect.» Le8rëvolutionnaires^outèrentcettea4resseaTec une tranquillité apparente^ mais qui cachait un vio* lent dëpit. Les évéques et les nobles avaient peine à cacher leur joie : ils jouissaient des sarcasme^ qtit Tabbé Raynal prodiguait à la constitution. Robes^ pierre prit la parole : ccUne rëflexion. Messieurs, m'ft frappe, en entendant la lecture de la lettre 4^ l'abbë Raynal. Cet homme célèbre, qui, à côté de tant d*Or pinions qui furent accusjies jadis de pécher par un excès d'exagération , a cependan t publié des vérité utiles à la liberté ; cet homme, depuis le commen? cernent de li^ révolution , n'a pas pris la plume . pour éclairer ses concitoyens ni vous ; et dans qud moment l'ompt-il le silence ? dans le moment qat les ^iiutsmis de la révolution réunissent leurs effotts pour arrêter son cours. Je suis bien éloigné de vouloir diriger la sévérité ^ je ne dis pas de V Assemblée, mais de l'opinion publique, sur un homme qui conserve un grand nom : une circonstance qu'il vous a rappelée, son âgeavancé, lui fournit uneexcuse suffisante. Je pardonne même *^ ceux qui auraient pu contribuer à lui inspirer cette démarche , du moins à ceux qui sont tentés d'y applaudir, parce que je suis persuadé qu elle produira dans le public un
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eSèt contraire à celui qu'on en attend. Elle ^t donc bien favorable au peupla ^ dira*t-on p elle ^t donc bien funeste à la tyrannie^ cette constitution, puis^u on emploie des moyens extraordinaires pour lu décrier ; puisque, pour y réussit, on se sert d un homme qui jusquà ce moment n'était connu dans TËurope que par squ amour passionné pour 1^ lih^tté p qui était mémo accusé de licence par ceux qui le prennent aujourd'hui pour leur apôtre , et qui, sous son nom, ont produit les opinions les plii3 contraire^ aux siennes , l^s absurdité même que Ton trouve dans la bouche des ennemis les plus déclarés de la révolution» h
Tel fut le succès de cette nouvelle entreprise , conçue sousdes espérances si flatteuses, et à laquelle. labbé ftaynal eut la faiblesse de se prêter. U au-* raitdù savoir, ainsi que ceux qui l'employaient, que l'opinion publique ne retourne jamais en arrière qu'au moment qu'elle a atteint les extrêmes du point dont elle est partie ; qu'alors elle tombe d'elle^ même; que plus on fait d'efforts pour l'arrêter dans^ son cours , plus elle acquiert d'activité ; parce qu'à l'esprit de nouveauté qui la favorise se joint l'esprit d'orgueil qui la maintient. Maisle blâme général des opérations de l'Assemblée , fait par un homme aussi célèbre que l'abbé Raynal, aussi emporté dans ses idéesdeliberté et d'indépendance, était destiné à préparer les esprits aux événemens qui se concertaient, et surtout à la fameuse protestation du 21 juin.
En effet, les esprits s'aigrissaient de plus en plus;
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toat semblait annoncer une crise décisive. Les rëvolutionhaires / pour soutenir l'opinion du peafde-, faisaient arriver adresses sur adresses, pétitions sm? pétitions ; toutes demandaient ce qu'eux-mêmes proposaient à l'Assemblée , toutes approuvaient les décrets qu'ils venaient de rendre.
Les évêques et les nobles se vengeaient de ces manœuvres grossières par des sarcasmes^ Une dé-^ putation des enfans trouvés de Paris vint, le jour même que ces enfans avaient fait leur première communion constitutionnelle (i) , donner aux badauds des tribunes et du côté gauche le spectacle ordinaire de leur admiration pour les grands tror^ vaux de l'Assemblée, et de leur vive indignation contre les perfides ennemis d'une constitution qui régénérait vingt-cinq millions d'hommes. Le prési-^ dent (2) répondit à ces enfans avec une gravite comique : Que ce noble élan patriotique les rendait l'espoir le plus cher de la patrie reconnaissante. Il ne manqua pas de saisir une si belle occasion de tomber sur les nobles et sur les prêtres réfractaif es. On demanda Timpression du discours du président: le côté droit, qui eût mieux fait de rire de cette fai^. ce, eut la spttise de s'en fâcher. « Personne, n'ignor re , reprit FoUeville, que la cérémonie enfantine dont nous venons d'être témoins a été répétée hier
(i) Le 16 juin.
(a) M.-d'Aucby.
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liux^acobins; ainsi^ au lieu de décréter Timpression du discours de notre président^ décrétez qu'on imprimera le. discours du président des jacobins ^ ce sera la même chose. — Je m'oppose à la proposition de Folleville , répliqua l'abbé Maury; il a grand tort de se servir d'une expression que je condamne : ce n'est point une cérémonie enfantine dont nous venons d'être les témoins; c'est une cérémonie puérile. » Les ris éclatans et immodérés des membres du côté droit choquèrent vivement les révolutionnaires, cf Je ne sais^ s'écrie Ghabroud, si toute l'Asseniblée a été frappée comme moi du ton d'insolen-
eé que depuis quelques jours » De violens ap-
plaudissemens ^ partis du côté gauche , ne laissent aucun doute que les révolutionnaires ne partagent cette grossière insulte..... Cinquante membres du eôt^ droit s'élancent au milieu de là salle , font des gestes menaçans. « Je somme M. Chabroud de s'expliquer, reprend Foucauld, ou bien je déclare que je prends personnellement l'insulte qu'il a faite à ceux qui n'ont ^pas la même opinion que lui. La scène dont vous venez d'être témoins est le fruit de l'intrigue : il est malheureux que des enfans qui ont été séduit^. !.. Je suis très au fait decequis^est passé; ils ont été séduits le jour de leur première communion ; ils ont fait un sacrilège*. .. » A ces derniers mots, le tumulte devient effroyable; les jacobins poussent des vociférations, les évoques et les nobles y répondent par des menaces et par dés injures. « Puisque la guerre est déclarée , s'écrie le comte
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de F*«.» (i)i entre la majorité et la minorité, il ne nous reste plus qu'à tomber à coups de aaiire sar ees gaillards-là. » Cet emportement faillit à oocasioner un événement fâcheux. Les gens sages s'iaterposèrenty et parTim*ent à ramener le calme» Le eomte de F.«.. fit des excuses : on reprit la discuf* sion. Le comte de F.... était l'un des hommes ks {^us violons de l'Assemblée : il ne laissait passera»* eune occasion de montrer sa haine contre le nouvd ordre de choses. A un appel nominal, le secrétairs ayant nommé M. de F...« <f Avez*vous oublié ines protestatbns ^ répond avec hauteur F. • . » ; je. m'appelle le comte de F...» L.... ; ce sont nos vrab noms f et nous les soutiendrons, n Les communes se vengèrent de cette morgue maladroite en allant fouiller dans tous les dépôts historiques l'origine de la plupart des maisons nobles , et les anecdotes les plus propres à rabaisser leur orgueil ; le peuple se vengea par des injures grossières et par des voies de fait. Le vicomte de Mirabeau , attaché en fauar tique au parti de la icour, uniquement parce que le comte de Mirabeau son frère était Ta me du parti populaire^ fut plusieurs fois sur le point d'être la victime de cette haine du peuple contre 1% noblesse* Le vicomte avait du courage , de l'esprit ^ de la gaieté, et quelquefois de ces reparties heureuses qui lui faisaient pardonner ses extravagances cho-
(t) Faucigny-Lvdiigie.
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yftleresqnes. Se trouvant un jour investi dans les Tuileries par une troupe nombreuse de jacobins et de gêné de la populace ^ qui faisaient retentir à $ti oreilles le cri fraternel et civique de la lan^ terne , le vicomte se retourne , et saluant d'un air ouvert la foule qui le suit , chante ces deux vers de Topéi'a d'Iphigénie : Que faime à w/r les hommages Jlflfteurs qu'ici ton s^ empresse à me rendre. Ce trait de sang-froid et de gaieté française dëisarma tout le monde : les applaudissemens , les bravos succédèrent aux injures et aux menaces ; le vicomte fut reconduit avec honneur.
' U eàt donc été facile aux nobles de ramener le peuple à des sentimens de justice et même de bien^ Teillance , s'ils avaient su employer des moyens appropriés aux circonstances. Le peuple ne les blâmait point de défendre avec courage leurs intérêts : il ne leur a jamais reproché leurs opinions dans TAssemblée ^ quelque contraires qu'elles piisttnt être au système qu'il avait adopté; mais le peuple , en accordant aux nobles toute la latitudie possible au soutien de leurs droits et de leurs prétentions y aurait voulu que , le décret rendu , ils se soumissent et n'employassent point des manœuvres souterraines pour s'opposer à son exécution. Le peuple estimait l'abbé Maury^ il aimait Casalès. Un jour qu'on discutait le code pénal ^ et qu'on agitait la question de savoir si l'on abolirait la peine de mort y Casalès^ étant sorti de la salle , aperçut sur la terrasse des Feuilians un groupe nombreux.
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qui tenait aussi ses séances et examinait la même question. Il s'approche , écoute ce qui se, dit. Ui^ des orateurs le reconnaît , lui frappe sur Tépaule, d'un air de bienveillance : jâh ça! on soient dejaire une bonne motion pour nous ^ tu es unbra^e bonuWy ne va pas parler contre.
Les constitutionnels ne voyaient qu'avec unesorte d'inquiétude l'armëe entre les mains d'hommes qu'ils savaient les ennemis de la révolution. C'était en vain que^ par leurs déci^ets sur l'avancement daqs le service y ils avaient tâché d'intéresser le corps des officiers au/iouvel ordre de choses. Ces décrets étaient au roi la nomination des deux tiers des emplois militaires , et les donnaient à l'ancienneté ; mais ils étendaient le régime de l'égalité sociale jusque dans le militaire , regardé depuis des siècles comme le patrimoine de la seule noblesse : ils admettaient indifféremment tous les citoyens à concourir aux places vacantes. Les nobles^ plus humiliés que l'on fît monter jusqu'à eux des hommes qu'ils regardaient comme très-inférieurs ^ que satisfaits de devenir les égaux de ceux qu'ils ne regardaient auparavant qu'avec respect , ne purent consentir à ce partage : (c Nous aimons mieux , disaient les ofli^ers^ dépendre d'un roi que de douze cents tyrans, n II arrivait chaque jour des plaintes nouvelles de l'incivisme des officiers^ de l'esprit contre-révolutionnaire qui les animait , des différens moyens qu'ils mettaient eu œuvre pour séduire les soldats;. quoique la plupart des soldats
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fussent dans le sens de la révolution ^ il s'en trouvait cependant quelques-uns qui adoptaient les sentimens de leursofficiers.Cettediversitëd' opinion pouvait occasioner de grands maux ; il était important d'y remédier : on en parla à l'Assemblée.
Les uns voulaient qu'on licenciât l'armée, et qu'on la recréât sur de nouvelles bases ; les autres, qu'en conservant l'armée , on licenciât le corps des officiers. C'était un moyen sûr de s'assurer de l'armée : mais cette opération la désorganisait au moment même que l'on parlait d'une guerre étrangère, qui deviendrait infailliblement bientôt en même temps civile et religieuse.
Les constitutionnels crurent obvier à cet inconvénient, en ouvrant aux officiers dont les principes étaient contraires à la révolution une voie honnête de se retirer, et en s'assurant , par un engagement d'honneur , de ceux qui désireraient conserver leurs places ; engagement qui les lierait à la révolution , de manière à ce qu'ils ne pussent et qu'ils n'osassent jamais s'en séparer. Les constitutionnels suivirent avec l'armée la même marche qui leur avait si mal réussi avec le clergé.
On décréta que les officiers de tout gradé seraient tenus de signer une déclaration contenant qu ife promettaient, sur leur honneur, d*être fidèles à là 'natiom, à la loi, au roi, de ne prendre paît ni directement où indirectement, mais au contraire de s'opposer de toutes leurs forces aux conspirations, tra-
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mes» complots, t{ùi parviendraient à leuii^eiHiiWdsance , et qui pourraient être dirigés , soit contre la nation et le roi , soit contre la constitution ; <]a ik feraient.observer les décrets à ceux qui leur étaient subordonnés, consentant, s'ils manquaient à cet engagement d'honneur, d'être regardés comme des hommes infâmes , indignes de porter les armes et d'être comptés au nombre des citoyens français ; que faute de la part d'un officier, de quelque grade que ce fût > de se conformer aux dispositions ci-desr sus , dans le délai que fixerait le roi , cet officier se^ rait censé réformé par l'effet même de son refus ; qu'en conséquence il lui serait attribué , pour sm traitement deréforme, le quart du traitement dont il jouissait ; que chaque colonel ou commandant ^ après avoir reçu les déclarations des officiers de son régiment, et avoir fait les remplacemens que nécessiterait la réforme de ceux des officiers qui refuse^ raient de se conformer au décret , assemblerait lé régiment, et lui donnerait connaissance de l'engagement d'honneur que yenaient de contracter les; officiers présens ; après quoi les officiers et soldats lèveraient la main en signe d'adhésion et d'acquies^ cément ; que les officiers qui satisferaient au présent décret recevraient du roi une lettre ainsi conçue : a Louis, roi des Français , sur le compte qui nous s été rendu que tel officier, de tel grade, dans le ré^
giment de , a rempli les formalités prescrites
par les articles H et III du décret de l'Assemblée
UYBs ne. 5i^
RUtioiiftlé 9 da 1 1 juin 1791 ^ le eonfirmans âu nom de la nation , et au nôtre f comme ckef supiréme de^'ormée., dans son grade et son emploi f confor'» mément aux lois de l'État et aux règlemens militaires. »
C'était bien réellement licencier l'armée et la x*ecréer ; mais c'était la recréer d'une manière trèsadroite , puisque non-seulement on la recréait au nom de la nation y et qu'on faisait annuler, par le roi lui-même ^ l'ancien serment que chaque officier lui avait prêté personnellement à son entrée au service , mais qu'on évitait encore le choc dangereux d'un licenciement subit , et qu'on donnait la facilité de rester à une foule d'officiers , moins ennemis , dans le fond de leur cœur , d'une révolution qui leur était avantageuse, qu'entraînés par les intrigues et par les discours de ceux qui ne la voulaient pas. *
Les constitutionnels crurent , avec raison, qu'ils pouvaient compter sur les officiers qui se détermineraient à contracter ce nouvel engagement ; car dès ce moment, séparés d'honneur et d'intérêt de ceux qui refuseraient de s'y soumettre, ils n'avaient plus d'autre honneur ni d'autre intérêt que celui delà constitution. Aussi les contre-révolutionnaires sentirent vivement le coup qu'allait leur porter cette grande mesure ; mais , trop peu assurés que les moyens qu'ils avaient employés jusque-là réussissent à l'empêcher, ils hâtèrent la démarche dé-«
SaO LIYBS IX» '
cisÎTe de la fuite du roi ,• afin de prf^^eBiir lès suites £àcheuses qui seraient résultées; pdlùr Ve&ëcution de leurs projets, -de la nourelle formation constn tutionnelle de l'armée.
,!■',,. i ■teaUB;
Départ du roi pour Montmédy. — Mesures que ptend l*Àssemblée. — État de Paris à la nouvelle de la fîiîte du roi. — Il est arrêté à Varennes. — Son retour à Paris. — Intrigues des différens partis. — Rapport des comités de TAssembléei» - ' — Affaire du Chau^p-nde-Mars. — Louis XVI accepte la • constitution. — Fin de la session de TAssemblée constituante*
Uepuis long-temps le baron de Breteuil et le marquis de Bouille presjsaient Louis XVI de quitter Paris (i). C'était, disaient-ils, le seul moyen de rétablir l'autorité royale, de déjouer les complots des factieux, d'accorder toutes les prétentions, de prévenir une guerre civile. La reine appuyait les instances de Bouille et de Breteuil. Ennemie secrète du comte d'Artois, inquiète des vues du prince de Condé, détestant Galonné, elle voyait avec peine cette foule de grands seigneurs, d'officiers et de no-
• (i) Nous avions recueilli plusieurs pièces assez intéressantes sur l'affaire de Yarennes , entre autres , les relations des deux gardes-du-corps qui ont accompagné le roi. Notre intention était d'abord de les joindre au récit de Ferrières : nuiis nous
• avons pensé que ces pièces seraient mieux placées à la suite des Mémoires de M. de Bouille, qui sont particulièrement relatif» à cet événement.- , [NoA des nouv. édit.)