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blés abandonner le monarque, et aller chercher un asile auprès de deux princes dont les intérêts étaient très-idifférens des siens. La reine sentait que si ces princes réussissaient dans leurs |H*ojets, ils en r^ cueilleraient seuls tout l'avantage; qu'elle ne sortirait de la dépendance de TÂssemblée que pour en-* trer sous la dépendance des princes ; qu elle ne joui* rait d'aucune autorité ; que le «omte d'Artois, devenu lé protecteur avoué de la noblesse et du clergé, se servirait de son immense crédit, sinon pour usurper le trône, du moins pour s'emparer du gouvernement.
La reine ne se dissimulai^ point la nullité du roi, l'indifférence de la noblesse et du clergé pour la personne du monarque; ils lui reprochaient sa connivence avec Necker lors de l'abolition des ordres, l'abandon oii il les avait laissés au moment même qu'ils se sacrifiaient pour lui, sou union apparente avec les constitution nels, union qui leuravait fait le même tort dans l'opinion que. si elle eût été réelle.
Galonné et Breteuil, rongés d'une égale ambition, l'un attaché au comte d'Artois, l'autre créature de la reine, aspiraient à se voir à la tête du ministère. Breteuil, retiré à Bruxelles, intriguait à la cour de l'archiduchesse et auprès de l'empereur (i) ;
(i) M. de Breteail quitta la France en 1789, bientôt après la prise de la Bastille, et se rendit en Suisse; il n'arriva à Bruxelles qu'après te Toyage manqué du roi à Var^nnes*
♦ ( Note des nouv. édit,)
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il àVAÎt l>e$dîn d'un homme capable de seconder ses vues; il jeta les yeux sûr Bouille. Bouille commandait à MetBf place importante. Quelques expéditions brillantes en Amérique lui at aient acquis la réputation d'un excellent officier; sa Conduite à la Ibia ferment prudente dans l'affaire délicate de Nanici montrait qu'il était propre à exécuter un dessein hasardeux. Les constitutionnels le craignaient 4^t le ménageaient. Le comte d'Artois et le prince de Condé^ en rendant j usticp à ses talens militaires^ lui reprochaient de ne pas se prononcer : ces prîn- Ises Youlaient que l'on dépendit d'eux; Bouille né voulait dépendre que du roi.
Bouille reçut avec transport l'ouTerture que lui ût le baron de Èreteuil; il aimait la gloire^ les ri* chesseSy les honneurs. Breteuil lui ouvrait une vaste carrière; Bouille ne craignit point de s'y lancer. Ou convint de cacher le projet aux princes etaùt jemigî'jés^JÀ résolution de quitter Paris étant définiti- Temenf ax^rêtécy on s'occupa des moyens de l'efiec-^ tuer»
La chose n'était pas facile : les défiances du peu«pie continuaient ; il fallait les calmer : le roi et là reine.étaient environnés d'espions ; il fallait le^ur dérober les démarches nécessaires : on n'avait aucune! confiance aux ministres ; il fallait les tromper. Lé roi et la reine employètent cette profonde dissimu- ÏBtiùïjLf arme des faibles^ vertu favorite des rois> mais qm, outrée juqu'à la fausseté^ perd ceux mé« mes qu'elle sert, en attirante la fois sur eux la hai-^
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ne et le mépris^ qui cependant au premier aspect^ paraissent incompatibles. Le' roi écrivit à l'Assemblée pour se plaindre de ce que des journalistes osaient aTaiicer qu il avait le projet de s'ëvader d6 Paris; qu'en même temps qu'il affectait de reconnaître la constitution dans un écrit ostensible, adressé à tous les ambassadeurs , il leur mandait secrètement de n'ajouter aucune foi à ce que les circonstances le forçaient de faire : il protestait de la pureté et de la sincérité de ses intentions, assurant qu'il avait juré la constitution, qu'il serait fidèle à son serment, et qu'il la maintiendrait de tout son pouvoir.
Cette nouvelle démarche ne détruisit point des ^soupçons la plupart fondés. Mais les constitutionnels feignirent de croire ces protestations sincères : ils ordonnèrent que la lettre du roi serait insérée dans le procès-verbal, publiée, afiichée à Paris, envoyée aux départemens, aux municipalités. Instruits de tout ce qui se tramait aux Tuileries, ils pensaient qu'il était utile de convaincre le peuple de la mauvaise foi du roi en cas qu'il vint à les trahir.
La reine poussa plus loin la dissimulation : ayant rencontré, là veille de son départ, M. de Montraorin, elle lui demanda s'il avait vu madame Élisabetn. « Je sors de chez elle, répondit M. de Montinorin. — Elle m'afflige, répliqua la reinej j'ai fiait tout au monde pour la décider à assister à la procession de la Fête-Dieu; elle parait s'y refuser 7 il
inesjemble pourtant quelle pourrait bien faire à son frère le sacrifice de son opinion (i). » • Ce n'était pas assez de calmer les inquiétudes di^ peuple de Paris^ il fallait échapper à la surveillawcB de La Fayette et du comité des recherches de l'As*semblée. Leroi et la reine n'osaient se confier à aucun de ceux qui les entouraient ; on observait leurs discours ; on épiait leurs démarches : ils prirent donc le parti de tout faire par eux -«mêmes ^ et de ne met^ tre dans leur confidence que les gens absolument nécessaires à l'exécution. Madame de Ronchreuil> l'une des femmes attachées au service de ]a reine^ occupait aux Tuileries un logement qui communi-^ quaitparun corridor avec l'appartement de la reine, et qui, au moyen d'un escalier dérobé , avait une sortie dans la cour du château. Le roi, instruit de la situation de cet appartement, crut voir un moyen facile de s'échapper de sa prison : il se rendit avec laWine chez madame deRonchreuil. La reine pàr^ courut des yeux, sans affectation, l'appaTtement , examina les différentes communications, et dit à madame deRonchreuil qu'elle se proposait de dis-
(i) L'importance attachée à cette procession Ôfi la Fête-Dieu, Tenait d'une intrigue des évéques et des prêtres inassermentés qui y s'efforçant de faire regarder comme schismatiques les prêtres qui s'étaient soumis au serment, défendaient à tous leurs dévots et à toutes leurs dévotes de conununiquer avec eux, d'entendre leurs messes, et de remplir aucun devoir de culte là où ces prêtres occupaient les églises.
posée de eé logement pour sa première fSemme às chambre. Ces mesures prises^ le roi et la reine son-^ gèrent à s'assurer de quelques personnes sur lésquelles ils pussent se reposer deréxëcu|;ioD de leur proje^
U y avait à Paris un grand nombre de gardes-du-^ porps; ils ne faisaient aucun service depuis lé 6 oc^ id>re 1789; ils se tenaient prêts à exécuter les or«^ dres que Ton pouvait leur donner. Louis XYI avait eu des preuves trop évidentes 4e leur attachement k sa personne pour craindre de les employer dans cette entreprise délicate. U jeta les yeux sur lêè sieurs de Yalory, Maldent et Dumoustiers, dont on lui garantit la fidélité et le courage : mais il attendit (e moment du départ pour les instruire de ce qu'il exigeait d'eux.
Un soir que Dumoustiers se promenait dans Ie$
Tuileries, un inconnu l'aborde , lui dit de le suivre,
que le roi a des ordres à lui donner. Dumoustier$. ^uit l'inconnu, qui l'introduit dans la chambre du roi. LoubXYIy après l'avoir considéré un moment;^ le charge de dire aux sieurs de Valory et de Maldent^ ses anciens camarades, de se faire faire, ainsi que lui, des vestes de couleur jaune. « Trouvez- vous, ar joule le roi^ demain au soir, sur le quai du Pontiloyal : une personne qui se fera connaître vous communiquera mes ordres ultérieurs. »
Dunioustiers reçut le lendemain les ordres qu'il
attendait. Il se rendit en conséquence à la porte
^ Saint-Martin, et Valory alla àBondyfairepréfterer
dés cfaeVaux de poste. Il fallait s'assurer d'un passeport : plusieurs municipalités se permettaient d'arrêter les- Voyageurs 9 sous prétexte que c'étaient de^ gens <|ui émigraient. Une madame de Kprffy baron*né allemande, devait partir pour Francfort : on l'admit dans la confidejlce p et l'on se servit de son uQm pour obtenir le passe-port dont on avait besoin.
' Le jour du départ étant venu, la reine, voulant éloigner tout soupçon, alla se promener, en voiture^ sur le boulevart avec monsieur le dauphin et madame Elisabeth. Elle termina sa promenade au jar-* dii^ de M. Boutin; elle y resta jusqu'à neuf heures > et Kntra au château.
. Cependant le siem* de Maldent avait i^çu l'ordre dé se trouver à neuf heures au château. Oh le mena dans un petit cabinet , où on le renferma jusqu'au moment du départ. A onze heures une voiture atte-** lëe de deux chevaux entra dans là cour des prince&i Une chaise de poste fut placée à l'extrémité du Pontr Royal. On ne changea rien au service. Le coucher se fit aux heures ordinaires. Le moment approchait ; la reine sortit de son appartement, descendit che% sa fille ^ et dit à madame de Brunière, femme de chambre deservice, d'habiller madame Royale et de la conduire dans l'appartement de M. le dauphin. Madame de Tourzellevait M. le dauphin, et lorsque Inadame Royale fut arrivée , madame de Tourzel se renditavec elle , M. le dauphin , les dames Brunière et Neuville, dans un entresol où elles trouvèrent le roi, la reine, madame Elisabeth et deux inconnus.
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L'un de ces inconnus conduisit les dames NeuTÎUë et Br unière à la voiture qui était au bout du Pont- Royal. L'autre fit descendre madame de Tourzel> M. le dauphin et madame Roy aie, par le petit esca-: lier de l'appartement de madame de Ronchreuil. Ils traversèrent l'antichambredeM. de Villequier,sortirent par la porte qui donne dans la cour des prin-< ces. Une voiture les attendait , îFs y montèricnt. La voiture passa sans obstacle et s'arrêta à l'extrémité du Carrousel. La reine et madame Elisabeth se mi-*, rent en marche ; elles tremblaient d'être reconnues- Quelques avis donnés au comité des recherches de l'Assemblée avaient renouvelé les soupçons. *La garde paraissait se faire avecbeaucoup d'exactitude. La première pers<mne que la reine et madame Ëlt^ sabeth rencontrèrent à la sortie du château futM.^ de La Fayette , monté sur son cheval blanc : cette vue les fit tressaillir ; elles baissèrent leurs coiffes et se hâtèrent de rejoindre la voiture. Le roi vint en?» suite accompagné du sieur de Maldent. L'on prit le chemin de Bondy. La famille royale quitta , à la porte Saint-Martin y la voiture qui l'avait amenée.' Dumoustiers fit avancer une berline de voyage attelée de quatre chevaux. Le roi, la reine, madame Royale, madame Elisabeth, madame de Tourzel ei monsieur le dauphin s'y placèrent. Le même cocher qui avait conduit la première voiture monte sur le siège de la berline. On arrive sans accident à Bondy : les chevaux de poste étaient prêts j on lesattèle, et la voiture des femmes de chambre ayant rejoint
la voiture du' roi > ils continuèrent tous ensemble leur voyage (i). • '
: Tandis que Louis XVI s'occupait d^s moyens de sortir de Parisy Bouille s'occupait à Metz dés moyens * de protéger la fuite de Louis XVI , et de lui assurer une retraite à Montmédy. Bouille avait préparé les esprits aux mouvemens de troupes qu'il se proposait d'ordonner. Les dispositions hostiles des puissances étrangères l'obligeaient y disàit-il , d'établir un camp à Montmédyy capable^ en cas d'attaque ; d'arrêter les ennemis et d'empêcher utie invasion. Bouille^ sous ce prétexte , avait formé sur la frontière un cordon de troupes, et placé dans difFérens postes des escadrons en seconde ligne ; il envow un ingénieur à Montmédy, qu'il chargea de pre^' drè la mesure du camp projeté. ! •
Veilcourt> commissaire des guerres, eut ordre de disposer les logemens, de pourvoir aux vivres, aux fourrages et aux autres préparatifs ixécessaii:*es. Ces mesures prises , Bouille vint à Montmédy accompagné de son état-major et de quelques ofiiciers-génériauxf il reconnut le terrain destiné à asseoir le catnp, donna des ordres pour la cuisson de dix-huit mille rations de pain, et fît marcher plusieurs corps de troupes composés principalement de soldats aile-
(i) Ce récit du départ de la famille royale n'est pas bien exact. Voir les Mémoires de Bouille et les autres documcns qui s'y trouveront joints.
( Note des nouv. cdit, )
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mands et étrangers. Il se rendit ensuite à Stenai ; lé régiment royal-allemand cavalerie y était en garni* son. Bouille le vit manœuvrer : voulant gagner les soldats^ il les combla d'ëloges. Cependant il atten-* dait avec impatience des nouvelles du roi : il reçut enfin un courrier qui lui annonçait que Louis XVI partirait dans la nuit du 20 au 21: il envoya de9 officiers de confiance placer des détachemens destines à servir d'escorte au roi; et , afin de prévenir les inquiétudes que pourrait causer ce mouvement inattendu , il leur dit d assurer les municipaUtes et le peuple que ces dispositions n'avaient pour but que d'accompagner la caisse destinée au pÉiement ^m troupes. Ces détachemens composés de cent hommes y commandés par des officiers sûrs.y em* brassaient les villes où devait relayer le roi^ Les commandans étaient autorisés^ en cas d'événement, à dire aux soldats que c'était le roi qu'ils conduisaient : ils devaient se replier, couvrir sa marche , et se réunir sous les murs de Montmédy. La nouvelle de l'évasion du roi jeta le peuple de Paris dans une sorte de consternation. On ignorait les circonstances. Le peuple se crut trahi. Les soupçons erraient vaguement sur les nobles, sur les prêtres, sur les ministres, sur La Fayette et Bailly. Cet état de stupeur, presque toujours avant-coureur d'une forte explosion , pouvait amener un mouvement d'autant plus à craindre que beaucoup de gens avaient intérêt de le susciter. Une nombre inquiétude semblait agiter le peuple; il se portait
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en foule aux Tuileries , à rHôtel-de^Villè , autour de FAssemblée nationale.
' On ne saurait refuser à l'Assemblée les justes ]Louahges que méritent lecourage et la sagesse qu'elle déploya dans cette grande occasion. Alexandre Beàuharnais^ qui présidait alors» annonça le départ du roi. L'Assèûablée ne montra ni surprise ni* terpreur; animée d'un même esprit, elle ne songea qu'aux grands intérêts qui lui étaient confiés:
On manda les ministres, on expédia des courriers .dans lesdépartemens,aTecordre aux fonctionnaires publics, aux gardes nationales et aux troupes de ligne d'arrêter toute personne sortant du royaume; 0B plaça de forts détachemens autour de la salle , afin d'assurer la tranquillité des délibérations. Ces précautions prises , l'Assernblée s'occupa de quelques particuliers sur lesquels les défiances du peuple paraissaient se porter ; elle envoya des commis saires protéger et amener à $a barre MM. de La Fayette, Bailly, de Gouvion , qu'une foule nombreuse tenait arrêtés , les régardant comme complices de la fuite du roi. Où fit publier et afficher une proclamation : FAssemblée déclarait aux citoyens qu'elle venait de prendre les mesures les plus actives poursuivre la tracedes hommes perfides qui s'étaient rendus coupables de l'évasion du roi ; que tous les citoyens devaient se reposer uniquementsur l'Assemblée des soins qu'exigeait le salut public ; que tout mouvement tendant à exciter des troubles , toute menace contre les personnes, toute entreprise
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contre les propriétés^ seraient d autant plus coupables qu'elles compromettraient la liberté et la constitution. Ensuite^ afin de mettre de 1! unité et de ractivité dans le gouyernement ^ on décida que les ministres seraient admis aux séances y toujours prêts à recevoir les ordres de l'Assemblée^ et à donner les renseignemens dont elle pourrait avoir besoin ; que les décrets non encore sanctionnés^ ainsi que ceux que rendrait l'Assemblée en l'absence do» roi y auraient force de Loi dans tout le royaume; que la formule ordinaire continuerait d'y être em ployée» et que le ministre de la justice y apposerait le sceau de l'État. Le comité militaire fut chargé de veillera la sûi'eté intérieure. On manda M. d'Afïry , cora^ mandant du département de Paris et des départemens voisins , et l'on prit des mesures propres à maintenir l'ordre public ^ et à s'assurer des dispositions des régimens suisses au service de la nation : l'on conservait quelque défiance sur les intentions secrètes des soldats étrangers.
Cependant les commissaires envoyés dans les différens quartiers de Paris vinrent rendre compte de leur mission, w Nous avons trouvé , dît Adrien Daport, une grande quantité de peuple assemblé «ur la place de Grève et dans les rues, mais sans aucun désordre; nous avons remarqué sur tous les visages des dispositions à la paix et à l'union , une entière et pleine confiance dans l'Assemblée nationale; la. tranquillité publique n'était troublée par aucun cri, par aucune division ; nousavons même recueilli sur
notre route des témoignages multiplies d'amour et tle respect. Ne craignez point , Messieurs , de prendre les mesures que vous suggérera votre patriotisme ; vous serez secondés par le zèle des citoyens. »
Cette assurance redoubla le courage de FAssemblée , et lui donna cette confiante sécurité si nécessaire dans les circonstances difficiles. MM. de La Fayette et Gouvion entrèrent en ce moment. M. de Gourion parla de l'évasion du roi, de l'impossibilité qu'il fût sorti paraucun des endroits connus, (c La garde, ajouta M. de Gouvion , a été faite avec la plus grande exactitude; des avis communiqués par des personnes du château , qu'il priait l'Assemblée de le dispmiser de nommer, luiavaientdonnédes soupçons : il s'était empressé d'en faire part à MM. <ïè Voidel et de Sillery , membres du comité des re- ^ cherches... Ces deux messieurs protestèrent qu'ils n'avaient reçu aucune dénonciation. M. de Gouvion répliqua qu'effectivement l'homme chargé de porter cet avis s'était présenté au comité des recherches, mais qu'il n'y avait trouvé aucun membre ; que cependant il avait parlé, à ce qu'il croyait, à M. Cochon de l'Apparent. M, Bailly assura qu'il avait des notions vagues de ce que disait M. de Gouvion; que M. Cochon de l'Apparent était venu l'avertir des bruits qui se répandaient d'une prochaine évasion du roi ; qu'il avait en conséquence donné des ordres à M. le commandant général. ^ • dette farce, jouée pour le peuple , n'en imposa
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point aux gens instruits. L'évasion du roi entrait dans les projets de tous les partis. Lés noble»^ kg prêtres , les courtisaus , les financiers , les parlemens , la regardaient comme la seule ressource contre l'établissement d^une constitution qiû toibchait à son terme; lès orléanistes^ comme une crise favorable à leurs secrets desseins ; La Fayette et les républicains , comme la voie la plus propi^.iicl conduire à la république; les constitutionnels i comme un moyen assuré d'aliéner le peuple du roii et de ford^r Louis XYI d'accepter une constitutîaB qui , d'après sa fuite , allait devenir son unique litre à la couronne.
Les con tre-révolutionnaires et les orl^nirtes^pa»sifs en apparence^ étrangers à ce qui se plissait ^jni^ doutaient pas que Louis XVI ne parvint II sortir dtt royaume; ce qui , selon les uns , avec le secours des troupes étrangères ^ la réunion des émigrés et des | mécontens , le mettrait en état de rentrer en inài* tre dans sa capitale , et de rétablir cet ancien régime^ objet de tous leurs vœux ; tandis que les orléanistes attendaient de cette même sortie du roi hors du royaume , et ds mouvemens qui en seraient une suite infaillible , que le peuple de Paris et les constitutionnels^ furieux de se voir trahis, se jetteraient par nécessité entre les bras du duc d'Orléans, et lui offriraient une couronne qui, sur sa tête, devenait le gage assuré de leur sûreté personnelle , et de l'affecmissemeut d'une constitution àlaquelle la France entière attachait sa gloire et son bonheur.
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Lés ministres étaient successivement arrivés. M. àe Laporte , intendant de la liste civile , remit .au président un mémoire intitulé : Proclamation à tous les Français.
- Louis XVI y disait que tant qu'il avait espéré voir renaître Tordre et le bonheur dans le royaume y aucun sacrifice personnel ne lui avait coûté ; qn'tt n'aurait pas même argué de la nullité , dont Le défaut absolu de liberté entache toutes ses dé*marches depuis le mois d'octobre 1789^ si cet es7 poir eût été rempli : nuiis aujourd'hui que la seule récompense de tant de sacrifices est de voir la destruction de la royauté y les pouvoirs méconnus ^ les propriétés violées^ là sûreté des personnes mise en dft figer f Us crimes restés impunis , et une anaiv chie complète s'établir au-dessus des lois , sans que l'apparence d'autorité que lui laisse la constitution soit suffisante pour réparer un seul des maux qui affligent le royaume ; le roi y après avoir solennel-' lement protesté contre tous les actes émanés de lut pendant sa captivité , croit devoir mettre sous les yeux des Français^ et de tout l'univers , le tableau 4le sa conduite et celui du gouvernement qui s'est .-établi dans le royaume.
Après ce préambule ^ Louis XVI retrace ce qui s'est passé au mois de juillet 1789 , les événemens du 6 octobre f son établissement avec sa famille au château des Tuileries^ les incommodités que lui offre ce nouveau séjour inhabité depuis plus de cent ans f l'éloignement de ses gardes-dn-corps , sa per^
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sonne confiée aux anciens soldats des gardes^ran-* caises et à la milice* nation aie de Paris • son^tat de captivité au n^ilieu d'une garde dans la dépeddance immédiate de la municipalité. Il se plaint délàr modicité de sa liste civile , de l'envahissement de ses domaines ; il n'a aucune participation à la coihfection de la loi ; on lui ôte le pouvoir de fairegtâce et de commuer les peines. L'administration- hktérieure est tout entière entre les mains des départemens, des districts^ des Municipalités. Ces corps, élus par le pei^le , ne ressortissent du gouvernement que pour l'exécution des lois ou pour celle des ordres particuliers qui en sont la suite ; ils n'ontàticune grâce à attendre du gouvernement, et les mft* nières de punir leurs fautes embrassent des formes si compliquées, qu'elles réduisent à bien pe«L-& chose la surveillance que les ministres doiveat avoir sur eux. Le roi n'a presque aucune influence sur les militaires , sur les négociations, sur le droit de paix et de guerre, sur les finances ; les comité de l'Assemblée envahissent tous les pouvoirs, s'attribuent toutes les affaires. Louis XVI passe ensuite aux sociétés connues sous le nom de sociétés d'amis de la constitution , établies dans toutes les villes et même dans plusieurs bourgs. Ces sociétés prennent des arrêtés, font des dénonciations, forment une corporation immense ; les corps administratifs, judiciaires, l'Assemblée elle-même, sont forcés d'obéir à leurs décisions. « Français ! s'écrie Louis, estce là ce que vous attendiez en envoyant des repr^
MntausàrÂssemblée nationale? DësirieK-Tous que Tianarchie et le despotisme des clubs remplaçassent le gouveruement monarchique sous lequel la nation a prospéré pendant quatorze cents ans? Désiries-Tous voir '#ytreroi comblé d'outrages, privé de sa liberté, pendant qu'il ne s'occupait que d'éta* blir la vôti'e? L'amour pour ses rois est unedes vertus,iles. Français, et sa majesté en a reçu personnellefenent des marques trop touchantes pour jamais les oublier^ Les factieux ont bien senti que tant que cetamour subsisterait, leur ouvrage ne pourrait pas s'achever ; ils ont également senti que pour l'affaiblir, il fallait, s'ilétait possible, anéantir le respect qui l'a toujours accompagné. C'est la source des outrages que le roi a reçus depuis deux ans. » Ici, S«teii$ XYI parle du triomphe deNecker le jour de la séAice royale, de l'insulte faite à l'archevêque de Paris, d'un courrier arrêté publiquement le 14 juillet, fouillé, et dont on ouvrit les lettres; d'hommes placés, lors de son premier voyage à Paris, pour empêcher qu'on ne criât vive le roi; des émeutes de Versailles, des motions du FalaisrRoyal , où l'on, proposait hautement d'arracher la famille royale de Versailles, de conduire le roi à Paris et de mettre la reine dans un couvent; des meurtres des 5 et 6 octobre, de leur impunité, du renvoi forcé de ses ministres, de l'an^estation de Mesdames, de la manière outrageante avec laquelle fut traitée la noblesse qui s'était rendue le 28 février au château de& Tuileries; de l'empêchement que l'on^ mit à son