I.I>V«E III
•es écrivains. La révolution , disaient-ils ^ est finie : en effet, ils l'avaient conduite au ternie nécessaire à Fexécution de leurs projets; plus loin, elle les enveloppait dans la destruction générale.
Les orléanistes prétendaient que la révolution était à peine commencée ; qu'il fallait opérer un diangément total dans le gouvernement : mais ils n'étaient pas d'accord sur la nature de ce changement; les uns voulaient une république (i) ; les autres voulaient un roi qui leur dut sa royauté , et dont les intérêts, liés nécessairement aux intérêts du parti , ne leur laissassent aucune inquiétude sur les événemens qui pourraient arriver un jour.
Les uns et les autres travaillaient avec une égale ardeur à s'emparer de l'opinion publique : les constitutionnels, dans la classe des propriétaires et des citoyens honnêtes : les orléanistes , dans la populace qu'ils excitaient au désordre afin d'en faire un instrardent dont ils pussent toujours disposer.
Les deux partis se haïssaient et se déchiraient mutuellement; les constitutionnels traitaient les orléanistes^ de factieux, d'ennemis de la monarchie; lesorléanistesdisaientqueles constitutionnels
(i) N'y a-t-il pas ici un peu de confusion clans les idées de l'auteur? Il serait difficile de concevoir comment les or/é^anistes auraient pu vouloir une république.
Nous avons entendu plusieurs contemporains prétendre qu'à cette époque l'idée d'une république n'existait encore dans aucun espk*it. (Noie des nouv. édit )
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étaient vendus au ministère et à raoristocratie : les^ constitutionnels dominaient dans T Assemblée et dans Ta municipalité; les orléanistes, maîtres du i^alais-Royal, y créèrent une puissance redoutable qu'ils surent opposer/ avec succès, a la municipalité et à l'Assemblée nationale elle-même. La cour^ spectatrice inquiète de ces mouvemens , s'était réui^ie en secret au parti constitutionnel; elle en avait moins à craindre. Cette réunion d'abord soupçonnée , bientôt connue de tous , loin de fortifier ce parti , l'afiaibUt, en fournissant à ses adversaires un* moyen de le décrier dans l'opinion , et de le rendre odieux au peuple. Nous verrons ces deux partis,* sous les noms de jacobins , de républicains , de feuillans , de monarchiens , remplir la FrancjB entière de leurs odieuses querelles ; saper les fondemens de l'antique constitution monarchique j s'établir fièrement sur ses ruines ; s'y battre avec fureur pour des dépouilles ; ne s'accorder que dans l'injustice, la tyrannie, la rage de tout détruire (j); acheter la popularité par des crimes ; la perdre et la recouvrer tour à tour: nous verrons les. chefs passer de l'un à l'autre parti ^ selon leurs intérêts, • leurs espérances , leurs craintes ; et le peuple , éternel jouet de passions qui lui sont étrangères ,
(i) L'auteur est-il ici bien conséquent , 4orsqu'après avoir peint le parti constitutionnel comme proclamant lajin de la révolution , il lui attribue la ra^e de tout détruire?
(Note des rvouv. édit.)