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duc de Vitry y conclut un traité le i4 janvier 1673. L'Électeur s'obligeoit de s'opposer à l'Empereur et à tous autres princes de l'Empire qui voudroient prendre de force des quartiers ou des passages, chez les princes de l'Empire, contre la disposition expresse des traités de Westphalie, et promettait de maintenir ces traités dans tous leurs points. Pour se mettre en état d'exécuter cet engagement , il s'obligeoit d'augmenter de 9,000 hommes le corps de troupes qu'il avoit déjà sur pied. Le roy lui donnoit une somme de 200,000 livres pour cette levée, et un subside de 16,000 écus par mois pour leur entretien. Selon le calcul de l'Électeur, ce n'était guère que la moitié de la dépense qu'il auroit à faire. Le roy se réserva, par un article secret, la liberté de faire connoître par le sieur (iravel si ces troupes seroient effectives; et l'Électeur trouvoit bon que le sieur Gravel, ou par lui-même, ou par des gens qu'il commettroit, s'instruisît de la vérité des recrues.
La guerre s'étant depuis allumée plus vivement en Allemagne, ce prince parut fortement touché de la crainte que l'Empereur n'entrât dans ses États , pour se venger de son attachement à la France. Il fit remontrer à Sa Majesté le besoin qu'il auroit que ses troupes fussent augmentées;
e* le duc de Vitry signa un nouveau traité , au mois de juillet 1673, et promit, au nom du roy, une somme de 5o,ooo écus, pour une nouvelle levée de i,5oo chevaux, et 12,000 écus d'augmentation de subside par mois. Mais ce dernier traité ne devoit avoir lieu qu'après que l'Électeur seroit entré effectivement en guerre. Ainsi, comme il ne s'est point porté par lui-même à prendre les armes, et qu'il n'a point été attaqué par l'Empereur, Sa Majesté n'a point été obligée clans la suite à cette dépense.
L'on peut dire à la louange de ce prince, qu'il a exécuté fidèlement, jusqu'à la fin de la guerre , le traité qu'il avoit avec Sa Majesté. Ses troupes ont passé le nombre qu'il s'étoit obligé d'entretenir; et il a toujours eu sur pied jusqu'à 17,000 hommes de la plus belle cavalerie et de la plus belle infanterie du monde. Elles ont été employées uniquement à la conservation de ses États; et, à la réserve du comté de Mindelheim (1) et de quelques terres particulières qui lui appar-
(1) La principauté de Mindelheim a été possédée pendant quelques années par le célèbre duc de Marlborough, qui la tenait de la munificence de Léopold I. Il est vrai que cette libéralité ne coûtait rien au patrimoine de la maison d'Autriche, car sans cela l'auguste donateur n'eût pas oublié à ce point la parcimonie traditionnelle
tiennent dans le cercle de Souabe, les troupes de l'Empereur n'ont jamais rpris de quartiers dans son pays.
C'est presque de quoi l'on ne se peut assez étonner ; et rien n'a marqué davantage la faiblesse du conseil de Vienne. Toutes les fois que l'année de l'Empereur rentroit dans les cercles de Souabe et de Franconie, il lui étoit aisé, ou d'établir des quartiers dans la Bavière, ou d'obliger l'Électeur à prendre parti. Il lui auroit même été d'autant plus facile d'y réussir, que l'Électeur, d'un naturel bon, doux et pieux, étoit d'ailleurs extrêmement timide; et que dans le péril d'une guerre qui auroit ruiné ses États, la crainte l' auroit emporté sur ses bonnes intentions. Il y eut même sujet d'appréhender qu'il ne continuât pas dans la même fermeté qu'il a voit fait paroître , lorsque , sur la fin de l'année 1675, il perdit l'Électrice sa femme,
de sa famille. « L'Empereur, voulant récompenser Jean Churchill , « duc de Marlborough, des services qu'il lui avoit rendus, surtout « à la fameuse bataille de Hochstedt, démembra cette terre des « États de la maison de Bavière, et en gratifia Marlborough, et « l'admit en qualité de prince de Mindelheim entre les princes de « l'Empire. Mais la paix de Bade et de Rastadt ayant réglé que la « maison de Bavière rentreroit dans tous ses États, la principauté « de Mindelheim fut restituée à son véritable maître le duc de « Bavière. » ( Dictionnaire de La Martinière, t. vi, p. 409.)
et , peu après, le landgrave Herman de Furstenberg.
Cette princesse toujours zélée pour la France, et liée plus étroitement encore à Sa Majesté par l'espérance du mariage de la princesse sa fille , d'un esprit naturellement ferme et hardi, avoit eu la principale part à le soutenir.
Le landgrave étoit attaché par ses frères aux intérêts du roy ; et tous trois en avoient un considérable à maintenir l'Électeur dans la dépendance de Sa Majesté. C'était par elle et par son autorité qu'ils espéroient de disposer l'Électeur de Cologne à nommer l'évêque de Strasbourg son coadjuteur.
Ainsi , ces deux personnes étant mortes à peu de temps l'une de l'autre, il étoit à craindre que ce prince, abandonné à sa propre timidité, et au milieu de sa cour naturellement portée pour la maison d'Autriche, n'embrassât un parti qui nous fût contraire , ou touché par les menaces , ou ébranlé par les avantages qui lui seroient proposés.
Il est certain que l'on employa l'un et l'autre de la part de la cour de Vienne. On lui fit voir le péril auquel il s'exposoit en se séparant du reste de l'Empire; on le tenta même par la vue
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de différents mariages. Comme il étoit encore jeune, on lui offrit la reine de Pologne (i), soeur de l'Empereur, qui depuis a épousé le duc de Lorraine; et on lui faisoit envisager le mariage de la princesse sa fille, ou avec l'Empereur, qui avoit perdu alors sa seconde femme , ou avec le roy d'Espagne. On lui proposoit aussi de donner au prince, son fils, l'archiduchesse (2), fille de l'Empereur et de l'infante Marguerite d'Espagne , sa première femme.
Bien que ces alliances fussent capables de le tenter, et qu'elles pussent le flatter de faire tomber dans sa maison la succession de l'Empereur, qui n'avoit point d'enfants mâles, il ne fit jamais paroître aucune pente à se remarier. L'espérance qu'il avoit pour la princesse, sa fille, fut au-dessus de toutes celles que l'on tâchoit de lui inspirer; et il ne voulut point d'une alliance pour le prince , son fils, qui le rendroit légitimement suspect à la France.
Ainsi, il est toujours demeuré également attaché à ses intérêts jusqu'à la fin de la guerre : toujours
(1) Éléonore-Marie. fille de Ferdinand III, était veuve de Michel Wiesnoviski , roi de Pologne; en 16T8, elle épousa en secondes noces Charles-Léopold, duc de Lorraine.
(2 Marie-Antoinettc-Josèphe.
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agité sur la fin des campagnes de la crainte de voir retomber l'armée de l'Empereur dans ses États, et toujours rassuré parles paroles qu'il demandoit, et qui lui étoient données par Sa Majesté, que les troupes qu'elle faisoit hyverner dans les provinces d'Alsace et de Lorraine, passeroient le Rhin, pour son secours, aussitôt qu'elles lui deviendroient nécessaires. Schinit, son chancelier, et qui avoit la principale part dans ses affaires, depuis la mort de l'Électrice et du landgrave, a toujours contribué à l'affermir dans ces bonnes intentions.
Le duc de Vitry, lors de son départ d'auprès du roy, n'avoit point eu de connoissance du traité de mariage de monseigneur le Dauphin ; mais, parce que les affaires devenant plus difficiles dans la suite , il fut nécessaire de lui mettre en main tous les moyens qui pouvoient les faire réussir, Sa Majesté lui confia ce secret, dont il se servit utilement pour confirmer l'Electeur et l'Électrice dans leurs bonnes dispositions.
Comme il fut rappelé au commencement de 167 5 dans le dessein que Sa Majesté avoit de l'employer au traité de paix de Nimègue, La Haye Ventelet (1)
(1 ) Denis de La Haye, seigneur de Venteley, fut nommé, en \ 661 , ambassadeur à Constantinople , en remplacement de son père. Envoyé à Munich (4G75). il quitta bette résidence, en 4686, pour
fut envoyé en sa place ; mais en nul temps cette affaire ne lui fui confiée, et elle lui fut cachée jusqu'au mariage.
Sur la fin de 1677, lorsque la guerre étoit plus allumée en Allemagne, que les Suédois étoient renfermés dans la ville de Stralzond et qu'il y avoit sujet de craindre que l'Angleterre ne se joignît au parti des ennemis de la France, le roy jugea à propos de faire un dernier effort auprès de l'Électeur
se rendre à Venise, où il représenta la France pendant dix-huit ans [voy. La Chenaye, Dictionnaire, t. vu, p. 735).
De La Haye débuta dans la carrière diplomatique par un acte de fermeté qui lui fit un grand honneur et qui donna au roi une haute opinion de son caractère.
« La paix, dit Flassan, se ménageait, en 4658. entre laPorle et « la République de Venise, par la médiation de l'ambassadeur de « France, le sieur de La Haye, lorsqu'une lettre écrite par lui en « chiffres fut interceptée par les Turcs et portée à Andrinople, où « se trouvait la Cour.
« Le grand-visir Kupreli , voyant cette lettre adressée avec tant « de mystère à un sénateur de Venise, entra en méfiance et envoya « ordre à l'ambassadeur de France, qui était resté à Constanti- « nople, de se rendre sur-le-champ à Andrinople ; mais l'ambas- « sadeur, se trouvant incommodé de la goutte, dépêcha son fils a La Haye-Vantelet, pour répondre aux questions qu'on pourrait « lui faire ; et il le pouvait d'autant mieux qu'il coopérait depuis « quelques années à son travail. Vantelet partit pour Andrinople, « accompagné du premier secrétaire de l'ambassadeur. Admis à « l'audience du grand-visir, ce ministre lui dit qu'il eût à déchif- « fier à l'instant la dépêche que son père écrivait à Venise. Van-
de Bavière, pour l'obliger à prendre les armes. Sa Majesté crut nécessaire pour ce sujet de lui envoyer une personne de la première qualité et de le toucher par l'espérance d'une prompte conclusion du mariage.
Le cardinal d'Estrées se trouvoit alors à Turin, où, sous le prétexte de passer à Rome, Sa Majesté l'avoit arrêté pour entrer en négociation avec la duchesse de Savoye sur quelques vues d'une guerre
« telet répondit que son père n'avait point d'ordre à recevoir de la « Porte, et que les secrets du roi son maître ne pouvaient être « divulgués. Kupreli répondit que tous ceux qui avaient des intel- « ligences avec les -ennemis de son maître s'exposaient à être « traités comme ses ennemis, et il pressa de nouveau Vantelet de « déchiffrer la dépêche interceptée. Celui-ci crut éluder en disant « qu'il n'avait pas le chiffre; alors le grand-visir ordonna qu'on fît « entrer le secrétaire de l'ambassade de France , qui était dans « l'antichambre. Dès que Vantelet le vit entrer, il lui défendit tout « haut de faire ce qu'on allait exiger de lui. Le grand-visir, furieux, « ordonna aux chiaoux présents de le frapper et de le traîner dans « un cachot; ce qu'ils exécutèrent avec tant de brutalité qu'ils lui « cassèrent une dent. ... A la nouvelle de ces excès, Louis XIV « voulait envoyer une armée contre les Turcs. . . . Cependant la « Porte, qui ne voulait pas se brouiller avec la France, y envoya « un chiaoux. . . . La Cour de France exigea, comme une satisfac- « tion, que Vantelet, si cruellement maltraité, remplaçât son père « dans l'ambassade de Constantinople, afin de compenser, par les « honneurs qu'on serait forcé de lui rendre, les outrages qu'il « avait reçu?. » (Flassan, Histoire de la diplomatie, t. m. p. 208 et suiv. )
dans le Milanez. Personne ne lui parut plus cligne d'une telle confiance, et plus capable d'en faire réussir la négociation. Elle lui envoya ses instructions, par lesquelles il devoit inviter l'Electeur à se déclarer hautement pour le parti de la paix de l'Empire, et pour la conservation des traités de Westphalie, sur les assurances que le roy étoit prêt de retirer ses armes de l'Empire, lorsque l'Empereur et l'Empire cesseroient de faire agir les leurs contre la France, et en faveur de ses ennemis. Il étoit invité à joindre ses troupes à l'armée du roy ; et pour faciliter cette jonction dans le lieu dont on seroit convenu, le maréchal de Crequy devoit s'avancer au delà du Rhin.
Le cardinal d'Estrées avoit pouvoir de convenir des assistances et des moyens que le prince pouvoit demander pour être plus en état d'agir. Mais pour le toucher par le plus grand de tous ses intérêts, il pouvoit attacher la conclusion présente du mariage de monseigneur le Dauphin à la déclaration et à l'action de l'Électeur
La difficulté qui restait à l'envoy du cardinal d'Estrées étoit celle du passage. Les troupes de l'Empereur étoient toutes en quartier dans la Souabe et dans le Tyrol ; et comme il ne pouvoit aller à Munick sans toucher ces provinces, on ne
pouvoit douter qu'il n'y fût arrêté, s'il y étoit connu. Ainsi, le seul moyen d'assurer sa marche, étoit de la cacher sous un extrême secret : il eut ordre de feindre la continuation de son voyage à Rome. Il fit embarquer sur le Pô une partie de sa maison, comme pour aller à Venise ; et n'ayant gardé de ses domestiques qu'un petit nombre qu'il devoit mener avec lui, il partit de Turin et feignit de prendre la route de Verceil ; mais il retourna tout d'un coup, et ayant pris le chemin du Mont- Cenis et de la Savoye, il entra par cette province dans la Suisse. Leroy avoit trouvé bon qu'il confiât son voyage à la duchesse de Savoye, qui pouvoit beaucoup pour le lui faciliter. En effet, elle lui donna pour guide un de ses officiers, qui avoit été plusieurs fois en Bavière. Il communiqua son passage à Gravel, ambassadeur du roy en Suisse, lorsqu'il fut proche de Soleure, et en prit quelques avis pour la sûreté de sa marche, ayant traversé la Suisse avec une extrême fatigue dans le fort de Fhyver et dans des pays très -rudes. Il passa au milieu des quartiers de l'Empereur, toujours sous le nom d'un abbé piémontois, et arriva le dernier jour de l'année à Munick, lorsque toutes les nouvelles publiques le disoient parti de Turin pour aller à Rome.
Il y trouva l'Électeur dans ses dispositions accoutumées, et il les réchauffa encore par l'espérance d'une prompte conclusion de l'affaire du monde qu'il avoit plus de droit de désirer. Il ne signa point toutefois de traité avec lui pour l'obliger à entrer ouvertement en guerre : ce qu'il en tira seulement fut une parole précise, qu'en cas, que l'armée du roy passât le Rhin et entrât dans la Souabe, il se mettroit en état de la joindre et en concerteroit alors les moyens. Ainsi il ne fut point besoin de stipuler un nouvel engagement pour le mariage; et le cardinal ménagea les choses de telle sorte qu'en maintenant les conditions que Sa Majesté pouvoit presque désirer, il la laissa libre d'en avancer oud'en retarder la conclusion, selon qu'elle le jugeroit à propos.
Mais ces mesures cessèrent bientôt d'être nécessaires. Le commencement de l'année 1678, qui fut signalée par la prise de Gand et d'Ypres, obligea les Hollandois à recevoir les conditions de paix que Sa Majesté voulut leur offrir. L'Espagne traita la même année, et comme l'Empereur et l'Empire ne pouvoient éviter d'embrasser le même parti , l'Électeur de Bavière témoigna un grand désir d'avoir part à la médiation. Il agit pour ce sujet par ses ministres à Aienne et à Ratisbonne; et le
roy lui laissait avec plaisir l'honneur qu'il recherchent d'être admis dans un si grand ouvrage.
Mais dans le temps que l'Empereur témoignoit admettre son entremise, ses ambassadeurs conclurent suivant ses ordres à Nimègue. L'Électeur demandoit qu'il fût fait mention dans le traité des soins qu'il avoit donnés pour avancer la négociation de la paix. Il s'y attachoit d'autant plus que l'Empereur avoit témoigné agréer qu'elle se traitât par lui, afin d'éviter les longueurs de Nimègue, et le roy y avoit donné les mains. Même pour lui marquer davantage sa confiance, Sa Majesté avoit envoyé un plein pouvoir au cardinal d'Estrées pour signer la paix avec l'Empereur en son nom. Mais la Cour de Vienne lui refusa cette satisfaction ; et les ambassadeurs de l'Empereur déclarèrent à Nimègue qu'ils n'avoient point d'ordre de faire mention dans le traité de ce qui avoit été négocié à Munick. Le cardinal d'Estrées désiroit d'autant plus qu'il en fût parlé qu'une négociation si importante, et le plein pouvoir qu'il avoit reçu, rendoient plus honorables son voyage et son séjour en Bavière.
Telle fut la conduite de l'Électeur dans tout le cours de la guerre, plus haute et plus ferme qu'il n'y avoit lieu de l'attendre, ce semble, d'un esprit
aussi timide que le sien, et aussi plein de l'appréhension de s'attirer des affaires. Il a été le seul des prinees d'Allemagne qui se soit défendu de fournir sa quote-part dans l'armée que l'Empire avoit levée contre la France. Nuls quartiers n'ont jamais été pris dans son pays; et il s'est acquis la gloire d'avoir conservé ses États dans une entière indépendance, lorsque l'Empereur usurpoit une autorité presque absolue dans le reste de l'Empire.
Ses ministres portèrent toujours, dans la diète de Ratisbonnc, ses avis conformes aux sentiments de Sa Majesté. Il entra dans un traité d'alliance avec la Suède ; et si les armes de cette couronne eussent été plus heureuses, il n'eut pas été impossible de lui faire prendre des mesures plus étroites avec elle pour le repos de l'Empire.
L'Electeur de Saxe avoit gardé beaucoup de correspondance avec lui, et témoignoit déférer beaucoup à ses conseils; aussi rechercha-t-il de rentrer par son entremise dans l'alliance du Roy. Il s'en étoit éloigné dans les premières années de cette guerre, lorsqu'il avoit traité avec l'Empereur; qu'il lui avoit donné deux régiments d'infanterie et qu'il avoit fait passer le prince Électoral, son fils, dans son armée, avec le commandement des troupes du cercle de la Haute-Saxe Ses ministres qu'il tint
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longtemps à Munick, négocièrent avec La Haye, et ensuite avec le cardinal d'Estrées ; mais comme le premier prétendoit quelque argent, et que Sa Majesté croyoit peu utile de lui en donner, la négociation languit, et dura jusqu'à la conclusion de la paix avec l'Empire.
L'Electeur de Bavière mourut la même année qu'elle fut signée à Nimègue. Une apoplexie l'emporta en une heure dans le mois d'août 1679 (1), dans une maison de campagne à deux lieues de Munick. Il laissoit deux fils : le prince Électoral Maximilien-Marie étoit âgé de dix-sept ans ; le prince Joseph-Clément (2), de sept à huit seulement. La princesse (3) , qui est aujourd'hui madame la Dauphine, étoit née sur la fin de 1660, et la princesse sa jeune sœur n'avoit que huit à neuf ans (4).
Dans le temps même de la mort de ce prince, le roy avoit pris une résolution arrêtée de marier incessamment monseigneur le Dauphin, qui achevoit
(1) Ce prince mourut le 27 mai, d'après Moréri. (Voy. Dictionnaire, t. il, p. 205.)
(2) Le prince Joseph-Clément devint archevêque et l'Électeur de Cologne, malgré Louis XIV, qui favorisait le prince Guillaume de Furstenberg.
(3) Marie-Anne- Victoire, née le 18 novembre 1660.
(4) Yolande-Béatrix de Bavière, née le 23 janvier 1673, mariée le %\ novembre 1688 à Ferdinand de Médicis, prince de Toscane.
sa dix-huitième année; mais Sa Majesté étoit encore incertaine sur le choix d'une belle-fille. De toutes les princesses qu'elle pouvoit élever à cet honneur, il ne se présentent presque que Mademoiselle, qui fut incontinent après reine d'Espagne, et la princesse de Bavière, en âge d'en espérer bientôt des enfants, ce que Sa Majesté et son Etat avoient tant de sujet de désirer. L'archiduchesse, fille de l'Empereur, étoit seulement dans sa onzième année. Il y avoit une princesse à Florence, et une à Parme ; la première fort belle, âgée seulement de douze ans, la deuxième de treize à quatorze. Il y en avoit quelques autres en Allemagne dans la maison de Saxe-Gotha, mais luthériennes; et encore une, fort jeune , dans la maison de Neubourg. Ainsi les partis sur lesquels le roy pouvoit jeter les yeux, se réduisoient à Mademoiselle (i) et à la princesse de Bavière.
Outre l'engagement qui étoit pris depuis longtemps, tout convenoit dans cette dernière. L'honneur que recevoit l'Electeur de Bavière d'une si grande alliance, et qu'il avoit si ardemment
(4) Marie-Louise d'Orléans, fille de Philippe de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIV, épousa Charles II, roi d'Espagne, en 1679, et mourut sans postérité en 1089.
souhaitée, achevoit de l'attacher inviolablement à la France, et mettoit à la tête du parti, qui pouvoit servir le roy en Allemagne, un des plus puissants princes de l'Empire. Il paroissoit même lui pouvoir être plus utile depuis que Fribourg, qui demeuroit à la France par la paix, s'approchoit plus près de la Souabe, où l'Electeur a des terres considérables et qui joignent la Bavière.
Ces raisons étoient fortifiées du péril de mécontenter ce prince, en lui manquant de parole. C'étoit le jeter par un juste ressentiment dans le parti de l'Empereur, grossir les alliances de la maison d'Autriche de la perte de celles de la France, et lui donner un allié puissamment armé, tel que l'électeur Maximilien l'auroit été avec tant de succès dans les premières guerres et tel que celui-ci l'auroit paru dans ces dernières. Mais ces considérations étoient combattues dans l'esprit du roy par la peine de faire entrer dans sa maison une princesse sans beauté.
Les portraits que le bruit public avoit faits de sa personne ne lui étoient pas avantageux , et avoient peut-être été répandus à dessein par ceux qui n 'avoient pas souhaité cette alliance. Ceux qui l'avoienl vue, tels que le duc de Vitry, le chevalier de Feuquière qui y avoit été envoyé pour faire
compliment sur la mort de l'Electrice, le cardinal d'Estrées qui en étoit de retour, La Vauguion , qui y avoit été faire compliment au jeune Électeur sur la mort de son père, et La Haye , par ses dépêches, en avoient parlé avantageusement. Tous convenoient qu'elle ne se pouvoit pas dire belle, mais tous assuroient qu'elle n'avoit rien de choquant, que la taille, la gorge et les mains en étoient belles, et que sa bonne mine et sa taille réparoient ce qu'elle avoit peut-être de moins beau dans le visage. Non-seulement eux, mais la réputation générale , convenoient qu'il ne se pouvoit rien ajouter à l'étendue, à l'agrément de son esprit, à la douceur de son humeur et à je ne sais quel charme dans toutes ses manières (i).
Ces qualités comme les plus essentielles touchoient extrêmement le roy, mais comme il s'é-
(I) « Madame de Main tenon mande au roi que sa personne est « aimable ; sa taille parfaite, sa gorge, ses bras et ses mains, et « que, parmi cette envie de dire toujours tout ce qui peut plaire, « il y a bien de l'esprit et de la dignité. » (Sévigné, Lettre du '28 février 4660.)
« Régulièrement laide, les joues pendantes, le front trop avancé, * un nez qui ne disoit rien , de grosses lèvres mordantes , des « cheveux et des sourcils châtain brun fort bien plantés, des yeux « les plus parlants et les plus beaux du monde, peu de dents et « toutes pourries dont elle parloit et se moquoit la première, le « plus beau teint et la plus belle peau, peu de gorge, mais admi-
BAVIERE. lo\
toit toujours arrêté par celles de la personne , il voulut s'en éclaircir en secret par un homme en qui il eut confiance. Il jeta les yeux pour un choix si avantageux sur Chanley. Sans que personne s'aperçût de son départ de la cour, il fit le voyage par les Suisses, arriva à Munick, et y fit assez de séjour pour y voir souvent la princesse, sans être connu de La Haye.
Dans tout le temps que dura l'incertitude de se déterminer en faveur de la princesse de Bavière, Sa Majesté balança souvent sur le choix de mademoiselle. La personne, l'âge, tout lui en convenoit ; et il y eut des moments où l'on pouvoit douter s'il ne déciderait point pour elle. Cette considération fit même que Sa Majesté fut très-longtemps à rendre réponse à l'ambassadeur d'Espagne sur la demande qu'il lui en avoit faite ; et elle voulut couler
« rable, le cou long avec un soupçon de goitre qui ne lui seyoit « point mal , un port de tête galant , gracieux , majestueux et le « regard de même, le sourire le plus expressif, une taille longue. « ronde, menue, aisée, parfaitement coupée, une marche de déesse « sur les nuées ; elle plaisoit au dernier point. Les grâces naissoient « d'elles-mêmes de tous ses pas, de toutes ses manières et de ses « discours les plus communs. Un air simple et naturel toujours, « naïf assez souvent , mais assaisonné d'esprit, charmoit, avec « cette aisance qui étoit en elle, jusqu'à la communiquer à tout ce « qui l'approchoit. » (Saint-Simon, Mémoires, t. x, p. 83.)
le temps jusqu'à ce que Chanley fût de retour auprès d'elle. Sa relation ne fut pas avantageuse à la princesse pour la beauté du visage ; elle le fut sur tout le reste, et laissa Sa Majesté dans sa première irrésolution.
Mais l'humeur de Mademoiselle, dont Sa Majesté ne fut pas satisfaite, la détermina tout à fait à ne la point vouloir pour son fds ; et ce fut alors qu'il rendit la réponse que l'ambassadeur d'Espagne attendoit et souhaitoit depuis si longtemps (i).
Sa Majesté continua dans le dessein de faire examiner les autres princesses qui pouvoient être en âge d'épouser monseigneur le Dauphin ; et elle avoit résolu d'envoyer Chanley (2) dans la cour de
(1) La Gazette de 1679 (p. 437 à 448) raconte longuement les cérémonies du mariage. Le prince de Conti épousa Mademoiselle, comme procureur du roi d'Espagne.
(2) « Chamlay étoit un fort gros homme , blond et court , l'air « grossier et paysan, même rustre, et l'étoitde naissance, avec de « l'esprit, 'de la politesse, un grand et respectueux savoir-vivre « avec tout le monde, bon, doux , affable, obligeant , désintéressé, « avec un grand sens et un talent unique à connaître le pays. . . . « M. de Turenne, qui l'avoit fort vanté au roi, l'en avoit fait « connoître. ... Sa capacité, jointe à sa probité et à la facilité « de son travail, de ses expédients, de ses ressources, le mirent « de tout avec le roi , qui l'employa même en des négociations « secrètes et en des voyages inconnus. » ( Saint-Simon , Mémoires, t. xh, p. 421.)
Florence et dans celle de Parme, aussi inconnu qu'il avoit été à Munick. Mais comme elle étoit touchée tous les jours de plus en plus du juste désir d'assurer bientôt sa succession par le mariage de monseigneur le Dauphin ; qu'elle trouvoit dans la princesse de Bavière toutes les qualités de l'humeur et de l'esprit qu'elle pou voit désirer, et celles, ainsi qu'elle disoit quelquefois, qui convenoient à un beau-père, elle se détermina tout d'un coup en sa faveur.
Elle voulut toutefois en sçavoir auparavant le sentiment de monseigneur le Dauphin ; et lui ayant exposé l'intérêt qu'il avoit de le marier bientôt pour le bien de son État et pour sa satisfaction particulière, elle lui demanda quel seroit son choix entre une princesse moins belle, mais de beaucoup d'esprit et de vertu, telle que la princesse de Bavière, et une plus belle, mais plus jeune, et en qui on ne pouvoit pas s'assurer encore de toutes ces qualités. Monseigneur le Dauphin s'arrêta à la première; et s'accordant en cela au sentiment du roy, Sa Majesté ne songea plus qu'à avancer la conclusion d'une affaire qu'elle affection noit si fort.
Mais parce qu'elle vouloit attacher l'Électeur de Bavière par plus d'un lien dans ses intérêts, et
qu'elle étoit aussi bien aise d'obliger Monsieur, en mariant avantageusement mademoiselle de Valois (i), sa seconde fille, elle prit la pensée de joindre le mariage du jeune Électeur de Bavière avec cette princesse, à celui de la princesse sa sœur avec monseigneur le Dauphin.
Comme ce prince ne pouvoit aspirer à une plus grande alliance, et qu'il ne pouvoit assez répondre à l'honneur qu'il recevoit de celle de monseigneur le Dauphin, toute l'apparence étoit qu'il embrasseroit ce parti avec joye ; et l'on n'en auroit pu douter, si le mariage de monseigneur le Dauphin se fût fait du vivant de feu l'Électeur, son père. Mais comme il entroit à peine, lors de sa mort, dans sa dix-huitième année, et que selon les lois de l'Empire, il la devoit avoir accomplie avant que de gouverner ses États, l'administration , selon les mêmes lois, en étoit tombée jusqu'à sa majorité entre les mains du prince Maximilien , son oncle.
Ce prince avoit toujours vécu fort éloigné des affaires durant la vie de l'Électeur son frère ; et les
(4) Anne-Marie d'Orléans. Elle fat mariée, le 4 0 avril 4684, à Victor-Amédée , roi de Sardaigne. ( Voy. Moréri , Dictionnaire, t. vin, p. 4 40.)
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simples apparences de bienséance ôtées, il n'y avoit amitié ni intelligence entre eux. Il avoit épousé une sœur du duc de Bouillon ; et bien que par cette alliance il eût marqué quelque inclination pour la France, l'opposition de sentiments qui étoit en toutes choses entre lui et l'Électeur, sembloit le porter à affectionner davantage les intérêts de la maison d'Autriche. Il parut même en donner une marque dès le commencement de son administration : il fit entrer deux nouveaux conseillers dans le conseil d'État , dont l'un avoit servi longtemps à Vienne, et l'autre dans la diète de Ratisbonne , où tous deux avoient fait paroître des dispositions peu favorables pour la France. Le chancelier Schmit, qui avoit eu la principale part aux affaires du vivant de l'Électeur, ne trouva pas la même créance auprès de lui ; et cette cour prit à notre égard, sous ce nouveau gouvernement , une face différente de celle qu'elle avoit eue jusques alors. Aussi fit-elle juger à Sa Majesté que la proposition du mariage de mademoiselle de Valois y pourroit recevoir quelque difficulté , et que pour la faire réussir, on devoit en faire en quelque sorte une condition de celui de monseigneur le Dauphin.
Sa Majesté crut pour ce sujet qu'avant de se
déclarer tout à fait de son intention, elle en devoit faire faire la proposition. Colbert (i) fut choisi pour cette négociation et fut envoyé en Bavière. L'instruction que le roy lui fit donner, et qu'il reçut de mes mains, portoit qu'il s'ouvrît à l'administrateur de l'honneur que le roy vouloit faire à sa maison, et que pour en rendre l'alliance plus étroite , Sa Majesté désiroit convenir en même temps du mariage de l'Électeur avec mademoiselle de Valois, lorsqu'elle seroit en âge.
Si, comme on le soupconnoit, ce prince se défendoit d'entrer dans cet engagement, et qu'il s'excusât sur la minorité de son neveu et sur son administration qui ne devoit durer que peu de mois, il lui devoit faire appréhender qu'il ne passât jusqu'à Vienne, où l'Empereur souhaitoit beaucoup plus qu'il ne l'espéroit le mariage de l'archiduchesse sa fille avec monseigneur le Dauphin.
Colbert avoit ordre de prendre une confiance principale au chancelier Schmit, et comme la princesse avoit beaucoup de crédit sur l'esprit de l'Électeur, son frère, et qu'elle étoit particulièrement honorée et respectée dans cette Cour , l'on ne doutoit pas qu'elle n'employât toute son autorité
(1) Colbert de Croissy. „
et toute son adresse pour faire réussir un mariage dont le sien sembloit dépendre.
Les choses étoient en cet état lorsque ma mauvaise fortune, ou les mauvais offices qui m'avoient été rendus, m'éloignèrent d'auprès de Sa Majesté. J'ai sçu depuis que le duc Maximilien ne trompa pas l'opinion qu'on en avoiteue. Il tint ferme à ne point engager, durant son administration, le mariage de l'Electeur son neveu, et refusa de promettre par un traité, que lorsqu'il seroit majeur, il ne s'allieroit que dans une maison qui seroit agréable à la France.
Comme ce point ne put être gagné sur lui, le roy abandonna la demande qu'il en avoit faite et se renferma au seul mariage de la princesse. Le duc de Crequy fut envoyé pour porter les présents et les pouvoirs de Sa Majesté, de la reine et de monseigneur le Dauphin. Le mariage se fit à Munick sur la fin de l'année 1679. L'Électeur épousa la princesse, sa sœur, comme procureur de monseigneur le Dauphin. Madame la Dauphine partit incontinent après : l'Electeur la fit conduire avec beaucoup de grandeur et de magnificence jusqu'en Alsace, où la maison que le roy lui avoit fait préparer, l'attendoit. Sa Majesté s'avança au mois de mars 1680 jusqu'à Clialons. Monseigneur le Dau*
phin et madame la Dauphine y reçurent par les mains du cardinal de Bouillon, grand aumônier, la bénédiction nuptiale, et consommèrent leur mariage.
L'on ne peut dire encore quelle sera l'inclination de l'Électeur de Bavière. Selon les apparences, ri doit être porté pour la France, et parce qu'il a été nourri dans ces sentiments par l'Électeur son père, et par l'Électrice sa mère, et parce que l'honneur qu'il a d'être allié si proche de Sa Majesté, doit produire son attachement pour elle. L'on peut craindre toutefois que le duc Maximilien ne lui ait inspiré d'autres pensées dans le temps de son administration. Il semble même que l'on le flatte du mariage de l'archiduchesse (i); et comme l'Empereur n'a jusqu'ici qu'un fils, et qu'il a peine à élever ses enfants, on lui peut faire envisager la succession des pays héréditaires, outre la prétention qu'il a déjà sur la Bohême.
Cet intérêt peut être assez grand pour le toucher, et i! est aisé que son conseil, qui favorise la maison d'Autriche, lui fasse voir cette ( spérance préférable
I Marie-Anne , fille de l'Empereur Leopold. Cette union fut célébrée ie -15 juillet 1685. De\enu veuf en 4692, l'Électeur Maximilien II épousa Thérese-Cunégonde Sobieski, fille de Jean III, roi de Pologne.
BAVIÈRE. j>;S9
au seul honneur qui lui reviendroit du mariage de mademoiselle de Valois. L'on peut croire même que l'on ne s'éloigneroit pas de cette alliance à Vienne, dans la vue de s'attacher le premier des Électeurs séculiers, puissant par l'étendue et la situation de ses États.
Ce n'est pas que leur voisinage, avec les pays héréditaires, n'ait fait entre eux une jalousie naturelle. L'Électeur Maximilien n'avoit rien recommandé davantage à son fils, que de se défier de la maison d'Autriche, comme capable de s'opposer toujours à son élévation et à sa grandeur. Aussi cette maison, toujours pleine de la vue et du désir de conserver l'Empire, ne doit rien craindre davantage que l'Électeur de Bavière. Il se trouve seul, et par la religion, et par la considération de ses États, en état d'y aspirer ; et l'expérience a fait voir en 1657 que la volonté et la résolution manquèrent seulement à l'Électeur pour s'élever à cette dignité (1).
(1) Ce que n'avait point osé l'Électeur Ferdinand-Marie, en '1657, fut tenté, mais en vain, dans des circonstances moins heureuses, par son petit-fils Charles-Albert. Ce prince se fit couronner Empereur à Francfort, en 1742, sous le nom de Charles VII ; mais vaincu par les troupes autrichiennes, il se vit forcé de renoncer à l'Empire et d'abandonner la Bavière à ses ennemis. Le traité de paix de Fussen la rendit à son fils Maximilien HT.
£60 BAVÏERK.
Ainsi l'intérêt de ce prince sera toujours de se tirer de la dépendance de l'Empereur, et de se faire des alliances capables de le défendre contre ce qu'il pourroit entreprendre. Il en a beaucoup en Allemagne , où il est encore considérable par l'Electorat de Cologne qui est depuis longtemps dans sa maison.
Le roy a voit employé fortement ses offices auprès de feu l'Electeur, pour l'inviter à disposer l'Electeur de Cologne à recevoir l'évêque de Strasbourg pour coadjuteur. D'abord il y avoit donné les mains ; mais l'Électeur de Cologne ne s'y rendit pas facile, et les prétentions du prince de Neubourg pour la même dignité ont depuis porté la chose en de fort grandes longueurs. Ilsembloit que ce prince fût bien aise des difficultés, qui donnoicnt le temps de croître au jeune prince son fils et qu'il ne désespérât de conserver en sa personne cet Électorat dans sa maison (i).
L'Electorat et le Haut-Palatinat dont l'Électeur de Bavière a dépouillé l'Électeur Palatin, ne sont pas le seul sujet de haine qui ne mourra jamais entre eux. Ils en ont un autre sur la prétention
(f Ses espérances se réalisèrent, comme nous l'avons dit dans une note à l'article Cologne (p. 220).
qu'ils conservent tous deux pour le Vicariat de l'Empire, dont la fonction est considérable, lorsque l'Empire est vacant. Cette charge étoit de tout temps attachée à la maison Palatine. l'Electeur de Bavière prétend qu'elle est passée entre ses mains avec l'Électorat : l'Électeur Palatin soutient qu'elle lui est demeurée comme unie à sa branche et non à sa qualité d'Électeur. Cette affaire a causé déjà diverses contestations dans les diètes et n'est point encore terminée.