‹ Mémoires du prince Pierre Dolgoroukow (volume 2)Chapitre 11 sur 39 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

SOMMAIRE : Agitation an palais apr^s la mort de Pierre II. ^ Le conseil intime suprême. — » Le prince Dmitri Galitsyne parvient à faire décider l'élection de la dachesse de Courlande et la limitation du pouvoir impérial, — Béunion du ghéné" ralitett, — Liste de ces fonctionnaires en 1730 (tirée des papiers de M. Earabanow). — Les membres du conseil suprême rédigent un projet oligarchique, et l'envoient à la duchesse. — Irritation générale et fort légitime. — Les divers partis; négociations entre eux. — Projet Saltykow-Tatistchew. — Retour de Léontiew à Moscou. — Les euprêmiers se croient sûrs de la victoire. — Leur refàs d'accepter le projet Tatistchew et mêmenn auti*e, bien plus modéré encore. — Indignation générale. — Les suprêmiers offrent des concessions insuffisantes. — Arrivée de l'impératrice à Moscou* — UUe est tenue en charte privée par le prince Basile Loukitch Do)gotx>ttkow; néanmoins^ ses partisans trouTent le moyen de correspondre avec elle. -- Mesures prises par la noblesse. — Journée du 25 février; péripéties snéceasives et dâiooement ciftnpld^ent inattendiL — Restauration du pouvoir absolu.

Pierre II avait rendu le* dernier soupir à une heure et démîie fa matin, le lundi 19 janvier vieux style. Plusieurs d'entre les principaux personnages avaient passé toute la nuit au palais; d'autres y avaient eu des messagers tout prêts à leur porter la grande nouvelle. Vers cinq heures du matin il y avait déjà beaucoup de monde au palais.

Le prince Ivan avait commencé par produire le faux testament de Pierre II, et avait rencontré une opposition universelle. — Le conseil intime suprême se retira dans une chambre pour délibérer sur ce qu'il y avait à faire dans la situation des choses.

Ce conseil intime suprême se composait de six membres, généralement appelés suprêmiers (verhovnikt); c'étaient : le chancelier Golovkine, le vice-chancelier Ostermann, le prince Dmitri Galitsyne et trois Dolgoroukow : Basile Loukitch, Alexis, le père du favori, et Michel, frère du maréchal. Ostermann resta auprès du cadavre impérial, en fil faire la toilette en sa présence, le fit placer dans un cercueil et exposer dansj^une des salles du palais, pendant que Golovkine, Galitsyne et Basile Loukitch Dolgoroukow se réunissaient en séance (Alexis et Michel Dolgoroukow ne se trouvant point an palais). Ils invitèrent le

vieux maréchal Dolgoroakow, qai avait passé la nuit au palais, à venir prendre séance au conseil suprême, et envoyèrent la même invitation au maréchal Galitsyne, lequel avait passé la nuit à son hôtel. Ces deux maréchaux étaient lieutenants-colonels : Dolgoroukow du premier régiment des gardes, celui de Préobrajenski ; Galitsyne, dtt deuxième régiment des gardes, celui de Sémênovski, et le concours de tous les deux était indispensable au gouvernement nouveau.

Les suprêmiers firent chercher Ostermann, lequel vint pour un instant; avec sa finesse habituelle, il leur déclara qu'à titre d'étranger, il ne croyait point devoir prendre part à une discussion oCi Ton allait disposer de la couronne de Russie, et qu'il se rangerait de Favis de ia majorité; ceci dit, il s'en alla pour retourner à ses occupations auprès du cadavre impérial.

Les suprômiers se trouvaient placés autour d'une grande table, sous la présidence du vieux chancelier, tremblant et craignant de prendre un parti quelconque. Basile Stépanow, secrétaire du conseil, tenait la plume pour le protocole. — Je vais transcrire cette mémorable séance d'après une note trouvée dans les papiers de mon aïeul, et rédigée par lui sur les renseignemens à lui transmis par lé prince Dolgoroukow de ia Crimée, neveu du maréchal.

Le chancelier toussait et arguait d'une extinetion de voix ; le prince Dmitri Galitsyne prit la parole : « La lignée mâle de la famille impé- »riale, disait-il, vient de s'éteindre; avec elle s'éteint la descendance » légitime de l'empereur Rerre I. Il n'y a point à penser aux bâtards de » Pierre (nétchéko doumatt ô Pétrovskih vybliadkah). Le testament de » Catherine ne saurait avoir aucune valeur pour nous ; celte fille tirée »de la boue {dievka^ iz griazi vytastchennaïa) n'avait aucun droit de

• s'asseoir sûr le trône, et encore moins celui de disposer de la cou- » ronne de Russie. Le testament du feu empereur, dont je viens d'en- » tendre parler, est faux »

Le prince Basile Loukiteh voulut l'interrompre, mais le maréchal Dolgoroukow lui imposant silence d'un geste vif, s'écria avec un ton d'énergie et de conviction : «oui, ce testament est faux; d'ailleurs,

• personne n'a le droit de montef sur le trône, lorsqu'il existe encore n des princesses (jenskiié tchlény) de la famille impériale. Ce qu'il y » aurait de plus juste et de plus sage, serait d'élire la czarine Eudoxio » Fédorovna < (le maréchal était un acni intime de cette princesse, pour la cause du fils de laquelle il avait tant souffert).

Galitsyne reprit : « Je rends toute justice aux vertus de la czarine-

• douairière, mais elle n'est qu'une veuve de souverain; il y a des

• filles de czar, les trois filles du czar Ivan. L'élection de l'aînée, Cathe-

• rine Ivanovna, entraînerait des embarras; elle-même est une bonne

• personne, mais son mari, le duc de Mecklembourg, est méchant et > fou. Maïs il y a Anna Ivanovna, la duchesse de Courlande, c'est une

«femme d'esprit 5 elle. est d'un caractère difficile» il est Trai,.inais » en Courlande l'on ne se plaint point d'elle. »

« Vous avez raison, » dit Basile Loukiteh, lequel, lors de sa jmission diplomatique à Mittau, s'ètant trouvé être pendant plusieurs^ semaines l'amant de la duchesse, se flattait de le redevenir, de reprendre son ascendant sur elle e\ de la dc^niner. « Seulement, continua Galitsypey » quel que s<>it votre choix, nous devons rendre le gouvernement plus » doux {sehé poléhtchite),^ — «Comrawit cela? » demanda le chancelier. — « Le rendre plus doux, en bous donnant plus de liberté » (taky polehtchile^ Bchiohy volt sebé pribavit\ répondit Galitsyne. — « Noos commenceronâ » par nous donner la liberté, mais nous ne saurons point la conserver » Qiot i zatchnëm éto, no tié ouderjim)^ dit Basile LpuKitch. — « Non> nous » le saurons » (niepratoda, ouderjim), s'écria Galitsyne. — L'on décida d'élire la duchesse de Courlande, en posant des limites au pouvoir impérial, et l'on sortit de la chambre pour se rendre dans la grande sallô du palais, y annoncer cette immense nouvelle aux personnes qui s'y trouvaient réunies. La grande majorité approuva avec enthousiasme le projet de limiter le pouvoir impérial; les étrangers et les Allemands froncèrent les sourcils : l'archevêque de Novgorod, le célèbre Féofane^ ayant rappelé aux suprêmiers l'existence du testament de Catherine I au profrt du petit prince de Holstein et de sa tante Elisabeth, reçut du prince Dmitri Galitsyne cette dure réponse : « nous ne voulons point de » ces bâtards » (né hotim étih vybliadkov}.

L'on invita les personnes présentes à se réunir au palais vers neuf heures du matin, et la même invitation fut adressée, par envoi d^exprès, à tout le ghénéralitet présent à Moscou ce jour-là, c'est-à-dire . à toutes les personnes ayant rang de la quatrième classe au moins. De nos jours ces rangs, devenus ridicules^ sont tombés dans la boue;, mais en 1730, et encore longtemps après, ils avaient conservé toute la considération et la grande importance que Pierre I avait tenu à leur attribuer, afin de pouvoir s'en servir comme d'une arme, pour arriver à briser rinfluence de la vieille noblesse, hostile en majorité aux réformes da terrible empereur, réformes durement accomplies, mais si nécessaires et si utiles. Aussi, je crois devoir placer ici une liste du ghénéralitet de 1730, trouvée dans les papiers de M. Karabanow, avec cette annotation de sa main : plusieurs d'entre eux se trouvaient retenus^ par leurs fonctions, loin de Moscou, mais- tous ceux gui se trouvaient dans la vieille capitale ont pris une party plus (m moins considérable^ aux pourparlers et aux intrigues de 1730. L'annonce du mariage de r^mpereur pour le 19 janvier avait attiré^ dans la capitale, wie grande affluence de nobles riches et haut placés.

En parcourant cette liste, il est aisé de se convaincre de la portée immense de la réforme sociale, opérée par la main rude, mais $i intelligente, de Pierre I: les noms des hommes nouveaux, des Allemands,

ées étraagers forment une partie considérable de cette liste. L'élément Bvonien et étranger occupe un cinquième des hauts grades civils, un tiers dans Tarrnée et les deux tiers dans la flotte. Il faut avouer qaê personne en Russie, quarante années auparavant, n'aurait pu prévoir ravénement aux fonctions élevées de Tétai: d'un personnel aussi international, et cela seul prouve la profondeur des racines poussées, dans le sol du pays, par les réformes de Pierre L

Chancelier de l'empire : comte Gabriel Ivanovitch GroJovkine, président du collège des affaires étrangères, membre du conseil intime suprême.

Maréchaux en activité de service ; prince Michel Mihaïlovitch Gaiitsyne Faîne; prince Basile Vladimirovilch Dolgoroukow; prince Ivan louriévitch Troubetskoy.

Maréchaux retirés du service : Jean Sapièha, polonais (il était retourné en Pologne); comte Jacques Vilimovitch Brucei, d'une famille écossaise proscrite pour la cause jacobite.

Généraux en chef ; Jean-Bernard de Weisbach, depuis comte, d^une famiUe originaire de la Bohème; Hermann-Jean de Bohn, allemand; Pierre Pètrovitch Lascy, gouverneur-général des provinces baltiques^ depuis maréchal et comte, irlandais proscrit pour la cause jacobite; Michel Afanassiévitch Matiouchkine, neveu-germain du czar Alexis; comte de Munich, oldenbourgeois, grand-maître de l'artillerie, directeurgénéral des forlîfications et des voies fluviales, gouverneur-général d^ Pétersbourg, vice-président du collège de la guerre, qu'il présidait par intérim^ depuis maréchal; Daniel Pavlovitch ApostoII, hetman de la Petite-Russie; lagoujinski, grandyécuyer, depuis comte, d'origine polonaise; prince Ivan AJexéiévitch Dolgoroukow, grand-chambellan.

Général en chef dégradé de son ran^ et exilé à la campagne : Ivan Ivanovitch Boutourline.

Amiraux : Pierre Ivanovitch de Sievers , vice-président et président par intérim du collège de Famirauté, ancien officier de la marine danoise, d'une famille du Holstein; Thomas Gordon, écossais, d'une famille proscrite pour la cause jacobite, neveu de ce général Patrick Gordon qui avait vaincu et détruit les strélitz.

Conseillers privés actuels: comte Ivan Alexèîévîtch Moussîne-Pouchkine; prince Basile Loukitch Dolgoroukow, prince Dmitri Mihaïlovîtch Gaiitsyne; le baron, depuis comte, André Ivanovitch Ostermann, westphar lien, viee-djancelier, vice-président du collège des affaires étrangères, grand-maître de la cour et, de même que les deux précédons, membre du conseil intime suprême ; prince Ivan Fèdorovitch Romodanovski ; comte Alexandre Gavrilovitch Golovkine, ministre à La Haye, et eneore deux princes Dolgoroukow, tous les deux membres du conseil intime suprême : Alexis Grigorièvitch et Michel Vladimirovitch.

LieilténaBStgénéraux : Grégoire Pétrovitch Tcheruychew, depuis èomte^ Ivan Mihaïlovitch Goloviné; Fédor Gavrilovitch Tchékine; Staff, allemand; Ivan lacovlévitch Dapré, français; Michel lacovlévilch Volkow; Guillaume Yiiimovitch van Delden, hollandais; Ivan Uiitch Dmitriew- Mamonôw, sénateur; André Ivanôvilch Ouchakow, depuis cofhte; prince Grégoire Dmitriévitch loussoupow, sénateur; Simon Ândr^viteh Saltykow, sénateur, depuis comte; prince George louriévitch Troubetskoy; Ivan Mihaïlovitch Liharew; Basile lacovlévitch Levachow; Fédor Nicolaïévilch Balk; Christophe Urbanowiçz, polonais; de Coulon, français; Alexandre Ivanovitch Roumiantsow, depuis comte; baron de Schwerin, meckfemhourgeois; Pierre Bogdanovitch Le Fort, suisse, neveu du célèbre favori de Pierre I et cousin-germain du ministre de Saxe et de Pologne en Russie; Guillaume Henning, hollandais; Via* dimir Pétrovitch Schérémétew; Simon Grigoriévitch Narychkine; comte Othon-Gustave dé Douglas, suédois, d'une famille d'origine écossaise * ; prince Simon Fédorovitch Mestcherski et le czarévitch de Géorgie Eakar, fils aîné du czar Yahtang.

Lieutenant-général retiré du service : Gabriel Sémênovitch Kropotow.

Lieutenans - généraux dégradés de leur rang : comte Antoine Emmanouilovitcli de Vier, exilé en Sibérie par Menôhikow, en mai 1727; Alexis lacovlévitch Volkow, exilé à la campagne, en septembre 1727, après la chute de Menchikow dont il fut l'ami f.

Vice-amiraux : Daniel Wilster, anglais proscrit pour la cause jacobite; Naoume Akimovitch Séniavine ; Mathieu Izmaïlovitch Zmaïévitch , illyrien, originaire de Cattaro*.

Conseillers privés (par ordre alphabétique) : comte de Bassewitz, premier ministre du duc de Hôlstein; Pierre Mihaïlovitch Bestoujew- Rioumine, depuis comte; deux frères, princes Dolgoroukow : Serge et Ivan Grigoriévitch; deux princes Galitsyne : Michel Mihaïlovitch le jeune, sénateur, et son neveu Serge Dmitriévitch, ministre à Berlin; comte Ivan Gavrilovitch Golovkine ; Alexis Vassiliéviteh Makarow ; Fédor Vassiliéviteh Naoumow, sénateur; Ivan Nikiforovitch Pléstchéiew; Alexis Lvovitch Pléstchéiew, gouverneur de Moscou; Raçkî, polonais^

♦ Il arait pris du semce en Russie aprës la paix de Nytetadt; plus tard, en 1740, se trouvant général en chef et gouverneur d'Esthonie, il fiit expulsé de Bussie à la suite de lettres perlustrées à la poste.

f Ils furent rappelés et rétablis dans leur grade : Volkow par l'impératrice Anne; dé Vier par l'impératrice Elisabeth.

, * Promu au rang d'amiral en 1727» il avait été, Van suivant, dégradé au rang do vice^amiral et privé du cordon de Saint- Alexandre» à la suite d'un mémoire un pea vif, présenté au jeune empereur sur l'abandon incroyable dans lequel on laissait végéter la flotte russe depuis la mort de Pierre I. Cet excellent marin, passionné pour son art, et dont la véracité, la franchise se trouvaient fort mal goûtées à la cour, mourut en 1785 dans le grade de vice-amiral et dans la pauvreté, *isans que justice lui ait été' rendue! <

ffiiniâtre de Russie à Mittau; comte Sava Loukitch Yiadislavitch- Ragouzinski, illyrien; Dmitri Andréiôvitcb Scbépélew, inaréclial de la cour; Basile Pétrovitcb Stépanow, secrétaire du conseil intime suprême, et à ce tîti^e, un persomiage de grande importance ; prince Alexis MihaîloYitch Tcherkaski, sénateur.

Ck)nseiiler privé dégradé de son rang et eiilé à la campagne après la chute de son beau-frère Menchikow : Basile Mihaïlovitcb Arséniew*.

Généraux-majors (par ordre alphabétique) : Simon Alaberdéiew ; comte André Matvéiévitcb Apraxîne, grand - éclianson ; Basile Stépanovitch Araktchéiew; Ivan Ivanovitch Bahmétew; prince Ivan Fédorovitch Bariatinski; baron Bauer, livonien; Ivan Ivanovitch Bibikow; président diï collège du contrôle (révizione-kolleghio) ; Alexandre Borissovitch Boutourline, depuis maréchal et comte; les deux frères de Brigny, français; Ivan Ivanovitch de Campenhausen, livonien, depuis baron; Clappier de Collongue, français; prince Serge Mihaïlovitcb Dolgoroukow, neveu du maréchal; deux Grékow, Maxime et Etienne; prince Louis de Hesse-Hombourg ; Charles Hochmulh, allemands tous les deux; Michel Hroustchow; baron van Huyssen, hollandais; Adrien Nikiforovitch lélaghine, hofmeister; Dmitri Fédorovitch léropkine, premier commandant de place (ober-kommendanté) à Moscou ; Etienne Loukitch Ignatiew; trois Izmaïlow : Ivan Pétrovitch, hofmeister dé la czarine douairière; son neveu Léon Vassiliévitch, ancien ambassadeur en Chine, et le frère aîné de celui-ci, Pierre; Jacques Vilimovitch Keith, écossais proscrit pour la cause jacobite; Rodione Mihaïlovitcb Kochéiew, écuyer de la cour; Basile Ivanovitch Kortchmine (auquel Vassili-Ostrow est redevable de son nom); Etienne Vassiliévitch Lapouhine; Michel Ivanovitch Léontiew; comte Frédéric de Loewenwolde, livonien; baron de Luberas, livonien d'une famille d'origine écossaise ; deux frères, princes Ouroussow : Grégoire et Basile Alexéîévitch; Ivan Vassiliévitch Panine le père des deux premiers comtes de ce nom; André Vassiliévitch Panine, frère du précédent; Porochine, Alexis Ivanovitch Potemkine; deux Saltykow: Basile Fédorovitch, le père du premier amant de Catherine II, et Pierre Séménovitch, depuis maréchal et comte ; Basile Pétrovitch Schérémétew ; Ivan Maximovitch Schouvalow, père des deux premiers comtes de ce nom; Ouliane Akimovitch Séniavine, directeur des bàtimens de la couronne; prince Alexis Ivanovitch Shahovskoy; Léonce lacovlévilch Soïnionow; Simon Ivanovitch Soukine; Ulrich Olofovitch de Sparreuter, suédois; Charles-Louis Spiegel, allemand; prince Michel loariévitch Stcherbatow; Fédor Ivanovitch Stoffein, allemand; Alexis Ivanovitch Tarakauow; Étienjie Loukitch Véliaminow, prince Basile Viazemski; Pierre Loukitch Voiéïkow; Artémius Pétrovitch Volynski , ministre à Kiel ( auprès du duc de Holslcin ) ; de Weuedighcr, alle-

• n fut rappelé de Texil par l'impératrice Anne.

wmi'j Wetteraay, hangrois; André de Wilz, belge; Artémius Grigoriévitch Zagriajski et Basile Nikititch Zotow.

Généraux-majors dégradés de leur rang : Grégoire Grigoriévitch Skor* niakow-Pissarew, exilé en Sibérie, en mai 1727, par MenchâLow, dont il avait été si longtemps Tagent; George Ivanovitcfa Famintsync, exilé à la. campagne, en septembre 1727, après la chute de Menebikow dont il fut rami*.

Contre-amiraux : lord DuiTus, pair écossais proscrit pour la cause jacobite; Pierre Pétrovitch Brédahl, norvégien; comte Nicolas Fédoro^ yitch Golovine, ministre à Stockholm.

Contre-amiral exilé à la* campagne : Alexandre Lyovitch Narychkine.

Conseillers d'état actuels (par ordre alphabétique) : Payil Fédorovilch Balk-Polew; Alexis Pétrovitch Baskakow; les deux frères Bestoujew- Rioumine, depuis comtes : Michel Pétrovitch, ministre à Varsovie et à Dresde, et Alexis, ministre à Copenhague, depuis chancelier ^^ Alexis lourîévilch Bibikow; les deux frères Blumentrost (dont le pèye, allemand d'origine, avait été le médecin des czars Alexis et Fédor, de la czarine Sophie et de Pierre I) : Jean-Gottlieb, arhiater (c'est à-dire premier médecin de la cour et président du collège de médecine) et Laurent, médecin de la cour et président de l'académie des sciences de Pétersbourg; Bôtticher, allemand, ministre de Russie à Hambourg; Ivan Ivanovitch Bputourline, sénateur f; Alexandre Brédihine; Alexis bachkow; Basile Afanassiévitch Dmitriew-Mamonow ; Fick, allemand, président du collège de la justice ; prince Alexis Dmitriévitch Galitsyne ; comte Michel Gavrilovitch Golovkine ; baron d'Habichstahl, grand-maître des cérémonies, ancien ministre de Mecklembourg-Schwérin en Russie, allemand, d'une famille d'origine suisse; lergolski ; Elie Issaïévitch Iss^ïéw; Ivan Koltovskoy; prince Alexandre Borissovilch Kourakine, ministre à Paris; Ivan Ivanovitch Kropotow; Louis Lanczinski, polonais, ministre de Russie à Vienne; comte Reinhold de Loewenwolde, livonien; comte Platon Ivanovitch Moussine-Pouchkine ; Basile lacovlévitch Novossiltsow, sénateur; Charles de Prinzenstjema, vice-président et président par intérim du collège des revenus ( kammer-koUeghia ), suédois *, Michel Alexéiévitch Saltykow, baron Pierre Pavlovitrh Schafirow ; Ivan Pétrovitch Schérèmétew; Serge Sékiotow; Michel Andréïévitcb Souhotine, président du collège des propriétés foncières (vottchinnaia hol-

* Ils forent rappelés et rétablis dans lenr grade : Famintsyne par rimpératrice Anne, et Fissarew par l'impératrice Elisabeth.

f Beau-frère du maréchal Galitsyne par la première femme de celoi-ci : il ne fuit p(Hnt le confondre avec son homonyme et cousin issu de germain, le vieux général Boutourline.

* Prinzenstjema, o£Scier suédois, prisonnier à la bataille de Foltava, s'était fait naturaliser russe : il gagna et mérita en plein la confiance de Pierre I dont il fut Pun des principaux collaborateurs lors de l'organisation des collèges administratifi; c'était un houmic de mérite, un administrateur habile et d'une probité parfiiite.

kgkia); prince Ivan Andréiévitch Stcherbatow, ministre à Madrid t baron Alexandre Grigoriévitch Stroganow; Ivan Antonovitch Tchei^^ kassow, depuis baron; Pierre Véliaminow-Zernow ; Mathieu Fédorovilch Voiéikow, procureur au sénat et maître-général des requêtes (ghénérallrékétmeister) ; Alexis Zybine.

Conseiller d'état actuel retiré du service : Mathieu Dmitriévitch Olsoufiew.

Conseiller d'état actuel exilé à la campagne : George Nélédinski^ ancien sénateur.

Pierre I, dans les vingt dernières années de son règne, s'était abstenu de nommer des métropolitains; ses deux premiers successeurs avaient suivi cet exemple, et la dignité de métropolitain se trouvait vacante. Le synode était composé de six membres : l'archevêque de Novgorod, Féofane Procopovitch, président; l'archevêque de Tver, Féofilakte Lopatinski, vice-président; l'archevêque de Rostow, George Dachkow; les évoques de Kolomna et de Vologda, Iguace Smola et Athanase Condoidi (ce dernier, grec d'origine, était venu en Russie avec le prince Cantémir); enfin, l'archimandrite Raphaël Zaborovski, depuis métropolitain de Kiew. Il y avait, de plus, à Moscou, au moment de la mort de Pierre II, outre l'évêque de Kroutitsa, Léonide, administrateur du diocèse de Moscou, plusieurs prélats arrivés de leurs diocèses pour assister au mariage de l'empereur: Sylvestre, archevêque de Kazan, les évéques; de Riazane, Gabriel Boujinski et de Péréiaslaw, Joachim Stroukow.

Après ces renseignemens , tirés des papiers de M. Karabanow, je reprends mon récit.

A neuf heures, tout le ghénéralitet, le haut clergé, la cour et tout ce qu'il y avait à Moscou de gens de grandes familles se trouvaient réunis au palais Le Fort. Le respectable prince Dmilri Galitsyne les harangua avec son éloquence mâle et digne; leur annonça la décision prise par le conseil suprême d'élire la duchesse de Courlande, à des conditions de nature à limiter considérablement le pouvoir impérial. Les Allemands, les étrangers surtout ne goûtaient guère ce système, mais force leur fut de se taire en présence des acclamations enthousiastes poussées par la grande majorité des Russes. Parmi nos compatriotes, il n'y avait, pour le pouvoir absolu, qu'un petit nombre de familles alliées à la duchesse de Courlande: les Saltykow, les Troubetskoy, les Golovkine, le vieux prince Romodanovski; tous les autres Russes étaient dévorés par la soif de la liberté, et Ton ne pouvait encore s'imaginer que les membres du conseil suprême fussent . asse% aveugles, assez iraprudens et assez impudens pour oser essayer de vouloir remplacer le pouvoir absolu d'un seul par un pouvoir encore plus odieux,^encore plus intolérable, celui de deux familles (les Dolgoroukow et les Galitsyne). Il y avait à ce moment, sur les huit mcra- .

— âi2 —

bm'da conseil suprême (y compris les deux maréchaux invités a siéger dans la nuit du décès de l'empereur), quatre princes Dolgoroakow et deux princes Galitsyne.

Le conseil intime se retira pour siéger, et rédigea le fameux acte constitutionnel dont l'original n'existe plus, ou du moins on en ignore l'existence. Plusieurs textes ont été imprimés; je placerai ici en note ces différentes versions*.

Dmitrî GaKtsyne proposa de faire porter ces conditions à la duchesse, qui se trouvait à Mittau, par une députation composée d'un membre du conseil, d'un sénateur et d'im général. Le maréchal Dolgoroukow ayant dit qu'il serait convenable d'y adjoindre un archevêque/ par égard pour le clergé, Galitsyne, qui n'aimait point les prêtres et ne pouvait souffrir les moines, s'écri^ avec une grande vivacité: «Non, »le clergé ne mérite aucuns égards! Le clergé s'est déshonoré en • prêtant son assistance à Tavénement au trône de Catherine, cette fille

• A, Texte envoyé à sa cour par Magnan, chargé d'affaires de ï^nce :

1. Qae l'impératrice ne se remariera jamais, ni à un Russe, ni à aucun étranger.

2. Qu'elle ne pourra, ni de son vivant, ni à l'article de sa mort, nomm^ aucun pour.son successeur; cette autorité d'élire un successeur devaût demeurer an pouToir du conseil suprême.

3. Qu'elle ne tâchera jamais d'entrer au conseil, ni n'accordera aucune grâce, de quelque nature qu'elle puisse être, ni à qui que ce soit, et qu'elle ne pourra confêrer de rang au-dessus de celui de colonel.

4. Que lorsque la nécessité requerra la présence de l'impératrice au conseil, eUe n'y aura que deux voix, qu'on lui donne en considération de la dignité suprême et pour décider lorsque les opinions dans le conseil seront différentes ou égales.

5. Qu'elle ne pourra jamais changer les membres du conseU, ni en élire de nonveaux pour les places vacantes.

6. Qu'elle ne pourra jamais rechercher les comptes ni les autres afiaires qui se font dans le conseil, et que quand elle viendra à les savoir^ elle ne pourra les annuler, empêcher, ni rompre.

7. Elle n'aura autre chose à faire, qu'à confirmer ce que le conseil lui présentera^ NoU de l* auteur de ces Mémoirea. — Ces conditions se trouvaient rédigées sous tme

forme trop grossière pour être ainsi présentées à la duchesse. Aussi Magnan, dans une dépêche postérieure, envoie-t-il à sa cour les conditions portées à la duchesse et signées par elle (voyez plus loin la note snivante B), Ces dernières conditions, celles de la note B, sont, je dois le dire, parfaitement et absolument identiques avec celles, verbar lement racontées à mon aïeul, un demi-siècle plus tard, par le piince Basile Miha!k>* vitch Dolgoroukow de la Grimée, neveu du maréchal Dolgoroukow, et consignées sur le papier par mon aïeul. Le père et^l'oncle du prince de la Crimée siégeaient tous les deux au conseil suprême.

B, Voici ces conditions : '

1. L'impératrice consultera le^ conseil suprême sur tontes les affaires du gouver^ nement.

3. Elle ne fera ni la guerre, ni la paix Bans le consentement de ce conseil.

3. Elle n'établira aucun impôt sans le consentement de ce conseil..

4. Elle ne conférera aucune charge considérable sans le consentement de ce conseil (dans le texte de mon aïeul,'les mots "charge considérable" sont remplacés par ceuxci : ** ni rang, ni fonction des cinq premières classes. "

• publique (étou pouUitcknùuim dévk^)*,9 U proposa éd choisir le prince Basile Loukitch Dolgôroukow, intimement ccmnu avec la duchesse, et le sénateur prince Michel Galitsyne, son plus jeune frèrd. Alors le chancelier Golovkine proposa aussi son parent, le général Léontiew, et ceci fut accepté. On rédigea également, séance tenante, une instruction pour les trois députés; Toriginal, ni les copies de cette instruction n'existent plus, mais il est pertinemment avéré que Ton y insistait spécialement sur ce que la duchesse n'amenât point en Russie son chambellan Bieren (connu de tous pour être son amant). Cette députation se mit en route le soir même, lundi 19 janvier.

5. Elle ne fera condainiier, ni exécuter aucun noble sans jugement préalable.

6. Les biens d'aucun gentilhonune ne pourront itre confisqués sans un arrêt 44 tribunal

7. Aucune propriété appartenante aux domaines de la couronne ne pourra être donnée sans le consentement du conseil suprême.

8. Sans le consentement du même conseil, Pimpératriee ne pourra ni «s marier^ ni 86 choisir un successeur.

C Voici les renseignemens envoyés à sa cooti le 19 février (2 mars), par.LeFort» ministre du roi de Pologne, électeur de Saxe*

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