‹ Mémoires du trottoirChapitre 13 sur 56 · FLAC I O I · texte numérisé non relu

FLAC I O I

est mort...» et se laissa tomber sur une chaise. Ses narines se serraient avec de petites saccades; il pleurait comme un enfant.

— Et qu'en a-t-on fait? demanda-t-il au bout d'un instant, sans cesser de pleurer.

— Dame! François l'a mis dans une brouette, et puis il l'a enterré au coin du petit bois...

Le vieillard se leva et se dirigea en chancelant vers l'endroit inJiqué. François jetait les dernières pelletées de terre sur ce qui avait été Flac.

Le père Gibeau tomba à genoux sur le tertre. — Mon pauvre chien! murmura-t-ii. Qui viendra avec moi maintenant?...

A six heures, il fallut prendre le vieillard par les épaules pour l'amener à table. Il aspira deux ou trois cuillerées de potage, et ce fut tout.

Quand on fut couché, il descendit tout doucement, ouvrit la porte du jardin et alla retrouver le compagnon de ses nuits.

Le lendemain, la maison reprit son animation accoutumée. Les clients venaient consulter M. le notaire et remontaient dans leur charrette. Les poules comptaient leurs pas devant la maison, piquant un grain de ci de là...

A onze heures, la cuisinière annonça le déjeuner.

— Allez chercher grand-père, dit le notaire à ses enfants.

Grand-père n'y était pas. Ni dans sa chambre, ni à l'atelier.

On se mit à battre le jardin et, en arrivant à la vigne, on aperçut le vieillard étendu de tout son long sur la terre fraîchement remuée. M. Gibeau courut, voulut relever son père et recula épouvanté. Le pauvre vieux avait suivi son chien...

Ce qui prouve qu'il y a plusieurs façons d'être parricide.

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