‹ Mémoires. Éd. conforme au MS. transmis à la Bibliothèque impériale [and first publ. as Appel à lChapitre 86 sur 90 · CONDAMNATION ET MORT DE MADAME ROLAND · texte numérisé non relu

CONDAMNATION ET MORT DE MADAME ROLAND

Du 18 brumaiie.

Vu par le tribunal criminel révolutionnaîre établi par la loi du 10 mars 1793, sans recours an tribunal de cassation, et encore en vertu du pouvoir délé^é au tribunal par la loi dm 25 avril de la même année, séant au palais de justice , à Piarîs*

L'acte d'accusation dressé par l'accusateur pnUic» contie Marie-Jeanne Phlipon, femme de Jean-Marie Roland, âgée de trente-neuf ans, née de Paris, y demeurant, rue de la Harpe, dont la teneur suit :

Antoine-Quintin Fouquier-Tinville, accusateur public du tribunal criminel extraordinaire et révolutionnaire, établi à Paris par décret de la convention nationale, du 10 mars 1703, Fan deuxième de la République, sans aucun recours au tribunal de cassation , en vertu du pouvoir à lui donné par l'article deuxième d'un autre décret de la Convention, du 5 avril suivant, portant que racnisateiir publie dudit tribunal est autorisé i\ foin» arrêtrr, poursuivre et juger sur la dénonciation des autorités constituéo5 ou des (^itovens,

ExposK que le (jlaive de la loi vient de frapper plusieurs des principaux chefs de la conspiration qui a existé contre Tunité et riudivisibilitéde la Répub]i(|ue, contre la liberté et la sûreté du peuple français; niais un grand nombre d'auteurs et complices de cette conjuration existent encore, et ont su jusqu'à présent, par une lâche fiiite, se soustraire à la juste punition que méritent leurs forfaits; de ce nombre est Roland, ex-ministre de l'intérieur, principal agent des conspirateurs. La fuite des uns n'a point rompu la correspondance entre tous ceux qui étoient restés à Paris, tant libres qu'en état d'arrestation; ils correspondoient avec ceux qui s'étoicnt réfugiés tant à Caen, que dans d'autres villes de la république; Roland en fiiite avoit laissé sa femme à Paris, laquelle, quoique mise en état d'arrestation dans une maison d'arrêt, correspondoit avec les conspirateurs retirés à Ca(>n, par l'intermédiaire d'un de ceux restés à Paris; cette

* Cet aj>|>oii(lice rsl ciiiprinitt' ;• lu jMvmière t'-ililioii des Mémoires.

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