‹ Mémoires. Éd. conforme au MS. transmis à la Bibliothèque impériale [and first publ. as Appel à lChapitre 87 sur 90 · MOUT DE MADAME ROLAND · texte numérisé non relu

MOUT DE MADAME ROLAND

femme intri(][ant€, conniN? )>oiir avoir reçu et réuni chez elle, ea conciliabules, les principaux chefs de la conspiration; conciliabules dont elle étoit l'Âino; quoiqu'en prison, recevoit des lettres de Ikirbaroux et autres réfugiés à Gacn , et y répondoit , et toujours dans le sens de £sivoriser la conspiration ; que la preuve de cette correspondance résulte, 1* d'une lettre datée d'Évreux, le 13 juin dernier, écrite par Barbaroux à Lauze Duperret, dans laquelle ou lit : u ^'oubliez pas l'estimable citoyenne Roland , et tâchez de lui donner quelques consolations dans la prison , en lui transmettant les bonnes nouvelles , etc. n ; 2* d'une autre lettre datée de Caen, le 15 dudit mois de juin, du même au même, dans laquelle on lit : u Tu auras sans doute encore rempli ma commission à Tégard de madame Roland, en tâchant de lui faire passer quelques consolations, etc. Ah! (ais tes efforts pour la voir, et pour lui dire que les ving^-deux proscrits, que tous les hommes de bien , partagent ses maux, etc. Je te remets ci-joint une lettre que nous écrivons à cette estimable citoyenne ; je n'ai pas besoin de te dire que toi seul peux remplir cette importante cx>mmissioo ; il faut à tout prix qu'elle tente de sortir de sa prison, et de se mettre en sûreté, etc. »; 3* d'iuie lettre écrite par Lauze Duperret à ladite femme Roland, dans laquelle on lit : u J'ai gardé plusieurs jours trois lettres que Barbaroux et Buzot ui'avoient adressées pour vous, sans qu'il m'ait été possible de vous les faire parvenir; et ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est qu'en ce moment où je pourrois le faire en profitant de la voie que vous me fournissez, la chose est devenue impossible, attendu qu'elles se trouvent entre les mains de Pétion, à qui j'avois cm devoir les remettre, le croyant mieux à même que tout autre de vous les faire passer, et qui est parti sans avoir pu y réussir; j'en avertirai, dès aujourd'hui, ces citoyens à qui j'ai écrit par une voie sikre, et les préviendrai du moyen que j'ai maintenant de pouvoir mieux remplir leurs commissions, etc. »; 4^ d'un billet daté du 24 juin, écrit par cette femme Roland à Duperret, par lequel elle lui annonce, quon l'a fait sortir de l'Abbaye; qu'elle croyoit revenir chez elle; mais qu'avant d'y rentrer on l'a arrêtée pour la conduire à Sainte-Pélagie, et l'engage de ne pas l'oublier; 5* et enfin de trois autres lettres par elle pareillement écrites à Lauze Duperret; la première, en date du 6 juin, la seconde sans date, et la la troisième en date du 2i juin. Dans la seconde, on lit : a Les nouvelles de mes amis sont le seul bien qui me touche; vous avez contribué à me le fiaire goûter; dites-leur que la connois-

sauce do loui* roiira^j^e et de tout ce qu'ils sont capables de fiiire |>our la liberté, me tient Heu et me console de tout; dites-leur que mon estime, mon attachement et mes vœux les suivront pailout ; TafRche de Barbaroux m'a fait un grand plaisir, etc. n

D'après le contenu desdites lettres, on ne peut douter que ladite femme Roland ne fût un des principaux agcns et complices de la conspiration.

Ce considéré, l'accusateur public a dressé la présente accusation contre Marie-Jeanne PUlipon, femme de Roland, ci-devant ministre de l'intérieur, pour avoir méchamment, et à dessein, participé à la conspiration qui a existé contre l'unité et Tindivisibilité de la République, contre la liberté et la sûreté du peuple français, en réunissant chez elle, en conciliabule, les principaux chefs de cette conspiration, et entretenant avec eux des correspondances tendantes à faciliter leurs projets libt^rticides.

Pour quoi l'accusateur public recjuiert qu'il lui soit donné acte, par le tribunal assemblé, de l'accusation par lui portée contre MarieJeanne Phlipon, femme Roland; en conséquence, qu'il soit ordonné qu'à sa diligence, et par un huissier du tribunal porteur de l'ordonnance à intervenir, ladite Marie4eanne Phlipon, femme Roland, sera prise au corps, arrêtée et écroutV sur les registres de la maison d'arrêt de la Conciergerie du palab» de Paris, où elle est actuellement détenue, pour y rester comnii* (*n maison de justice; comme aussi que ladite ordonnance s«*ni notifiée, tant à l'accusée qu'à la municipalité de Paris.

Fait au cabinet de l'accusateur public, le dix-sept brumaire de Tan second de la République française, une et indivisible. Signé A. Q. Fouq^'ier.

L'ordonnance de prise de corps décernée contre elle |>ar le tribunal, et le procès-verbal de la remise de sa personne en la maison de justice de la Conciergerie, la déclaration du juré du jugement, portant :

u Qu'il a existé une conspiration horrible contre Tunité, rindi visibilité de la République, la liberté et la sûreté du |>euple français.

n Que Marie-Jeanne Phlipon, femme de Jean-Marie Roland, est convaincne d'être l'un des auteurs ou complices de cetli» conspiration. »

Le tribunal, après avoir entendu TactTUsateur public dans s«»h conclusions sur l'application de la loi, condamne Marie-Jeanne Plili|>on, feiniiie fie Jean-Marie Roland, ex-ministre, à la |ieine de mort, conformément à la loi du seize déa'iiibre mil sept cent

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