PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE IV
faire vous-même. Il ne faut renoncer à rien qu'à votre foiblesse et à une peur déplacée, puisque vous voyez bien qu'il ne tient qu'à vous de mener tous ces gens-là. — Laissez-moi me reconnoître, me dit-elle, et écrire à Francueil. » Je l'ai ramenée dans sa chambre, et je suis revenue dans le salon, pour voir un peu ce qui s'étoit passé pendant mon absence : je n'y ai trouvé que le chevalier. Après avoir causé un moment avec lui, j'allai retrouver Emilie. Elle n'avoit encore écrit que quatre lignes, et elle étoit dans une rêverie profonde. « Je ne sais où j'en suis, me dit-elle; écrivez pour moi, mandezlui tout, je n'en ai pas la force, » et j'ai pris la plume. Maintenant, pour peu que vous m'aidiez, notre cher ami, je ne désespère pas de ramener Emilie à prendre une contenance décidée, et telle qu'il lui convient d^ l'avoir. Mandez-moi si votre voyage sera aussi long que vous l'avez craint d'abord. Je ne serois pas fort étonnée que M. d'Epinay n'abrégeât le sien. Bonjour, monsieur; nous attendons de vos nouvelles avec impatience. Vous puuvez continuer à m'adresser vos lettres, elles ne courent aucun risque.