‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 130 sur 260 · I. ïi · texte numérisé non relu

I. ïi

2?8 MÉMOIRES DE MADAME D'ÉI'INAY.

Mademoiselle QuiNAULT. — Oui, si vous ne l'aviez pas corrompue; car, malgré sou langage, elle n'en a pas moins travaillé de longue main à cette chose qu'on appelle pudeur.

DucLOS. — Non pas à celle qu'on appelle ainsi de no? jours... lly a des nations sauvages, par exem[)le, où les femmes restent nues jusqu'à l'âge de puberté ; certainement elles n'en rougissent pas.

Mademoiselle QuiNAULT. — Tant qu'il vous plaira; mais je crois que les premiers germes de la pudeur existoient dans l'homme.

Saiist-Lambert. — Je le crois; le temps les développa; la pureté des mœurs, l'inquiétude de la jalousie, Tintérêt du plaisir; tout y concourt.

DucLos. — Et l'éducation s'est faite ensuite une grande affaire de ces vertus sublimes qu'on nomme maintien.

Le prince. — Mais il fut un temps où non-seulement les sauvages, mais tous les hommes alloient tout nus.

DucLos. — Oui vraiment, pêle-mêle, gras, rebondis, joufflus, innocents et gais : buvons un coup.

3JADEM0ISELLE QuiNAULT, chantant en lui versant à boire.

Il t'en revient encore une image agréable Qui te plut plus que tu ne veux.

11 est certain que ce vêtement qui joint si bien partout, est le seul que la nature nous ait donné.

Li.ci.os. — Maudit soit le premier qui s'avisa de mettre un auire habit sur celui-là !

Mademoiselle Quinault. — Ce fut quelque petit nain, bossu, maigre et conircrait: car on ne soi;gc guère à se cacher quand on est bicp-

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