‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 153 sur 260 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI

ter une foi aveugle à son récit. Malgré tout, je ne suis pas à mon aise en pensant à cette homme-là. On dit qu'il est honnête *; cependant il est viole.nt, et si je choquois son amour-propre, peut-être, dans le premier moment, lui échapperoit-il des propos dont il seroit au désespoir ensuite ; mais il n'en auroit pas moins trahi ma confiance et terni ma réputation. Je crois pourtant que je m'exagère ces inconvénients, et que la conversation que j'ai eue avec mademoiselle d'Ette, ce malin, a peut-être achevé de jeter du trouble dans mon âme. Je lui disois que j'étois mal à mon aise et désœuvrée, lorsque je perdois de vue Franciieil. «Boni m'a-t-elle dit, est-ce que vous en êtes encore là? je croyois que cette foHe commençoit à vous passer. — Comment? que voulez-vous dire? — Eh ! mais oui ; est-ce que vous êtes encore amoureux tous les deux? — Mais voilà un langage bien étrani^e et bien contraire à celui que vous m'avez tenu il y a dix-huit mois. Ce lan-

collégiale de Condé, » Ange-Louis-llonorc, fils d'Ange-Laurent de La Live et de Louise-Klisalielh Chambon, demeurant rueSainl-lIonorc.

L'acte est signé : La Live de Jully, La Live de Sucy, A. Trouveur, La Live de la Briche, et Beloii Chambon.

Le grand-père pat(^rnel et la grand'mère maternelle furent parrain el marraine.

' C'e;t l'opinion qu'en définilive il faut garder de Duclos, mais on avouant qu'il n'était pas d'une politesse délicale, et qu'on s'ap rccvait que c'était en eiïct dans les cafés qu'il avait appris à vivre. Jeaii-.Iacqucs, qui a eu quelquefois de la mauvaise humeur contre lui, et qui même une ou deux fois s'est délié de son air bourru, ne lui a pas moins donné une marque uni(iue d'estime, lorsque, dans l'espèce de testament qu'en 17G9 il composa pour Thérèse, il écrivit: « C'est à ce titre d lionnéte iuunnie que vous pouvez doimer votre confiance au seul homme de leltres (|iie vous savez que je tiens pour tel. Ce n'est pas un ami chaud, mais c'est un homme droit qui ne vous trompera pas el qui n'insultera pas ma m'moire, parce qu'il m'a bien connu et (ju'il est juste; mais il ne se compromellra pas, el je no défire pas qu'il se compromclle. f Ces trails suffisent pour le dessin du caractère. Après tout, on n'en trouve pas si souvent de préférables.

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gnge est tout simple, et n'est point contraire à celui que je vous ai tenu. — Quoi? appeler folie... — Non ; je ne prétends pas appeler Iblie la tendresse que Francueil (t vous avez et aurez sûrement toujours l'un pou? l'autre; au contraire, j'appelois ainsi celte première fu' reur, cette illusion enchanteresse qui est si douce et qui dure si peu ; je la croyois finie, et je vous en félicitois ai; fond de mon àme, car on en est plus heiu^eux . Voyez comme il est aimable d'être comme vous voilà ! En vérité, il faut être moi pour y tenir. Tenez, ma chère Kmilie, vous ne serez jamais vraiment heureuse que lorsque vous vous retrouverez tous deux avec plaisir, et que vous vous quitterez sans peine. — Oh! que nous serions à plaindre, si... Mais vous êtes donc comme cela avec le chevalier? Je vous avoue que c'est une chose qui m'étonne, et dont je voulois vous parler. — Quoi? — Comment failes-vous pour passer votre vie sans le voir, et sans profiter môme des facilités que vous auriez eu de l'amener ici? Je ne le comprends pas ; je ne le pourrois pas, moi, cela me seroit impossible. — Le temps, la réflexion et l'expérience donnent très-naturellement ce secret-là; et, quant à moi, je ne gémis point de l'avoir trouvé. Si nos plaisirs ne sont plus si vifs; ils en dureront plus longtemps. Atout prendre, on y gagne à se voir moins. Le chevalier a des défauts, j'en ai aussi. Quand tout cel i 3e combine de près et tous les jours, l'indulgence disparoît, l'impatience et l'aigreur prennent sa place ; et puis il n'est plus de la première jeunesse. Enfin, je le répète, les absences ne font point de mal. — Pour un peu de repos que vous acquérez, que de moments délicieux vous perdez ! — Vous le croyez? revenez de cette erreur, et soyez sùie, au moins, qu'on gagne à ce calcul. — Comment? — Pourquoi ne compte-

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