‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 157 sur 260 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI

BILLET DE MADAME D EPINAt A M. DE FRANCDEIL.

Se sont-ils donc donné le mot, mon tendre ami, pour me mettre au désespoir? Mademoiselle d'Ette prétend que je dois m'engager à ne plus vous voir, ne fût-ce que pour le temps de fixer mon sort. Quoil renoncer à te voir ! Et dans quel moment encore veut-on exiger de moi ce sacrifice? lorsque je vais peut-être malheureusement avoir plus que jamais besoin de consolation. Francueil ! ô mon cher Francueil ! non, jamais je n'y consentirai.

BILLET DE M. DE FRANCUEIL A MADEMOISELLE d'ETTE.

L'idée de perdre madame d'Epinay est au-dessus de mes forces. Je sens cependant de qu^elTc importance il est pour elle d'arranger ses affaires, et de n'être point suspecte. Je souscris donc à tout. Ne l'abandonnez point, ma bonne amie; soutenez son courage; veillez à ses intérêts, à son bonheur. Son bonheur! il m'est plus cher que la vie.

LETTRE DE M. DE FRANCUEIL A MADAME D'ÉPlNAY.

Ce n'esl pas de votre sort seul, ma tendre amie, qu'il s'agit ici, c'est de celui de vos enfants. Il y faut tout sa • ciifier. Ne perdez pas un moment ; dites que vous avez réfléchi, et que, puisqu'on désapprouve la conduite que vous avez tenue, vous êtes prête à suivre celle qu'on vous dictera par rapport à moi. Croyez-moi, ce sacrilico ne sera que momentané; assurez d'abord votre sort, et

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nous conviendrons ensuite de ce qu'il faudra faire. N'hésitez pas un instant, mon aimable amie ; je le veux, je l'exige par toute la tendresse que nous avons l'un pour l'autre, et qui ne finira qu'avec nous.

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