‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 158 sur 260 · LETTRE DE MADEMOISELLE D'ETTE A M. DE FRANCUEIL · texte numérisé non relu

LETTRE DE MADEMOISELLE D'ETTE A M. DE FRANCUEIL

M. de Bellegarde est au plus mal, mon bon ami; chavjîun prétend ici être le maître ; c'est un train inconcevable; ils se conduisent comme s'ils étoient sûrs qu'il mourra. Madame d'Esclavelles a bien de la peine à les contenir. Le comte d'Houdetot, qui s'étoit établi dans un cabaret, voyant le beau-père mourant, s'est, sans façon, installé dans la maison avec un valet de chambre qui ressemble plus à un procureur normand qu'au valet de chambre d'un talon rouget Madame d'Esclavelles n'a osé prendre sur elle ni d'autoriser son établissement, ni de s'y opposer; elle s'est contentée de dire à la comtesse d'empêcher son mari d'entrer chez son père, tant pour éviter la révolution que pourroit lui faire sa présence, que pour tout ce qui en pourroit résulter de fâcheux à 1 égard de leur intérêt. Elle a paru touchée de cet avertissement ; mais le comte y a vu au contraire des projets de l'éloigner, et de le tenir à l'écart de tout ce qui se feroit.

Par toutes sortes de raisons, mon bon ami, je vous voudrois ici. Je crois qu'Emilie a pris le bon parti de s'adresser au notaire, et j'espère que son sort s'arrau-

^ M. d'Houdetot n'avait pas élé longtemps à être son maître. Il avait perdu son pèie, le 5 juin 1748, presque aussitôt après son mariage, et H mère sept mois plus tard, le 4 janvier 1749.

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