LETTRE DE MADAME D'EPINAY A M. DE FRANCUEIL
Je n'ai point reçu de nouvelles ni hier ni aujourd'hui, mon cher ami ; si je passois la journée de demain sans en avoir, en vérité, je serois fort inquiète de vous ou de M. votre père. Cependant un mot est sitôt écrit, et il m'auroit fait tant de bien! Il faut que vous n'en ayez pas trouvé le loisir. Je ne veux pas y penser; je ne veux que vivie dans l'espérance de demain.
Le chevalier de Valory a eu une altercation assez vive, hier, avec mademoiselle dEttc : j'en ignore le sujet . Mademoiselle d'Ette a prétendu que c'étoit un radotage, don elle seroit bien fâchée de se souvenir. « L'amour n'est bon que lorsqu'il ne donne ni peine ni plaisir, » m'al-ellc dit. Ah! combien je suis éloignée d'un pareil principe. Toi seul, ô mon ami, tu fais tout mon jilaisir, tout mon bonheur; et dusscs-lu un jour... mais non, jamais! jamais! Je n'y snrvivrois pasl