‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 179 sur 260 · PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE VII

niatlame de JuUy, de la petite comtesse de C*** et de Jelyutte, il n'y avoit qui que ce fût de ma connoissance; je lui en fis l'observation. Priez de votre côté qui vous voudrez, me dit-il. Je me bornai à inviter Gauftecourt. Ce souper fut fort insipide; on n'y parla que de chevaux, de spectacles et de filles. Au dessert, Jelyotte chanta, et après on joua. A minuit, les femmes se retirèrent : j'en fis de même; et j'appris le lendemain que M. d'Èpinay et deux autres personnes étoient restés à jouer au brelan et au trente et quarante jusqu'à deux heures.

Cinq jours de dislance.

Mon fils devoit venir dîner aujourd'hui chez ma mère, il n'est pas venu. Un billet de Linant a annoncé gravement qu'un thème fait à la serpe, c'est son mot, l'avoit forcé de retenir l'enfant en pénitence. Ce jour de fête s'est changé moyennant cela en un jour de tristesse; et il est certain que j'en ai été presque aussi affectée que ma mère. Elle avoit trouvé bon que je priassse Duclos à dîner chez elle; je voulois le mettre aux prises avec Linant, pour savoir à quoi m'en tenir sur le plan d'éducation dont il me berce toutes les fois que je lui fais quehpie objection. Mes projets dérangés me décomposèrent l'àme tout à fait, parce que je craignois d'être forcée d'aller m'établir à Épinay avant d'avoir rien statué sur cet objet.

Nous dînâmes avec Duclos, Gauffecourt et Francuoil; celui-ci fut d'un sérieux et d'une distraction révoltante; il est vrai qu'il ne fut presque question que de mon (ils, de mes espérances, de mes inquiétudes; mais si cela pouvoit èlrc fatigant pour quelqu'un, devoit-ce être pour lui? Je lui demandai après le dîner ce qu'il avoit; il m'assura si précisément qu'il n'avoit rien et qu'il ctoit

comme à son ordinaire, que je crus m'être trompée, et ! qu'en y regardant de plus près aujourd'liui, je ne puis i douter que ce ne soit la présence de Duclos qui lui avoit \ donné de la gêne. !

Après le dîner, Duclos me proposa d'aller au collège I avec lui, je l'acceptai de bon cœur, je voulus engager ces deux messieurs à y venir aussi, mais, comme je m'en étois bien doutée, ils avoient des affaires qui ne le leur j permetloient pas; nous partîmes donc sans eux, en pro- ' mettant à ma mère de revenir chez elle. Chemin faisant, je disois à Duclos ce sur quoi je youlois qu'il insistât principalement avec Linant. « Je sais, je sais, dit-il en m'interrompant, il ne me faut qu'un mot ; mais savez-vous à qui diable en a Francueil? — Je l'ignore, il me semble ; pourtant qu'il étoit à peu près à son ordinaire. — Oui, son ordinaire depuis quelque temps, mais cet ordinaire me déplaît. Quoi, quand je lui parle, à peine daigne-t-il me répondre; qu'est-ce que cela signifie? il y a quelque j chose là-dessous. — Je ne crois pas; je ne me suis point ] aperçue. — Au reste, cela m'est fort égal; mais ce qui ne me le seroit pas, seroit que vous lui eussiez rendu nos conversations. Yoilà ce qui me tient à cœur. Que j diable sais-je l'idée que vous lui aurez donnée de mes | princijîes, à en juger par son air? Tout dépend de la manière de dire et des gens à qui l'on parle. Je sais que vous me connoissez et que vous savez entendre. Cela n'a ^ ni philosophie ni idée forte. Si vous eussiez rendu i.os conversations à un homme de cervelle et de tète, encore passe, mais à un hanneton qui... Comment, mordieu ! je vous donne des conseils comme à mon enfant, et vous jouez à me perdre. — Qui vous dit cela? vous avez une tête incroyable. — lïais vous ne répondez rien. — ^ jug

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