PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VII
* Madame de Jully. — Je vous le promets.
Moi. — Folle que je suis ! Ils se verront, ils se parleront sans cesse. Ah! ma sœur, tout est perdu pour moi; j'en mourrai. »
Nous entendîmes un carrosse : nous rentrâmes, croyant que c'éloit madame de Versel, C'étoit Frauciioil. En rentrant, sa montre à la main, il regarda autour de la chambre, et dit : « Il est bien tard, près d'une heure; je vous en demande pardon. Madame de Versel n'est pas encore arrivée ?
Maurepaire. — Boni non. Nous croyions que c'étoit toi qui la retenois. Qu'en as-tu fait?
Francueil. — Je n'en ai rien fait. Je t'assure que je voudrois bien lui avoir fait quelque chose; mais j'espère pour elle qu'elle sait mieux que moi ce qu'elle est devenue. (En se retournant.) Vrai, vrai, elle n'est pas encore venue?
Moi. — Vous le voyez bien; (bas) et vous le savez encore mieux.
Francueil, bas. — Cela est bien ridicule; voilà la conduite d'une éccrvelée. Où peut-elle être? Madame de Jully, avez-vous envoyé chercher les chevaux de poste? Il en est temps. Avant qu'ils soient venus!
Madame de Jully. — Ah! mon Dieu, oui. Maurepaire, allons, chargez-vous de ce soin : vous les payerez aussi dans la route.
Maurepaire. — Allons, soit. (Revenant sur ses pas.) Mais je voudrois auparavant que Francueil nous rendît madame de Versel. Ne l'as-tu pas dans ta poche, dis?
Francleil. — Le diable m'emporte si je .>ais ce qu'elle est devenue... Mais cela, au reste, est fort ridicule de se faire attendre. »
On se promenoit deux à deux. Jelyotte causoit avec madame de Jully tout bas ; moi avec Gauffecourt. Francueil vint me prendre le bras, comme pour m'aider à marcher. Il me disoit de temps en temps : « Je crois que madame de Versel ne viendra pas. » A la fin, impatientée, je lui répondis assez haut : « Oh! pardonnez-moi, elle ne se fera plus attendre longtemps.
Madame de Jully. — Que dit Francueil?
Fraincueil. — Je dis, madame, qu'il y a apparence que madame de Versel se trouve bien où elle est.
Gauffecourt, entre ses dents. — Qu'elle s'y tienne.
Moi. — Ah! elle n'en fera rien.
Francueil. — Je voudrois qu'elle ne vînt pas; on se passeroit d'elle. Et tout bas: Il faut qu'elle soit avec son amant.
Moi. — Elle n'y est plus.
Fraîscueil. — J'entends un carrosse. C'est elle.
Moi. — Ne l'ai-je pas dit?
Madame de Jully. — 11 n'est qu'une heure et demie. Il n'y a rien à lui dire, car les chevaux ne sont pas venus.
JtLYOïTE. — Eh bien! est-ce elle?
Maurepaire — Voici les chevaux de poste et un fiacre pour M. Gauffecourt.
Gauffecouht. — Il aura le temps d'attendre.
Tous. — Et madame df Versel?
Mauuepaire. — Point iju madame de Versel... Tiens, mon cb.er Francueil, rends la sans te faire fouiller. Au reste, je suis bien aise de vous dire que sans moi on oublioit les malles elles porte-manteaux; on les attache.
IMadame de JiLLY. — Bon ! Et mon petit coffret, à propos, où le placoia-t-on? Ah! Maurepaire, voyez cela.
FRAKCUEUi. — Mais votre petit coffret, ne vous en de-