‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 2 sur 260 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Moit du père de madame o'Epinay. — Elle va vivre, avec sa mère, cliez M. de Bellcgarde, son oncle. — L'aiiié de jcs cousins se prend d'amoui pour elle.

— Leur mariage. — Arrangements et projets. — Fugitive lune de miel. — Bal manqué. — Premiers ennuis. — Premières peines. — Paccommodciiient.

— Conduite réelle de M. d'Épinay. — Bal de l'Opéra. — Le chevalier de Canaples et madame de Maupeou. — Dci)art de M. d'Épinay pour sa tournée de fermier général.

M.Tardieu d'Esclavelles \ brigadier d'infanterie, vcnoit de mourir au service du roi, pendant la campagne de

• Voici les états de service du pi'.-re de madame d'Épinay, tels qu'on les trouve dans la Chronologie militaire, de Pinard (t. VIII, p. 178,.

a D'Esclavelles (Louis-Gabriel de Tardieu, baron), mort le 7 décembre 1736, âge de 71 ans.

a Mousquetaire en 168G. Sous-lieulenanl au régiment du Roi au mois de janvier 1687, il servit aux sièges de Phili^bourg, de Jlaniicim et de Franckendal en 1688, passa à une lieutenance au mois de février 1689, se trouva à la conquête ^^^ Palalinat la même année à la bataille de

s MEMOIRES DE MaDAME D'EP1>AY.

1735, laissant à sa veuve, pour toute fortune, l'expoctalive d'une pension à peine suffisante pour élever leur lille unique, âgée de dix ans . Comme j'étois le plus ancien

Fleurus en 1690, au siège de Mons et au combat de Leuze en 1091, au siège de ISamur et à la bataille de Steinkerque en 1092, et parvint à une compagnie le 5 novembre. Il la commanda à la bataille de Keerwindcn et au siège de Chnderoy en 1695, à la marclie de Vignamont, au pont d'Espicrre en 160i. au siège de Bruxelles et au combat de Tongres en 1G95. En Fl;;ndre en 1696 et 1097, au camp de Compiègne en 1698, en Flandre en 1701, au combat de Nimègue en 1702, aux sié.es de Biisach et de Landau et à la bataille de Spire en 1705, à la bataille d'Hoclistelt en 170 i, à l'armée de la Moselle en 1705, à la bataille de Ramillies le 23rnai 1706, et passa à la compagnie de grenadiers le 20 juin. Il servit avec cette compagnie en Flandre en 1707, combattit à Oudenarde en 1708, à Malplaquet en 1709, parvint au commandement du quatrième bataillon le 8 octobre, et obtint le même jour une commission pour tenir r.mg de lieutenant-colonel d'infanterie. Continua de commnnder le quatrième bataillon à l'attaque d'Arleux en 1711, à l'affaire de Denain, aux sièges de Douay, du Quesnoy et de Boucliaui en 1712, aux sièges de Landau et de Fribourg, et à l'attaque du retranchement du général Vaubonne en

« Il passa successivement au commandement du troisième bataillon le 27 octobre 1714, au commandement du second le 15 décembre 1716. au grade de brigadier par brevet du 1'^ février 1719, à la lieutenancc-colonelle le 20 février 1721, et enfin au gouvernement de la citadelle de Valenciennes par provisions du 9 novembre 1723, en quittant la lieutenance-colonelle du régiment du Roi, et résida dans son gouvernement jusqu'à sa mort. »

M. d'Esclavelles prit donc part à presque toutes les affaires sérieuses des dernières guerres de Louis XIV. Sa vie est une belle vie de soldat.

11 appartenait à la famille Tardieu, de Normandie, qui remonte au quinzième siècle. L'un des derniers descendants directs de la branche aînée est ce lieutenant cruninel dont Boileau a chanté la fameuse avarice, et qui fut assassiné avec sa digne femme le 24 août 1673, laissant deux frères, l'un chanoine de la Sainte-Chapelle, et un autre, nommé Philibert, chevalier de Saint-Lazare.

Cette famille Tardieu subsiste encore dans la personne des marquis dc de Maleyssie, qui sont issus d'un François Tardieu, marié en 1598 à une Martin de Maleyssie. îié en 1065 ou 10,6, le père de madame dÉpinay était l'un des rejetons de cette brandie. La paroisse d'Esclavelles, dont il portait le nom, faisait partie de l'élection et sergenterie de Neufchàtel. Un autre d'Esclavelles était devenu officier général au dix-septièmo

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