‹ Mémoires, Éd. nouv. et complète avec des additions, des notes et des éclaircissements inéditsChapitre 63 sur 260 · PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE III

parlement, et me dit : « M. de Rinville ^ le père vient de proposer à M. de Bellegarde un mariage pour Mimi avec un de ses arrière-petits-cousins que l'on dit être un très-bon sujet. Mais votre père, ajouta-t-elle, veut avant tout que le jeune homme plaise à sa fille, et nous allons aujourd'hui dîner chez madame de Rinville, où M. d'Houdetot se trouvera, et où néanmoins il ne doit être question de rien. Il n'en vouloit même pas parler à sa fille, mais comme elle ne fait jamais attention à personne, à moins qu'elle n'y ait intérêt, elle pourroit bien ne pas regarder le comte d'Houdelot, si elle n'étoit pas prévenue. J'ai donc décidé M. de Bellegarde à lui en dire un mot. Il n'y a d'ailleurs aucun arrangement de pris encore; mais il faut une plus ample information, quoiqu'on nous ait déjà dit quelque bien du comte : ensuite ou s'expliquera sur la dot. »

Pour abréger cette incroyable histoire, je vous dirai que nous allâmes tous dîner chez madame de Rinville*. En entrant nous vîmes un cercle de toute la famille ; M. et madame d'IIoudctot', leur (ils et tous les Rinville

• Puifijiie nous avons, dans une note précédente, indiqué fjuel ûlait le parrain de mademoiselle de Bellegarde, et qu'on va voir que M. de Rinville l'était, il nous serait permis, s'il y avait de l'intérêt à cela, à danger son nom supposé et à le remplacer par celui de M. Filion de Villemur. Une de ses sœurs, Marie-Louise Filion de Villemur, avait épousé Louis l'icrre de Iloudetot, nieslre de camp du régiment d'Artois, lieutenant de roi en Picardie, mort le il août 172G, et frère aine du père de M. d llnudelot. C'est de cette manière que le mariage de madame d lloudelot l'ut imaginé. Nous trouvons ce renseignement dans un lieu où on ne lo tlierclurait guère, dans le grand Dictionnaire géogrnpliique d'Expilly.

* Piue Neuve -dc-luxembourg.

' La famille dlloudetot de Normandie (V. Borel d'IIaulcrive, Annuaire de la Noblesse f 18i'.i-50, p. 598) semble avoir une comnun.auté d'origine avec l'ancienne maison du même nom et de la même province dont un rejeton était à la preiiiière croisade, et qui portait d'argent, à six porc«*

possibles. La marquise d'IIoudetot, à notre arrivée, se leva avec précipitation et vint, les bras ouverts, embrasser mon beau-père, ma mère, Mimi et moi, qu'elle n'avoit jamais vue. Après cette embrassade, le vieux Rinville prit mon beau-père par la main et le présenta en cérémonie à madame d'Houdetot, qui, à son tour, lui présenta son fils et son mari : et nous fûmes tous de nouveau présentés et embrassés. La marquise est une femme de taille moyenne ; elle paroît avoir au moins cinquante ans. Elle a encore la peau extrêmement belle, quoiqu'elle soit très-maigre et très-pàle. Ses yeux sont pleins d'esprit et de feu. Tous ses mouvements sont précipités et violents; et, malgré sa vivacité, on voit clairement

lets de sable. Le P. Anselme a donné sa filiation, sans parler de son blason moderne. Ces armes sont d'argent, à la bande d'azur diaprôe d'or, de trois pièces, celle du milieu chargée d'un lion, et les deux autres d'une aigle à deux têtes d'or.

La terre de Houdetol était en Caux, sur la paroisse de Yeauville-suries-Baons, élection de Caudebec. L'aveu de ce fief se rendait au roi.

Un seigneur de Houdelot, Jean, alla, en effet, à Jérusalem en 1024; un autre, et peut-être le même seigneur, suivit Guillaume de Normandie en .\ngleterre. Au seizième siècle, un dlloudelot (pour bien faire il faudrait toujours écrire : de Houdetot] épouse Perronne Chenu, fille de Perret Chenu, pnnce d'Yvetot. Voilà donc madame d'Houdetot entrée dans la îamilledu roi d'Yvetot. On arrive ainsi, pour abréger, aux d'Houdetot du ■dix-septième siècle.

Le beau-pèie Je madame d'Houdetot, dont il s'agit ici, est de la branche îiînêe (car il y a quatre ou cinq branches dans la famille, en comptant les seigneurs de Colomby, les seigneurs de Boisgribout, les seigneurs d'Auffay-la-Malet et les seigneurs du Verger. Le P. Anselme détaille toutes leurs généalogies). Il s'appelait Charles de son nom, chevalier, marqubde Houdetot, s seigneur de Grainbouville, de Saint-Laurent, lieutenant gén'ral en l'Isle-de-France et lieutenant de roi en Picardie et pays reconquis, mestre de camp du régiment d'Artois après son frère. » >'é le 10 septembre 1678, il était devenu mousquetaire en 1694, lieutenant au régiment du roi le 7 décembre 1691, colonel d'un régiment d'infanterie de son nom, levé par commission du 10 décembre 1702, colonel réformé à la suite du régiment de Boufflers en 1715, brigadier en 1719, lieu-

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