JUGEMENT SUR LES ARAGONAIS DE NAPLES
prenoit et trahissoit les gens, comme le conte Jacques!, qu'il print et feist mourir* estant ambassadeur devers luy, de par le duc Francisco de Millan, duquel il avoit espousé £ la fille bastarde? (mais il fut consentante du cas, car tous deux le craignoient pour sa vertu 3 et la sequelle qu’il avoit en Ytalie des Brasisques { ; et estoit filz de Nycolle Pissenyn 45) ; et ainsi, comme dict est, print tous les aultres, et jamais en luy n’y avoit grace ne misericorde, comme m'ont compté de ses prouchains*, et n’avoit nulle compassion du peuple’. Quant aux deniers, faisoient toute la marchandise du royaulme, jusques à bailler les pourceaulx à garder au peuple et les failloit engresser pour myeulx les vendre ; et, s’ilz mouroient, failloit qu’ilz? les paiassent. Es lieux où croist huille d’holif, comme en Pouille, l’achaptoient presque à leur plaisir? ; et semblablement le fromment, et avant qu’il fust mur, et le vendoient le plus cher qu’ilz povoient ; et si ladite marchandise s’abbessoit de pris, contraignoient le peuple de le reprendre’ ; et, pour le temps qu'ilz vouloient vendre, nul ne
a. mourir villainement et horriblement éd. Dupont. — b. avoit
eu à femme et espouse éd. Dupont. — c. consentent P, que suit B. de Mandrot : même prononciation et même sens. — d. Pisseuyn P. — e. prouchains parens et amis éd. Dupont. — f. et jamais
n’avoit eu aucune pitié ne compassion de son povre peuple éd. Dupont. — g. qui P. — h. ilz l’achaptoient luy et son filz éd. Dupont. — 1. la prendre éd. Dupont.