‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 109 sur 429 · RETRAITE ET MORT D'ALPHONSE DE NAPLES · texte numérisé non relu

RETRAITE ET MORT D'ALPHONSE DE NAPLES

donner faveur à son filz, qui n’estoit point haÿ au royaulme ; mais mon advis fut tousjours que ce fut par vraye lascheté, car jamais homme cruel ne fut hardi; et ainsi se voit par toutes histoires et ainsi se desespera Neron et plusieurs aultres.

Et si grand envye eut de fouyr qu'il dist à sa bellemère, comme m'ont compté de ceulx qui estoient à luy, qu'il luy dist, le jour qu’il® partit, que si elle ne partoit, qu'il la laisseroit. Et elle luy respondit qu’il attendist encores trois jours, afin qu'il‘ eust esté en son royaulme ung an entier. Et il dist que qui ne le laisseroit aller, il se getteroit par les fenestres, disant : « Ne oyez-vous point comme chascun ! crie France? » Et ainsi se misdrent aux galées. Il emporta de toutes sortes de vins, qu'il avoit plus amé que aultre chose, et de toutes sortes de graines pour faire jardrins, sans donner nul ordre à ses meubles ne à ses biens, car la pluspart demoura au chasteau de Napples. Quelques bagues emporta et quelque: peu d'argent ; et allèrent en Cecille, audit lieu, et puis alla à Messyne ou à Palerne!. Mena4 avecques luy plusieurs gens de la religion, vouant de jamais ne estre du monde ; et, entre les autres, aymoyt fort ceulx du mont d'Olyvet?, qui sont vestus du blanc (lesquelz le m'ont compté à Venise, là où est le corps saincte Halayne3 en leur monastèrei), et se mist à mener la plus saincte vie du monde et servir Dieu à toutes les heures du jour et de la nuyt avecques lesdits religieux, comme ilz font en leurs couvents, et à fairec

a. qu'elle éd. Dupont. — b. ung chascun éd. Dupont. — c. quelque omis par P. — d. à Messyne où il appella et mena éd. Dupont. — — e. et là faisoit éd. Dupont.

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