‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 164 sur 429 · EFFET PRODUIT A VENISE PAR LA CHUTE DE NAPLES · texte numérisé non relu

EFFET PRODUIT A VENISE PAR LA CHUTE DE NAPLES

nouvelles, monstrans en estre joyeulx!. Toutesfoiz ilz disoient que le chasteau estoit fort garny®, et veoie bien qu'ilz avoient esperance ? qu’il tint ; et consentirent que l’ambassadeur de Napples levast gens à Venise pour y° envoyer et4 à Brandis ?, et estoient sur la conclusion de leur ligue quant leurs ambassadeurs leurs escripvirent que le chasteau estoit rendu. I1z m’envoyèrent querir derechief à ung matin, et les trouvay en grant nombre, comme cinquante ou soixante, en la chambre du prince, qui estoit malade de la colicque ; et il me compta cez nouvelles, de visaige joyeulx, mais nul en la compaignie ne se sçavoit faindre si bien comme luy. Les ungs estoient assix sur les marchezpieds® des bancs et avoient la teste apuyée entre leurs mains; les aultres, d’une aultre sorte, tous demonstrans avoir grant tristesse au cueur. Et croy que, quant les nouvelles vindrent à Rome de la’ bataille perdue à Cannez contre Hanibal, que les senateurs qui estoient demouréz n’estoient point plus esbaÿs ne plus espouventéz?#; car ung seul ne fit semblant { de me regarder ny ne me dit ung mot que luy; et les regardoiz à grant merveilles. Le duc me demanda si le roy leur tiendroit ce que tousjours leur avoit mandé et que leur avoye dict : je les asseüray fort que ouy et ouvry les voyes pour demourer en bonne paix, et m'offroys fort à y servir”, esperant les oster de suspection ; et puis me departiz.

a. bien fort garny éd. Dupont. — b. bonne et seure esperance éd. Dupont. — c. y omis dans l’éd. Dupont. — d. et omis dans l'éd. Dupont. — e.ung marchepied éd. Dupont. — f. la omis par P. — g. ne plus espouventez qu'ilz estoient éd. Dupont. — h. fort à la faire tenir éd. Sauvage ; fort à fournir éd. Dupont.

1. On n’a pas conservé la lettre « très douce » par laquelle Charles VIII annonçait aux Vénitiens la prise de Naples. Le 5 mars eut lieu la manifestation de joie à laquelle Commynes fait allusion. Cf. Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 251.

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