AVERTISSEMENTS ENVOYÉS PAR COMMYNES (MAIS
[2. Le traité de Venise.] — Leur ligue n’estoit encores ne faicte ne rompue; et vouloient partir les Almans mal contens!. Le duc de Millan se faisoit encores à prier de je ne sçay quel article ?. Toutesfoiz il manda à ses gens qu'ilz passassent tout 2; et, en effect, conclurent la ligue en haste t3. Et, durant que cecy se demenoit, avoys sans cesse adverti le roy du tout #, le pressant de conclure ou‘ de demeurer au royaulme et se pourveoir de plus de gens de pied et d’argent ou de bonne heure se mettre en chemin pour se retirer et laisser les principalles places bien gardées, et avant qu'ilz fussent tous assemblés. Aussi advertissoys monsr d’Orleans ÿ, qui estoit en Ast avecques les gens de sa maison seullement, car sa compaignée estoit avecques le roy, et d'y mettre des gens, l’assurant que incontinent luy iroient courre sus. Et escripvoys à mons' de Bourbonf, qui estoit demouré lieutenant pour le roy en France, d’envoier des gens à haste en Ast pour le garder : car, si ceste place estoit perdue, nul secours ne pourroit venir au roy, de France7. Et advertissoie aussi la marquise
a. tost éd. Dupont. — b. en haste n’est que dans P, que suit B. de Mandrot. — c. et éd. Dupont.
1. Les difficultés soulevées par les représentants de Maximilien visaient la situation de Ludovic Sforza, que l’empereur considérait comme un usurpateur.