Cf. ci-dessus, p. 121, n
5. On trouve trace de cette correspondance dans la lettre du duc d'Orléans au duc de Bourbon publiée par Mie Dupont, parmi les Preuves de son édition, t. III, p. 418 et suiv.
6. Par l'intermédiaire du duc d'Orléans (Mlle Dupont, Jbid., p- 419).
7. Entendez : nul secours ne pourrait venir de France au roi. Commynes était très préoccupé des communications entre la France et l’armée royale. Très impressionné par la réponse évasive et peu rassurante que le doge avait faite à sa communication du 30 mars (cf. ci-dessus, p. 123, n. 2), il avait dit, en quittant le palais des doges, à l’un des secrétaires : « Je sais que le duc de Milan pousse à la ligue; mais le roi se saisira de Gênes dès la signature, puisque toute autre voie pour rentrer en France lui sera enlevée. »
Commynes, III, 9
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126 CONCLUSION DE LA SAINTE-LIGUE (31 IMaïrS 1495)
de Montferrat, qui estoit fort bonne pour nous et ennemye® du duc de Millan, afin qu’elle aidast à monsr d’Orleans de gens, s’il en avoit affaire; car Ast perdu, les marquisatz de Montferrat et Saluces estoient perdus.
La ligue fut conclue ung soir bien tard!. Le matin, me manda la Seigneurie plus matin qu'ilz n’avoient de coustume. Comme je fuz arrivé et assis, me dist le duc que, en l'honneur de la saincte Trinité, ilz avoient conclud ligue avecques Nostre Sainct Père le Pape, les roys des Romains, de Castille et eulx et le duc de Millan, à trois fins : la première pour desfendre la chrestienté contre le Turc ; la seconde à la deffence d'Italie; la tierce à la preservation de leurs estatz ; et que je le feïsse sçavoir au roy 2. Et estoient assembléz en grant nombre, comme de cent ou plus, et avoient les testes haultes et faisoient bonne chère ; et n’avoient point contenances semblables à celles qu’ilzavoient le jour qu’ilzme dirent la prise du chasteau de Napples. Me dist aussi qu’ilz avoient escript à leurs ambassadeurs, qui estoient devers le roy, qu'’ilz s’en vensissent et qu'ilz prissent congié?. L’un avoit nom messire Dominicque Loridan, l’autre messire Dominicque Trevisan?.
a. bonne françoise et ennemye éd. Dupont. — b. qu'ilz s’en vinssent et qu'ilz prinssent congié éd. Dupont.
1. La lettre de notification aux ambassadeurs vénitiens résidant auprès de Charles VIII porte la date suivante : «ultimo martii 1495 hora paulo post XXIHII. »
2. Le texte du traité de la « Sainte-Ligue » de Venise est dans Lünig, Codex diplomaticus, t. I, n° XXIV, col. 111 et suiv. L'objet en est défini en termes suivants, dès le préambule : « ad finem pacis et pro quiete Italiae saluteque totius christianae religionis, pro conservanda dignitate et auctoritate apostolicae sedis, pro sacri romani imperii juribus tuendis proque defensione et conservatione communium statutum partium predictarum. »
3. C'est par lapsus que Commynes, ou le scribe dont procèdent nos textes, donne ici le même prénom aux deux ambassadeurs vénitiens accrédités auprès de Charles VIII. Il s’agit d’'Antonio Loredano et Domenico Trevisano.
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ATTITUDE DE COMMYNES (1®f avril 1495) 127
J'avoys le cueur serré et estoie en grand doubte! de la personne du roy et de toute sa compaignée, et cuydoie le“ cas plus prest qu'il n’estoit, et aussi faisoient-ilz eulx. Doubtois et” qu’ilz eussent des Almans prestz?: et si cela y eust esté, jamais le roy ne fust sailly d’Itallie. Je me deliberay ne dire point trop parolles en ce courroux ; toutesfoiz ilz me tirèrent ung peu aux champs3. Je leur fiz responce que, dès le soir devant, je l’avoys rescript au royi, et plussieurs foiz, et que luy aussi m'en avoit escript, qui en estoit adverti de Rome et de Millanÿ. Il me fitc tout estrange visaige de quoy je disoie l'avoir escript le soir devantd, car il n’est nulles gens au
a. leur éd. Dupont. — b. Et doubtoye éd. Dupont. — c. Il[z] me fifrent] éd. B. de Mandrot, corrigeant P et toutes les éditions antérieures, mais sans motif, car le sujet du verbe est le doge, seul orateur du côté vénitien. — d. le soir au roy éd. Dupont.