Commynes veut dire : ils m’entraînèrent à parler
4. L'avis donné à Charles VIII la veille de la signature ne pouvait se rapporter qu’au projet du 28, auquel il a été fait allusion plus haut, p. 119. Comme l’a conjecturé Delaborde, L'expédition de Charles VIIT, p. 600, il doit y avoir une erreur de date dans Burchard (Diarium, éd. Thuasne, t. III, p. 246), rapportant au 15 mars la mention suivante : « Facte sunt coram ipso rege per suos tragedie sive comedie de papa, Romanorum et Hispanorum regibus ac Venetorum illustrissimi ducis ligam et confederationem simul ineuntibus collusorie et more gallico derisorie. » Cette parodie a pu suivre la conclusion de la ligue, mais non la précéder.
5. Le 3 mars, Charles VIII écrivait déjà au duc de Bourbon : « Depuis mon entrée à Napples sont venues par devers moy les ambassades de Venise, de Rome, de Florence, du roy des Romains, d'Angleterre, du roy Alphonse de Portugal, l'ambassade de Millan, l'ambassade de Savoie, l'ambassade du duc de Ferrare, du Turcq, du Soudan, et d’aultres plusieurs à grant nombre auxquelles encore n'avons fait nulle response » (Leitres de Charles VIII, éd. Pélicier, t. IV, p. 181-182). Ces ambassades recevaient des courriers et Charles VIII en recevait lui aussi de ses agents dans les différents centres de la péninsule.
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128 ATTITUDE DE COMMYNES (1®r avril 1495)
monde si souspectionneux ne qui tiennent leurs conseilz si secretz, et par suspection seullement confinent! souvent des gens ; et à ceste cause le leur disois-je. Oultre leur diz l’avoir aussi escript à mons" d'Orléans et de Bourbon, afin qu’ilz pourveüssent Ast? : et le disoie, esperant que cella donneroit quelque delay d’aller devant Ast, car, s’ilz eussent esté aussi prestz comme ïilz se ventoient et cuydoient, ilz l’eussent prins sans remede, car elle“ estoit et fut mal pourveüe d’une grant pièce après? 3.
Ilz se prindrent à me dire qu’il n’y avoit riens contre le roy, mais pour se garder de luy { ; et qu'’ilz ne vouloient point qu'il abusast ainsi le monde de parolles de dire qu'il ne vouloit que le royaulme et puis aller contre le Turc et qu’il montroit tout le contraire et vouloit destruire le duc de Millan et Florentins et tenir les terres de l'Eglise 5. À quoy respondy que les roys de France avoient augmenté l'Eglise et acreüe et deffendue et que cestuy-cy feroit plustoust le semblable que de riens leur osterf ; mais que de toutes ces raisons n’estoient point celles qui les mouvoient<7, mais qu'ilz avoient envye de troubler l’Ytallie et faire leur prouffict et que je croyoie que aussi feroient-ilz/. I1z prindrent cela ung petit à mal, si me dist-l’on ; mais il se veoit par ce qu’ilzont dedans’ Pouille,
a. il éd. Dupont. — b. de long temps après éd. Dupont : même sens. — c. qui P. — d. je respondis éd. Dupont : même sens. — e. mouvoit P.— f. ilz omis dans l’éd. Dupont. — g. ung peu éd. Dupont. — h. ce éd. Dupont. — i. en éd. Dupont.