Entendez : de longtemps encore elle fut mal pourvue
4. C'est la position qui répond à la lettre du traité, conçu en termes strictement défensifs.
5. Sur ce point vif de l’occupation de terres d’Église par les Français, cf. ci-dessus, p. 89, n. 3.
6. C'est-à-dire : et que le roi régnant (Charles VIII) ferait de même, plutôt que de leur enlever quoi que ce fût.
7. Entendez : mais que, parmi toutes ces raisons (qu'ils alléguaient), n'étaient point celles (les véritables) qui les mouvaient.
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RÉJOUISSANCES A VENISE (1e avril 1495) 129
en gaige du roy Ferrand, pour luy aider contre nous, que je disoys vray.
Et me vouluz lever pour me retirer. Ilz me firent reasseoir, et me demanda le duc si je ne vouloys faire nulle ouverture de paix, pour ce que le jour de devant j’en avoys parlé ; mais c’estoit par condition qu'ilz voulsissent attendre à conclure la ligue de quinze jours, affin d’envoier devers le roy et avoir responce.
[3. Réjouissances et publication du traité à Venise.] — Après ces choses dictes, me retiray à mon logis!. Ilz mandèrent les ambassadeurs l’ung après l’aultre ; et, au saillir de leur conseil, rencontray celuy de Napples?, qui avoit une belle robbe neufve et faisoit bonne chère ; et avoit cause, car c’estoient unes grans nouvelles pour luy.
a. unes n’est que dans P, que suit B. de Mandrot.
1. Commynes nous donne bien la sensation de l'angoisse et de la nervosité qu'il éprouva dans cette audience mémorable. Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 285, représente Commynes « enragé et le visage défait », si troublé qu'il demande au secrétaire, au départ, de lui redire les paroles du doge. Il faut aussi mettre en regard la relation de Bembo (Historiae Venetae libri XII, Venise, in-fol., 1551, p. 36), d’après lequel Commynes, « lorsqu'il apprit du doge la conclusion de l’alliance.. faillit perdre connaissance... et quand, sortant de la Seigneurie, il descendit l'escalier, il se tourna vers le secrétaire du Sénat qui l’accompagnait : je te prie, mon ami, lui dit-il, de me répéter le discours que m'a adressé le doge, car j'ai tout oublié ». Ce sont là des versions tendancieuses. Commynes a pu faire préciser les termes d’une déclaration en vue d’un « memorandum », sans que cette précaution impliquât un autre trouble que celui qu'il avoue lui-même, en disant, en toute franchise : « J'avoys le cueur serré. » Au surplus, Commynes, loin d’avoir fait piteuse impression, a laissé la réputation d’un bon diplomate à Venise. Cf. livre VIII, ch. xuI1, ci-après, et notre Index.
2. Giambaptista Spinelli. Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 286, confirme la joie de l'ambassadeur napolitain. Ses collègues appelés au palais furent Aldomandrino di Guidoni, ambassadeur de Ferrare ; Antonio Triumpho, ambassadeur de Mantoue ; Aloys Boschetto, ambassadeur de Rimini. C’est apparemment ce dernier qui documentait Commynes. Cf. un peu plus bas, p. 132, n.5.
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A l’après disner, tous les ambassadeurs de la ligue se trouvèrent ensemble en barcque, qui est l’esbat de Venise; et chascun en a selon les gens qu'il a et aux despens de la Seigneurie; et pouvoient estre quarente barcques, qui toutes avoient penonceaulx® aux armes de leurs maistres ; et vint? toute ceste compaignie passer devant mes fenestres, et y avoit force menestriers. Et ceulx de Millan, au moins l’ung!, qui m'avoit tenu compaignée beaucop de moys!, faisoit bien contenance de ne me congnoistre plus. Et fuz trois jours sans aller par la ville? ne mes gens, combien que jamais ne me fut dit en la ville ne à homme que j’eusse une seulle mal gracieuse parolle3. Le soir, firent une merveilleuse feste de feux sur les clochiers, forces fallotz alumés sur les maisons de ces ambassadeurs et artillerie qui tiroit ; et fuz sur la barcque couverte au long des ruhesä veoir la festei, envyron dix
a. pendeaulx éd. Dupont. — b. et veiz éd. Dupont. — c. fois éd. Sauvage. — d. rives éd. Dupont.