‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 172 sur 429 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DE L’ORDRE ET PROUVISION QUE LE ROY MIT AU ROYAUME DE NAPLES, VOULANT RETOURNER EN FRANCE

Pour myeulx continuer mes memoires et vous informer, me fault retourner à parler du roy, qui, despuis qu'ilentra à Napples jusques il® en partir, ne pensa que à passer temps!, et d’aultres à prendre et prouffter ; mais son eage l’excusoit ? : nul ne sçauroit excuser les aultres de leur faulte, car le roy de toutes choses les croyoit. Et, s’ilz luy eussent sceü dire qu'il eust bien pourveü trois ou quatre chasteaulx, il tint encores le royaulme?, ou seullement Napples, dont il avoit donné les vivres, comme ay dict, et celuy de Gayète ; mais, en gardant celuy de Napples®, jamais la ville ne 5e fust re-

a. jusques à ce qu'il éd. Dupont. — b. le pensoit éd. princeps. — c. Pet éd. princeps ; trois ou quatre chasteaulx audit pays, comm

1. Delaborde, L'expédition de Charles VIII en Italie, p. 572, écrit : « Il faut, en vérité, tout le fiel d’un Commines pour accuser Charles VIII de n’avoir pensé qu’à « passer temps ». Mais Delaborde lui-même, 1bid., p. 574 et 600 et suiv., esquissant le tableau de la vie de cour, justifie amplement l’auteur des mémoires. La seule excuse valable serait que Charles VIII était desservi par sa santé : « Mon frère, écrivait-il de Naples au duc de Bourbon, je vous advertiz que pour habiller mon visaige il ne suffisait pas que j'eusse eu la petite verole, mais j’ai eu la rougeole » (Lettres de Charles VIII, éd. Pélicier, t. IV, p. 187).

2. Entendez : et s'ils avaient su lui dire de bien pourvoir (en moyens de défense) trois ou quatre châteaux, il tiendrait encore le royaume.

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