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RETRAITE DU DUC D'ORLÉANS (juillet 1495) 159
sceü trouver assez gens pour se laisser assiéger dedans le chasteau de Millan! et que nobles et peuple vouloient la destruction de ceste maison Forsesquez. Aussi m’a compté le duc d’Orleans et ses gens ces praticques dont j’ay parlé, qui ne s’y? fioient point bien, et avoient faulte d'homme qui les entendist myeulx que eulx?, et puis ses cappitaines n'’estoient point uniz.
A l’ost du duc de Millan se joignit quelque deux mil Almans, que le roy des Romains envoyoit, et bien mil hommes à cheval almans, que menoit messire Fedric Cappellare3, natif de la conté de Ferrete, qui fit croistre le cueur à messire Galiace et aux aultres ; et allèrent auprès de Trecas presenter la bataille au duc d’Orleans. Il: ne fut point conseillé de combatre, combien que sa bande vausisti myeulx que l’autre. Et peult estre que les cappitaines ne vouloient hesarder ceste compaignée, craignans que, s’ilz la perdoient, que ce ne fust la perdition du roy, de qui ilz® ne sçavoient nouvelles, car les chemins estoient gardéz. Et se retira toute ceste compaignée dedans Novarreï, donnant très mauvais ordre au faict de leurs vivres, tant à garder ceulx qu’ilz avoient que à
a. de Sforce éd. Dupont : même sens. — b. si P.— c. Et éd. Dupont. — d. vallust éd. Dupont : même sens. — e. dont ilz éd. Dupont.
savaient ceci (mais le duc d'Orléans et ses gens l’ignoraient) me l'ont rapporté.
1. Le sens est : que le duc de Milan n'aurait pu trouver des forces telles qu’il lui eût été possible de se défendre dans Milan.
2. Commynes veut dire qu’il manquait au duc d'Orléans le concours d’un homme plus compétent que lui-même et ceux de son entourage.
3. Frederic von Kappeller. Il n’y a aucune raison de croire, avec H. Ulmann, Kaiser Maximilian, t. I, p. 290, que Commynes a confondu ici Kappeller avec Georges d’Ebenstein, autrement appelé en italien Pietraplana, personnage que Commynes nommera très exactement au chapitre xvi. Voir notre Index.
4. Sur l’équipée de Novare et ses conséquences pour la campagne, voir Delaborde, L'expédition de Charles VIII en Italie, p. 609 et suiv.
160 CHARLES VIII DANS LES APENNINS (28 juin-3 juillet 1495)
mettre bledz® dedans la ville, dont assez pouvoient recouvrer ? à l’entour de ladite cité‘ sans argent, et dont despuis ilz eurent grant faulte ; et se logèrent leurs ennemys à demye lieue d’eulx.