Entendez : une liste, un état
192 LES FUYARDS DE FORNOUE (6 juillet 1495)
bons personnaiges, entre lesquelz y en avoit quatre ou cinq du nom de Gonsague, qui est le nom du marquis! ; et y perdit bien soixante hommes d'armes, gentilz hommes de ses terres ; et « tout cecy ne s’y trouva ung seul homme à pied ?.
Et est grand chose avoir esté tué tant de gens de coup de main, Car je ne croy point que l'artillerie des deux costéz tuast dix hommes et ne dura point le combat ung quart d'heure ; car, dès ce qu’ilz eurent rompuz ou jectéz! leurs lances, tout fouyt. La chasse dura envyron trois quarts d'heure. Leurs batailles d’Ytallie n’ont point de coustume d’estre telles ; car, ilz combatent escrade après escrade‘i, et dure quelque foiz tout le jour sans ce que l’ung ne l’aultre a gaignéd.
[3. Les défections.] — La fuyte, de leur cousté, fut grande, et fouyrent bien trois cens hommes d’armes et la pluspart de leurs estradiotz. Les ungs fuyrent à Regeÿ, qui est bien loing de là; les aultres à Parme, où y povoit bien avoir huyt
a. hommes d’armes omis partout ailleurs que dans P, suivi par B. de Mandrot. — b. rompu ou gecté éd. Dupont; rompuz ou jettez éd. B. de Mandrot. — c. escadre après escadre éd. Dupont et éd. B. de Mandrot : même sens. — d. l'aultr'a gaigné P; l’aultre gaigne éd. B. de Mandrot, d'après les éd. antérieures.
1. Le marquis de Mantoue, Jean-François de Gonzague, généralissime de l’armée italienne.
2. Sur les pertes vénitiennes, cf. Delaborde, L'expédition de Charles VIII en Italie, p. 648-649. Ranuzio Farnèze, Giovanni Piccinino et Galeasso di Corregio figurent au tableau des pertes. Quant aux membres de la famille des Gonzague, il s’agit de Ro— dolphe, Gian-Maria, Guido et Giovanni (Luzio et Renier, Francesco Gonzaga alla bataglia di Fornovo, dans l’Archivio storico lombardo, 2° série, t. VII [1890], p. 221; Cherrier, Histoire de Charles VIII, t. II, p. 166).
3. B. de Mandrot, au t. II de son édition, p. 282, n. 4, attribue avec vraisemblance à l'orage signalé par Commynes (ci-dessus, p- 174) l’ineffcacité de l'artillerie : la poudre avait été mouillée.