‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 241 sur 429 · Reggio, en Émilie, entre Parme et Modène · texte numérisé non relu

Reggio, en Émilie, entre Parme et Modène

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FUITE DE NICOLA ET VIRGINIO ORSINI (6 juillet 1495) 193

lieues !. Et à l’heure que la bataille fut ainsi meslée, le matin, fouyt d’avecques nous le conte de Petillanne et le seigneur Virgille Ursin?, mais cestui-là n’alla que en une maison d’un gentilhomme ; et estoient là sur la foy* ; mais vray est que on leur faisoit grand tort. Ledit conte alla droit aux ennemys. Il estoit homme bien congneü des gens d’armes, car tousjours avoit eu charge tant des Florentins que du roy Ferrande, et se print à crier : « Petillano, Petillano®! » et alla après ceulx qui fuyoient?, car quant il y arriva ilz chargeoient en leur ost les tantes ; et y avoit grant nombre de mulletz chargés. Il alla après les fuyans plus de trois lieues, criant que tout estoit leur et qu'ilz vensissent au gaing et en ramena la pluspart et les asseüra ; et, quant il n’eust esté !, tout fust fouy. Et ne leur estoit point petit reconfort que‘ d’ung tel homme, parti d’avecques nous. Et mist en avant, le soir, de nous assaillir ; mais ilz ne‘ voulurent entendre. Depuis le m’a compté, et si a/ le marquis de Mante5, disant que ce fut luy qui mist ce parti avant ; mais à dire au vray, si n’eust esté ledit conte, ilz fussent tous fouyz la nuyt.

[4. Les Français et les Italiens après la bataille.] — Comme

a. Petillane, Petillane éd. Dupont. — b. fuyrent éd. Dupont. — c. et ce ne leur estoit petit reconfort et que éd. Dupont. — d. partiz P. — e. n’y éd. Dupont. — f. aussi le me compta éd. Dupont. — g. Mantoue éd. Dupont.

1. Il y a, en réalité, une vingtaine de kilomètres de Fornoue à Parme.

2. Nicola Orsini, comte de Pitigliano, et Virginio Orsini. Voir notre Index. Virginio Orsini avait fui durant la bataille, s'étant ménagé de rester en arrière en se disant souffrant ; Nicola profita d'un moment de désordre, durant la poursuite, pour passer à l’ennemi, et, pour mieux colorer sa conduite, le marquis de Mantoue le considéra comme prisonnier.

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