Et, le soir, 1l proposa de nous assaillir
6. Depuis lors, il me l’a conté, et le marquis de Mantoue me l’a conté aussi.
194 SECOND CONSEIL DE GUERRE (6 juillet 1495) [1
tout fut assemblé auprès du roy, il se“ veoit encores hors de leur host grant nombre d'hommes d’armes en bataille, et s’en veoit les testes seullement et les lances, et aussi des? gens de pied, et y avoient tousjours estél! ; mais il y avoit plus de chemin qu'il ne sembloit et eust fallu repasser la rivière, qui estoit creüe et croissoit, car tout le jour avoit tonné etd escleré et pleü merveilleusement, et par especial en combatant et chassant2. Le roy mist en conseil s’il devoit marcher contre ceulx-là ou non. Avecques luy avoit trois chevalliers ytaliens : l’ung estoit messire Jehan Jacques de Trevolseë, qui encores vit et se gouverna bien ce jour ; l’autre avoit nom messire Francisco Sicoi, très vaillant chevalier, soudoyé des Florentins, homme de soixante douze ans; l’autre messire Camille Vitelli. Luy et trois frères® estoient à la soulde du roy, et y vindrent de Civita de Castelle5 jusques vers Seresanno/ pour estre à ceste bataille, sans estre mandéz, où il y a ung grant chemin, et quant il veït qu'il ne povoit attindre le roy avecques sa compaignée, ledit Camille y vint seul.
Ces deux furent d’oppinion que l’on marchast contre ceulx que l’on veoit encores. Les Françoys, à qui on en demanda”, ne furent point de cest advis, mais disoient que
a. il veoit P, que suit B. de Mandrot; on veoit éd. Dupont. — b. de P, que suit B. de Mandrot. — c. croissoit d'heure en heure éd. Dupont. — d. et omis par éd. Dupont. — e. trois de ses frères éd. Dupont. — f. Cersanne éd. Dupont.
1. Commynes fait ici allusion aux troupes qui n'avaient pas donné du côté italien. Cf. plus haut, p. 186.