‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 243 sur 429 · Une distance de plus de deux cents kilomètres · texte numérisé non relu

Une distance de plus de deux cents kilomètres

7. Entendez : les Français auxquels on demanda conseil làdessus.

FAUTES COMMISES PAR LES FRANÇAIS (6 juillet 1495) 195

on avoit assez faict et qu'il estoit tart et qu’il se failloit loger. Ledit messire Francisco Sico soubstint fort son oppinion; monstrant gens qui alloient et venoient au long d’ung grant chemin qui alloit à Parme, qui est‘ la plus prochaine ville de leur retraicte, alleguoit que c’estoient fuyans ou qui en revenoient. Et, ad ce que sceüsmes despuis, il disoit vray et sa parolle et contenance estoit d’ung hardi et saige chevalier ; et qui eust marché!, tout fuyoit (et tous les chiefz le m'ont confessé, et quelqu'un devant le duc de Millan), qui eust esté la plus grande victoire qui ait esté depuis deux cens ans‘ et la plus prouffitable : car, qui en eust bien sceü user? et faire son prouffict et saigement se conduyre et bien traicter le peuple, huit jours après le duc de Millan n’eust eu, au myeulx venir pour luy, que le chasteau de Millan, à l’envye# que ses subjectz avoient à se tourner 1. Et tout ainsi en fust-il allé des Veniciens ; et n’eust point esté besoing de se soucier de Napples, car Venitiens n’eussent sceü où recouvrer gens, hors Venise, Bresseÿ et Cremonne, qui n’est que une petite ville : tout le reste eussent perdu en Ytalie. Mais Dieu nous avoit faict ce que me dist frère Jheronime®6 : l'honneur nous estoit demouré ; car, veü le peu de sens et d’ordre qui estoit parmy nous, tant de bien ne nous estoit point deü, car nous n’en eussions sceü user pour lors ; mais je croy que si, à cette heure, qui est l’an M CCCC IIIIxx XVII, ung tel bien advenoit au roy, il en sçauroit myeulx ordonner.

a. estoit éd. Dupont. — b. à sa éd. Dupont. — c. deux ans P; dix ans éd. Dupont. Nous adoptons la correction de B. de Mandrot : deux [cens] ans. — d. et tout éd. Dupont. — e. Hieronyme éd. Dupont.

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