Voir, sur ce mot, ci-dessous, p. 107, n
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ENVOI DE PARLEMENTAIRES (7 juillet 1495) 197
[CHAPITRE XIII] [RETRAITE DES FRANÇAIS SUR ASsTi]
[1.] Comment le seigneur d'Aygenton alla luy seul parlamenter aux ennemys quant il veit que aultres deputéz avec luy n’y vouloient aller. — L'endemain au matin, me deliberay®“ de continuer encores nostre praticque d’appoinctement!, tousjours desirant le passage du roy en seüreté; mais à payne peü-je trouver trompète qui voulsist aler en l’ost des ennemys, à cause qu'il avoit esté tué en la bataille neuf de leurs trompètes?, qui n’avoient point esté congneüz*, et eulx en avoient prins ung des nostres ; et si en tenoient< ung que j’ay nommé, que le roy avoit envoyé avant que la bataille commençast. Toutesfoiz ung y alla et porta ung saul-conduyt du roy ; et ilz4 m'en raportèrent® ung pour parlementer à mychemin des deux ostz/, qui me sembloit mal aisé à faire ; mais je ne voulois riens rompre ne faire difficile. Le roy nomma‘ le cardinal de Sainct-Malo et le seigneur de Gyé, mareschal de France, le seigneur de Piennes, son chambellan, et moy en
a. deliberé P, c’est-à-dire deliberay ; delibere éd. B. de Mandrot ; deliberay partout ailleurs. — b. trompetez P, suivi par B. de Mandrot. — c. tuèrent partout, sauf dans P, que suit B. de Mandrot, et cette leçon seule est à retenir. — d. ilz omis éd. Sauvage. — e. raporta éd. Dupont. — f. ost P.
1. La Pilorgerie, Campagne et bulletins de la grande armée d'Italie, p. 350, et Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commynes, t. II, p. 218, publient une lettre de Jacques de Theuray, 7 juillet 1495, où sont aussi nommés comme négociateurs du moment Briçonnet, Piennes, Gié et Commynes. Cf. encore Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 487.
2. Entendez : dont on n'avait pas reconnu la qualité de trompette. Le trompette n’est pas réputé combattant.
3. Je ne voulais ni rompre la négociation ni la rendre diffcile.
4. C'est-à-dire : désigna. Sur les noms qui suivent, cf. les références concordantes, ci-dessus, n. I.
198 COMMYNES ENVOYÉ EN AVANT (7 juillet 1495)
leur compaignée ; eulx nommèrent le marquis de Mantez, cappitaine general de la Seigneurie, le conte de Gaiasse (qui plusieurs foiz a esté nommé en ces Memoyres et n’a guères! estoit des nostres et estoit cappitaine des gens du duc de Millan?) et messire Lucque Pisan et messire Marquiot? Trevisan, providateurs de ladite Seigneurie de Venise. Et marchions si près d’eulx que nous les veyons (et n'estoient que eulx quatre sur la grève), car la rivière couroit entre nous et eulx, qui estoit bien creüe despuis le jour precedant ; et n’y avoit riens hors leur ost, ne aussi de nostre costé n’y avoit riens plus avant que nous et nostre guet qui estoit à cest endroit<. On leur envoya ung herault sçavoir s’ilz vouldroient point passer la rivière.
Comme j’ay dict, je trouvoye bien difficile que nous4 peüssions assembler, et pensoye bien que chascun y feroit des doubtes5 ; et eulx le monstrèrent, qui respondirent qu'il avoit esté dict que le parlement se feroit en my-chemin des deux ostz° et eulx avoient faict plus de la moictié du chemin et qu'ilz ne passeroient point la rivière et qu'ilz/ estoient tous les chiefz de l’ost et qu’ilz ne se vouloient point tous? mettre en peril. Les nostres firent doubte de leur costé, qui aussi estimoient leurs personnes, et me dirent que je y allasse, sans me dire quef je y avoys affaire ne à dire. Je diz que je ne yroys point seul et que je vouloye ung tesmoing ; et vint” avecques moy ung appellé Robertet, secretaire du
a. Mantoue éd. Dupont. — b. Marquiso P ; Marquinot éd. Dupont. Cf. ci-dessus, p. 172.— c. à l'endroit éd. Dupont. — d. nous nous éd. Dupont.— e.ost P.— f. qui P.— g.tous omis partout, sauf dans P, que suit B. de Mandrot. — h. et pour tant vint éd. Dupont.