‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 277 sur 429 · Le cardinal · texte numérisé non relu

Le cardinal

COMMYNES CONSEILLE LA PAIX (sept. 1405) 225

faisoit estranges responces ; et desiroit la bataille et tenoit la victoire seüre à son dire ; et disoit-on qu’il luy avoit esté promis dix mil ducatz de rente pour ung filz‘! par le duc d'Orléans, s’il avoit ceste duchié de Millan. L’endemain vins? prendre congié du roy pour aller à Casal2, et y avoit envyron journée et demye. Je rencontray monsr de la Trimoilleñ, à qui contay cest affaire, pour ce qu'il estoit des prouchains du roy, demandant: si encores luy en devoye parler. Il me conforta ‘ et me dist que ouy ; car chascun desiroit de se retirer.

Le roy estoit en ung jardrin. Je reprins les parolles dessusdites, devant le cardinal, qui dist que luy, qui estoit homme d’eglise, devoit commencer. Je luy dis que, s’il ne commençoit, que je commenceroie, car il me sembloit bien que le roy n’en seroit point marry ne ses plus prouchains. Et ainsi party 4. Et, au partir, dis à mons” le prince d’Orenge*, qui avoit la principalle charge de l’ost, que, si je commençoye riens, que je luy addresseroyst.

Et allay à Casal, où je fuz bien recueilly par tous ceulx de ceste maison? ; et les trouvay la pluspart rangés avecques

a. ung sien filz éd. Dupont : même sens. — b. je vins éd. Dupont. — c. demandent P : même prononciation et même sens. — d. party[s] éd. B. de Mandrot : même sens, maïs correction inutile.

1. On connaît trois fils nés de Briçonnet et de Raoulette de Beaune, sa femme : Guillaume, Denys et Jean. Les deux premiers entrèrent dans les ordres.

Page 1