‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 289 sur 429 · CHAPITRE XVII] [DÉLIVRANCE DE NOVARE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII] [DÉLIVRANCE DE NOVARE

[r.] Comment le duc d'Orleans et sa compaignie furent delivréz par appoinctement de la dure calamité de Novarre où ilz estoient assiegés et de la descente des Suisses pour secourir le roy et monseigneur d'Orleans. — Le mareschal de Gyé alla à ladite place avecques autres du duc de Millan et fit partir ledit duc seullement à petite compaignée!, qui à grant joye en saillit ; et estoient tant pressés ceulx de ladite place de fain et de maladie qu’il faillut que ledit mareschal laissast son nepveu, appellé mons' de Ramefort?, en ostaige, promettant à ceulx de dedans qu’ilz partiroient tous dedans trois jours.

Vous avez bien entendu comme par avant le baïlly de Dijon avoit esté envoyé devers les Suysses3, par tous leurs cantons, pour assembler jusques à cinq mille Almans’, qui, à l'heure du partement du duc d’Orleans de la place de Novarre, n’estoient encores venu ; car, s’ilz eussent esté venuz, sans nulle doubte on eust combatu, à mon advis° ; et combien que l’on feüst bien seür qu’il en venoit plus largement que le nombre que on demandoit, si n’estoit-il possible de attendre, pour l'extrême famyne qui estoit en ladite place, où il mourut bien deux mil hommes que de fain que de maladie, et le reste estoit si mesgre qu’ilz sembloient myeulx mors que vifz ; et croy que jamais gens n’endurèrent plus de fain, qui

a. d’aultres éd. Dupont. — b. Almans omis par l'éd. Dupont. — c. à mon avis on eust combatu éd. Dupont.

1. Le duc d'Orléans, venant de Novare, arriva à Verceil le 23 septembre. Il avait donc été délivré avant la signature définitive du traité. Cf. Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 620.

2. Louis de Rohan, seigneur de Ramefort, neveu du maréchal de Gié, qui était le frère de son père, Louis de Rohan.

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