‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 292 sur 429 · Camara. Cf. ci-dessus, p. 228, n · texte numérisé non relu

Camara. Cf. ci-dessus, p. 228, n

2. Les mercenaires suisses arrivèrent en masse le 26 septembre. C’est la menace de leur venue qui avait déterminé la délivrance de Novare et qui entraîna la signature du traité de Verceil.

3. Commynes a déjà signalé plus haut, p. 224, le danger qui pouvait naître de la réunion d’un grand nombre de Suisses. Cf. le témoignage de l’ordonnance du 5 février 1496, dans le Recueil des

ARRIVÉE DES SUISSES (26 septembre 1495) 239

se trouvèrent tant de gens de leur pays ensemble. Et, selon l’oppinion des gens qui les congnoissent, il demoura poy de gens combatans en leur pays ; et vindrent la pluspart malgré que l'on en eust‘; et faillut deffendre l'entrée du pais de Piedmont pour n’en laisser plus passer, ou les femmes et les enffans fussent? venus.

On pourroit demander si ceste venue procedoit de grant amour, veü que le feu roy Loys leur avoit faict beaucop de biens et aidé à les mettre à la gloire du monde et à la réputation. Vray est que aulcuns vieulx avoient amour au roy Loys‘, et y en avoit largement de cappitaines qui avoient soixante et douze ans passés, qui avoient esté cappitaines contre le duc Charles de Bourgongne; mais la principalle cause estoit avarice et leur grand pouvretéd, car deux des cantons estoient contre nous declairéz, comme Berne et Suysse!. Et si y vindrent tous ce qu’ilz avoient de combatans. Et tant de beaux hommes ne veïz-je jamais ; et sime sembloit® impossible de les avoir sceü desconfire qui ne les eust prins par fain, par froit, ou par aultre neccessité2.

[2. Dernières hésitations avant la paix conclue avec Milan.] — Or fault venir au principal/ de ce traictié. Le duc d’Orleans, qui jà avoit esté huyt ou dix jours à son aise et hanté”

a. malgré que on en eust éd. Dupont. — b. y fussent éd. Dupont. — c. Loys unziesme éd. Dupont. — d. leurs grans povretez éd. Dupont. — e. car à la verité tout ce qu’ilz avoient de gens combatans y vindrent. Tant de beaux hommes y avoit que je ne veiz jamais si belle compaignie et me sembloit éd. Dupont. — f. principal poinct éd. Dupont. — g.et qui estoit accompaigné éd. Sauvage et éd. Lenglet.

ordonnances, t. XX, p. 493 : « Il nous vint pour nostre renfort grant nombre de Suisses et jusques à xxv mil hommes, et mieulx, combien que eussions ordonné n’en faire venir que xI1 mille pour eviter la despence. » AE

1. Suisse, comme nom de canton, représente Schwytz; mais ici Commynes aurait dû désigner Zurich.

2. Entendez : impossible pour qui ne les eût pris par famine, par froid ou autre besoin naturel.

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