‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 303 sur 429 · Brindisi, Otrante, Trani · texte numérisé non relu

Brindisi, Otrante, Trani

3. Entendez : ils fondaient leur raison, ils s’appuyaient, pour baïller des villes situées dans ces parages, sur ce que...

4. Moins peut-être que le pense et le dit ici Commynes. Le rêve oriental de Charles VIII n’était pas un mot; mais l'esprit positif de notre auteur l’a empêché d'y croire, et c’est ce qu’il faut retenir.

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250 COMMYNES A MILAN (25 novembre 1495)

Je prins congié! dudit duc et Seigneurie, disant que en feroye le rapports. Revins ? à Millan et trouvay le duc de Millan à Vigesve?, où estoit ung maistre d’hostel du roy, appellé Rigault3, ambassadeur. Ledit duc vint au devant de moy, faignant chasser, car ilz sont ainsi honnourables aux ambassadeurs. Il me fist loger en son chasteau etc très grant honneur. Je luy suppliay de pouvoir parler à luy à part : il dist qu'il le feroit, mais il monstroit signe de ne le chercher point. Et le voulois presser de ces naves qu'’ilé nous avoit promises par ce traicté de Verseil*, qui estoient en estat de partir (et encores tenoit ledit chasteau de Napples), et il faignoit de les bailler.

Et estoientt à Gennes, pour le roy, Peron de Bascheÿ, son maistre d’hostel, et Estienne de Nèves, qui soubdainement m'escripvirent dès ce qu'ilz sceürent ma venue là, se doulant6 de la tromperie du duc de Millan, qui faignoit de leur baiïller les naves, et au contraire en avoit envoyé deux contre nous7. L’un jour respondoit le gouverneur de Gennes qu'il ne souffreroit point que lesdictes naves fussent armées de Françoys, et que en chascune n’en monteroit que vingt-cinq, et mainte aultre excuse” de ceste

a. rapport au roy éd. Dupont. — b. Je revins éd. Dupont. — c. en éd. Dupont. — d. qui P.— e. estoit éd. Dupont. — f. des éd. Dupont. — g. maintes aultres excuses éd. Dupont.

1. Ce fut le 24 novembre 1495 que Commynes partit de Venise (Kervyn de Lettenhove, Lettres et négociations de Philippe de Commynes, t. III, p. 1or). Il reçut vingt-quatre brasses de velours cramoisi et deux montures furent mises à sa disposition jusqu’à Milan (Sanudo, La spedizione di Carlo VIII, p. 656).

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