Ci-dessus, p
SFORZA SE JOUE DE COMMYNES (novembre 1495) 251
sorte, dissimulant et attendant les nouvelles que ledit chasteau de Napples fust rendu!, où ledit duc sçavoit bien qui n’y avoit vivres que pour ung moys ou envyron. Et l’armée qui se faisoit en Prouvence n'’estoit point souffisante pour faire ledit secours sans lesdites deux naves ; car les ennemys avoyent devant ledit chasteau grosse armée de mer, tant d’eulx que de Venissiens et roy d’Espaigne®2.
Trois jours fuz? avecques ledit duc. L’ung jour se mist en conseil, sed courrouçant que ne trouvoie bon la responce qu'il faisoit touchant lesdites naves ; et que‘ par le traictié de Verseil il avoit bien promis de servir avecques deux naves, mais qu’il n’avoit point promis de laisser monter nulz Françoys dessus. À quoy luy/ respondis que ceste excuse me sembloit bien mesgre, et que si d’adventure il me prestoit une bonne mule pour passer les monts, que feroit-il pour moy de la me faire mener en main et que je n’en eusse que la veüe, sans pouvoir monter dessus? Après longs debatz, il me retira en une galerye appart. Là luy monstray la payne que moy et d’autres avions prins pour ce traictié de Verseil et le peril en quoy il nous mettoit d’aller ainsi au contraire et de faire ainsy® perdre au roy ses chasteaulx, qui estoit la totalle perdition du royaulme, qui seroit hayne perpetuelle entre le roy et luy. Et, au contraire, luy offris la principaulté de Tarante, avecques la* duchié de Bar’#, que jà il tenoit/. Luy disois
a. des Venissiens et du roy d’Espaigne éd. Dupont. — b. Je fuz éd. Dupont. — c. il éd. Dupont. — d. ce P. — e. et disoit que éd. Dupont. — ÿ.je éd. Dupont. — g. ainsy faire éd. Dupont. — h. le éd. B. de Mandrot, sans doute par erreur. — à. Bari éd. Dupont. — j. il la tenoit éd. Dupont.