Cf. ci-dessus, p
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256 MORT DU DAUPHIN CHARLES-ORLAND (6 décembre 1495)
velles, et celles qu’ilz avoient n’'estoient que mensonges et promesses sans effect ; car, comme dit est, le roy de soy ne faisoit riens. Et qui les eust seullement® fourniz des sommes d’argent à heure!, dont on a despendu six foiz le double, jamais n’eussent perdu le royaulme : et vueil dire de quarante mil ducatz seullement, qui leur furent # envoyéz, quant tout fut perdu, pour part de leur soulde d’ung an et plus"; que s’ilz fussent arrivéz ung mois plus tost, les maulx et hontes qui leur advindrent, comme entendrezä, ne leur fussent point advenues ne les divisions, et le‘ tout par faulte que le maistre n’expedioit riens de luy ny n’escoutoit les gens qui en venoient ; et ses serviteurs’ qui s’en mesloient estoient poy experimentéz et parrasseux® ; et croy que quelque ung avoit intelligence avecques le pape? ; et sembloit que Dieu laissast de tous poinctz à faire la grace au roy qu'il” luy avoit faict à l’allers.
[2.] Et comment monseigneur le daulphin mourut, dont le roy et la royne menèrent grant deuil. — Après qu'il eut sejourné à Lyon deux moys ou environ, luy vindrent nouvelles comme monseigneur { le Daulphin, son seul filz, estoit en peril de mort. Troisi jours après luy vindrent nouvelles qu'il estoit trespassé!. Ledit seigneur en eut deul, comme la raison le
a. seullement omis partout sauf dans P, que suit B. de Mandrot. — b. fut P.— c. d’ung an: et y a plus éd. Dupont. — d. entendez éd. Dupont. — e.le omis dans l’éd. Dupont. — f. et [que] ses éd. Dupont : la correction est superflue. — g. peu experimentéz et paresseux éd. Dupont : même sens. — h. qui P.— 5. monsieur é4. Dupont. — j.et trois éd. Dupont.
1. Entendez : si seulement on les avait fournis d’argent à temps.
2. On ne saurait dire si, dans sa pensée, Commynes vise ici Briçonnet.
3. Entendez : et il semblait que Dieu cessât entièrement de donner au roi l'appui de sa grâce qu'il lui avait accordé durant le voyage d'aller.
4. Le dauphin Charles-Orland mourut à Amboise le 6 décembre 1495. Cf. ci-dessus, p. 146, n. 3.
DEUIL A LA COUR DE FRANCE (décembre 1495) 257
veult, et poy luy dura; mais la mère’, royne de France etc duchesse de Bretaigne, appellée Anne, en eut # le plus grand dueil qu’il est possible que femme puisse: faire ; et longuement luy dura/. Et croy que oultre l’amour naturelles que les mères ont acoustumé d’avoir de la perte de leurs enffans, que encores luy jugeoit le cueur ! quelque grant dommaige advenir. Au roy son mary dura poy ce deul, comme dit est, et la vouloiti reconforter de faire dancer devant elle : et y vindrent aulcuns jeunes seigneurs et gentilzhommes, que le roy y fit venir, en pourpoint, pour dancer; et, entre les aultres, y estoit le duc d’Orleans, qui povoit bien avoir trente quatre ans2?, dont ladite dame fut merveilleusement dolente ; car/ il luy sembloit bien qu’il avoit joye de ladite mort, à cause qu’il estoit le plus prouchain de la couronne après le roy; et furent long temps après sans parler ensemble, pour ceste cause.
Ledit daulphin avoit envyron trois ans, bel enffans et audacieulx en parolle, et ne craignoit point les choses que les aultres enffans ont acoustumé de craindre ; et vous dis que, pour ces raisons, le père en passa aiséement son deul, aiant desjà doubte que toust cest enffant ne fust grant, et que, continuant ces“ conditions, il ne luy diminuast l’auctorité et puissance ; car si petit homme de corps? ne fut jamais que
a. mais peu luy dura ce dueil éd. Dupont. — b. mère omis partout sauf dans P, que suit B. de Mandrot. — c. et omis dans l’éd. Dupont. — d. mena éd. Dupont. — e. peust éd. Dupont. — f. dura ce dueil éd. Dupont. — g. le dueil naturel éd. Dupont et éd. B. de Mandrot ; nous conservons le texte de P. — h. le cueur luy jugeoit éd. Dupont. — i. voulut éd. Dupont. — j. dont ladite dame fut merveilleusement dolente, car omis partout sauf dans P, que suit B. de Mandrot. — k. ses éd. Dupont.