‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 311 sur 429 · DÉFIANCE DES ROIS A L'ÉGARD DES DAUPHINS · texte numérisé non relu

DÉFIANCE DES ROIS A L'ÉGARD DES DAUPHINS

ledit roy et poy entendu, mais® si bon qu’il n’est possible de veoir meilleure creature. «

Or entendez quelles sont les misères des grans roys et princes qui ont paour de leurs propres enffans! Le roy Loys# en avoit eu paour, qui fut si saige et si vertueulx (c'estoit cec roy Charles qui règne41) ; mais bien saigement y pourveoit, et en l’eage‘ de quatorze ans le laissa roy. Ledit roy Loys avoit faict paour à son père le roy Charles septiesme, et se/ trouva en armes et assemblée” contre luy avecques aulcuns seigneurs et# chevaliers de ce royaulme, en matière de broullesi de court ét de gouvernemens, et le m'a maintes fois compté ; et fut qu'il estoit envyron/ l’eage de treize ans, et* cela ne dura point?. Mais, depuis qu'il fut homme, eut grant division avecques ledit roy Charles septiesme, son père, et se tira ou! Daulphiné, et de là en Flandres, laissant ledit païs du Daulphiné audit roy son père, car guerre n’eurent-ilz point ensemble” ; et est parlé de ce propos au commencement de ces Memoyres"3,

a. car ledict roy ne fut jamais que petit homme de corps et peu entendu, mais estoit éd. Dupont. — b. Loys unziesme son père éd. Dupont. — c. C'estoit [de] ce éd. B. de Mandrot : l'addition est inutile. Cf. notre note 1 ci-dessous. — d. Les mots entre parenthèses sont omis partout ailleurs que dans P et l'éd. B. de Mandrot. — e. y pourveüt, car en l’aage éd. Dupont. — f. car il se éd. Dupont. — g. et en assemblée éd. Dupont. — h. et omis par P. — ji. brouillis éd. Dupont : même sens. — j. compté ledict roys Loys unziesme, qui avoit environ éd. Dupont. — k. mais éd. Dupont. — L. an éd. Dupont: même sens. — m. car guerres n’eurent-ilz point ensemble n'est que dans P, que suit B. de Mandrot. — n. memoires touchant le règne du roy Loys unziesme éd. Dupont.

1. Entendez : le roi Louis en avait eu peur (de son enfant, et cet enfant) c'était ce roi Charles qui règne. Ce passage a donc été écrit du vivant de Charles VIII. Commynes revient sur des idées déjà exprimées; cf. notre t. II, p. 310.

2. Sur la Praguerie, dont il est ici question, cf. notre t. II, p. 310.

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