Cf. ci-dessus, p
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310 ACCUSATIONS PORTÉES CONTRE SAVONAROLE (avril 1498)
devenoient pouvres à merveilles, à cause de la despence qu’ilz soubstenoient pour cuyder recouvrer Pise et les aultres places qu’ilz avoient baillées au roy, dont Veniciens tenoient Pise. Plusieurs de la cité vouloient qu’on prist le parti de la ligue et qu’on habandonnast du tout® le roy!, disans que ce n’estoient que abuzions et follies de s’y? attendre et que ledit frere Jheronime® n’estoit que ung hereticque et ung paillard et qu’on le devoit getter en ung sac en la rivière; mais il estoit tant soubstenu en la ville que nulz ne l’ouzoient faire?.
Le pape et le duc de Milan escripvoient souvent contre ledit frère, asseürant les Florentins de leur faire rendre ledit Pised et autres places, en delaissant l’amytié du roy, et qu'ilz prinsent ledit frère Jheronime et qu’ilz en feïssent pugnition. Et, par cas d’adventure, se fit à l’heure une Seigneurie à Florence, où il y avoit plusieurs de ses ennemys, car ladite Seigneurie mue‘ de deux moys en deux moys. Et se trouva ung/ cordelier, ou forgé # ou de? luy mesmesi, Vint prendre debat audit frère Jheronime, l’appellant hereticque et abuzeur de peuple de dire qu'il eust revelations ne choses semblables et se offrit de le prouver jusques au feu ; et estoient ces parolles devant ladicte Seigneurie. Ledict frère Jheronyme ne se voulut point presenter au feu, mais ung sien compaignon dist qu’il se y mettroit pour luy contre ledit cordelier ; et lors ung compaignonÿ dudit cordelier se y presenta de l’autre cousté.
a. de tous poinctz éd. Dupont. — b. si P. — c. Hieronyme éd. Dupont ; même variante chaque fois que ce nom reparaît au cours du chapitre. — d. ladicte cité de Pise éd. Dupont. — e. se change et se mue éd. Dupont. — f. [qu’Jung cordelier éd. B. de Mandrot. L'addition nous paraît inutile. — g. Cordellier forgé ou [qui] de éd. Dupont.
1. Ce fut ce dernier parti qui l’'emporta, avant même la mort de Savonarole. Francesco del Nero, ambassadeur florentin en Espagne, reçut, en date du 20 mars 1498, des instructions qui équivalaient à une adhésion à la ligue (Desjardins, Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. I, p. 703).