LE PROJET DE DESCENTE EN ITALIE
depuys roy après ledit Ferrande devant nommé#, homme bien saige qui conduisoit leur armée de mer, lequel avoit esté nourry par deça long temps! ; duquel vous, mons' de Vienne, m'avez maintes foiz asseüré qu'il seroit roy, parlant par astrologie ; et me promist dès lors quatre mil livres de rente audit royaulme, si ainsi luy advenoit : et a esté xx ans avant ? que le cas advint?.
[2. Dernières hésitations de Charles VIII.] — Or, pour continuer, le roy mua propos: à force d’estre pressé du duc de Milan par lettres et par ce conte Carloë, son ambassadeur, et aussi des deux que j’ay nomméz. Toutesfoiz le sens* faillit audit general, voyant que tout homme saige et raisonnable blasmoit l’alée du roy/ de par delà, pour mainte raison et aussi estre là au moys d’aoust, sans argent ne tantes ne
a. devant nostre éd. princeps, leçon que M'e Dupont adopte, sous prétexte que Frédéric avait eu de bonnes relations avec Louis XI; durant nostre age éd. Sauvage et éd. Lenglet. Nous suivons la leçon de P, déjà adoptée par B. de Mandrot. — b. devant éd. Dupont. — c. mua de propos éd. Dupont. — d. Charles de Bellejoyeuse éd. Dupont. — e. le sens P, éd. princeps et éd. B. de Mandrot ; le cueur, éd. Sauvage, éd. Lenglet et éd. Dupont. — f. du roy n'est que dans P, suivi par B. de Mandrot.
1. Sur le séjour de ce personnage en France sous Louis XI, cf. notre t. II, p. 117. Commynes s'était occupé des intérêts de la maison de Naples en France, comme le montre un document publié par Mie Dupont, au t. II de son édition, p. 352; mais la date de 1484 qu’elle propose pour ce document paraît peu vraisemblable.
2. Nous avons déjà constaté dans ce chapitre (ci-dessus, p. 31, n. 6) une addition de 1498. Or, le passage mettant en scène Angelo Cato, ainsi que l’ensemble du chapitre date de 1495-1496, car Cato était déjà mort en mars 1496 (le document invoqué à l’appui et rappelé dans notre Introduction, p. xIt, étant daté 1495 du vieux style). En relisant, Commynes a ici encore ajouté les mots qui se réfèrent à l'avènement de Frédéric, qui remonte seulement au 7 octobre 1496 et qui est, par conséquent, postérieur à la rédaction première de cette partie des Mémoires et à la mort d’Angelo Cato. Cf. notre Introduction, p. XIV-Xv.