‹ Mémoires édités (volume 2)Chapitre 51 sur 429 · PUISSANCE FINANCIÈRE DES MÉDICIS · texte numérisé non relu

PUISSANCE FINANCIÈRE DES MÉDICIS

demanda seullement qu’ilz baiïllassent passage et cent hommes d’armes à la soulde d’Itallie, qui n’estoit que dix mil ducatz pour ung an, eulx parlans® par commendement de Pierre de Medecis, homme jeune et peu saige, filz de Laurens de Medicis, qui estoit mort et avoit esté des plus saiges hommes de son temps et conduisoit ceste cité presque comme seigneur ; et aussi faisoit le filz. Car jà leur maison avoit ainsi vescu la vie de deux hommes par avant, qui estoit Pierre, père dudit Laurens, et Cosme de Medicis, qui fut le chief de ceste maison et qui la commença, homme digne? d’estre nommé entre les très grands!. Et en son cas, qui estoit de marchandise 2, estoit la plus grand maison que je croy que jamais ait esté au monde3. Car leurs serviteurs ont eu tant de credit soubz couleur de ce nom Medicis, que ce seroit merveilles à croire ce que j’en ay veü en Flandres et Angleterre 1.

J'en ay veü ung, appellé Guerard Quanuese: ÿ, presque estre occasion de soustenir le roy Edouard le quart en son estat, estant en grant guerre en son royaulme d'Angleterre, et fournir parfoiz audit roy plus de vi** M escuz, où il fit poy gaing pour led maistre7 ; toutesfoiz recouvra ses pièces à la longue.

a. parlants P, suivi par B. de Mandrot. — b. digne omis par P. c. Quanvese éd. Dupont. — d. peu de prouffit pour son éd. Dupont.

1. Cosme de Médicis eut pour fils Pierre I®r, père de Laurent. Celui-ci eut trois fils : Pierre II, Jean (plus tard pape sous le nom de Léon X) et Julien.

2. C'est-à-dire : «dans la situation qu’il occupait, à savoir le commerce ». On n’ignore pas, en effet, que les Médicis étaient une famille de grands marchands florentins.

3. Jean de Médicis, père de Cosme, avait déjà porté la prospérité de la maison à un point très élevé.

4. Il est question de ce voyage en Angleterre dans notre Introduction, p. 1v, et dans notre t. II, p. 242 (liv. VI, ch. 1 des Mémoires).

5. Gérard Canisiani, dont Édouard IV fut le débiteur (Calendar of Patent rolls, Edward IV, 1467-1477, p. 401 et 481, et à la table).

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